‹ julien l'apostatChapitre 86 sur 229 · Saint Jean Chrysostome, Ado. Judæos, VI · texte numérisé non relu

Saint Jean Chrysostome, Ado. Judæos, VI

5, Saint Épiphane, Hæres., XXX, 4; Code Théodosien, XVI, vu, 11,14. 6. Peut-être une des causes de cette aversion, partagée par-Julien, était-

elle dans la tendance à se convertir au christianisme, que montrèrent

être plus agréable encore, j'ai invité notre frère Jules, le très vénérable patriarche, à réformer ! ce qu’on appelle chez vous l’apostolat, et à ne plus laisser personne vous accabler de telles taxes. »

La suite de la lettre rappelle aux Juifs la reconnaissance qu'ils doivent à Julien pour « la parfaite sécurité dont ils jouissent sous son règne. » Je vous demande, continue l’empereur, « le secours de vos plus ardentes prières, adressées au Maître de toutes choses, au Dieu créateur, dont la main pure a daigné ceindre mon front de la couronne. » Julien termine par une promesse. « Si je reviens victorieux de la guerre contre les Perses, alors, ayant reconstruit votre ville sainte, Jérusalem, que depuis tant d'années vous désirez voir habitée, je la repeuplerai ? et jy rendrai grâces avec vous au Tout- Puissant. »

Saint Grégoire de Nazianze affirme que Julien, qui connaissait la Bible et même l’art de s’en servir, avait

quelquefois ces dignitaires juifs. Voir dans saint Épiphane, Hæres., XXX, 4-5, de curieux détails sur la conversion du patriarche Hillel et d’un de ses apôtres, le comte Joseph, sous le règne de Constantin. Comme la dignité de patriarche était héréditaire, Hillel se trouvait être le père ou le grand-père du patriarche en exercice sous Julien. Cf. Tillemont, Mémoires, t. VIE, p. 290-299.

1. Kwlvüva. Talbot traduit, à tort selon moi, « supprimer. » En fait, V « apostolat » ne cessa point, puisqu'on le retrouve en vigueur, et l’objet des mêmes plaintes, en 399 : Code Théodosien, XVI, vur, 14.

2. Otxiow. Talbot traduit : « J'y fixerai mon séjour, » ce quiest un contresens. L'idée de faire de Jérusalem sa résidence n’a pu venir à Julien, et le sens du mot grec est beaucoup plutôt : « Je la repeuplerai, je la coloniserai. » Au temps de Julien, Jérusalem était loin d’être dépeuplée; sa pensée est probablement : « Je la repeuplerai de vos compatriotes, j'en ferai une colonie juive. » Philostorge (VIII, 9) indique clairement cette pensée, quand il dit : « Julien chassa de Jérusalem les chrétiens, et donna la ville à habiter aux Juifs, » tobs Xototuavobs ris médews Ex6dluv voës Toudœiocs ÊWXE HATOUKETV.

fait répandre parmi les Juifs un recueil de passages de l'Écriture sainte, dans lesquels il leur montrait prédits la rentrée dans la patrie, le relèvement du temple de Jérusalem, la remise en vigueur de leur loi et de leurs rites!. Il n’attendit pas le retour de Perse pour préparer la reconstruction du temple. C’est d’Antioche, quelques semaines avant de partir, qu'il lança un édit commandant cette difficile entreprise ?. Elle était de celles qui, si elles devaient réussir, ne le pouvaient que par le concours de la puissance impériale et de la richesse juive. Au temple, d’ailleurs, avait toujours été attaché le nom d’un souverain : il y avait eu le temple de Salomon, il y avait eu le temple d'Hérode, il y aurait le temple de Julien. L'œuvre prit tout de suite un caractère officiel. Julien nomma un directeur des travaux. C'était un personnage considérable, Alypius, qui avait naguère administré la Bretagne comme vicaire du préfet du prétoireÿ. On a deux lettres de Julien à ce magistrat : l’une, écrite dans un style bizarre, semble faire allusion aux desseins relatifs à Jérusalem. « Il me faut beaucoup de monde, lui dit l’empereur, pour relever ce qui est tristement tombé, » L'autre loue « la fermeté unie à la douceur,

1. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio V, 3. — Dans son curieux livre, l'Avenir de Jérusalem, espérances et chimères, 1901, p. 26-38, M. l'abbé A. Lémann a rassemblé les prophéties de l’Ancien Testament dont les Juifs se sont vraisemblablement autorisés dans les tentatives qu'ils firent durant la période romaine pour reconquérir et relever la ville sainte. C’est peutêtre un recueil de ce genre que publia Julien.

2. MM. Bidez et Cumont, Sur La tradition manuscrite des lettres de l'empereur Julien, p. 17, note 1, publient un texte de Lydus (De mensibus, éd. Wünsch, 1898, p. 110), qui parait contenir un fragment de cet édit : Kai ’Jouhravèg ôte mpès Ilépous éctpatetero, yedpwv ’Iovdæiotc oÙtuw pnoiv: &veyeipo yap peTà mions Tpolumias Tv vadv Toù dbiorou Geo.

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