Julien, Fragment d'une lettre; Hertlein, p
l'emblème prophétique du feu, qui venait de se montrer si récemment dans la catastrophe par laquelle ses desseins furent déjoués!. »
La profonde impression produite par ces faits extraordinaires sur l'esprit des chrétiens était, après un quart de siècle, aussi vive qu’au lendemain du jour où ils se passèrent. « Si tu viens à Jérusalem, dit saint Jean Chrysostome dans un discours prononcé vers 387, tu verras les fondations du temple creusées et vides : et si tu en demandes la cause, on te répondra ce que nous venons de raconter. Car de ces faits nous sommes tous les témoins : ils ne datent point de si longtemps avant notre àge! Considère la grandeur de cette victoire. Cela n’eut pas lieu sous des empereurs chrétiens : on ne peut dire que les chrétiens aient essayé d’empècher l’entreprise. Cela eut lieu quand nos affaires étaient dans un état lamentable, quand nous tremblions pour notre vie, quand toute liberté nous avait été enlevée, quand florissait le paganisme, quand des fidèles les uns se cachaïent dans leurs maisons, d’autres émigraient au désert, ou au moins évitaient les lieux publics : alors éclatèrent ces événements pour confondre l’impudence de nos ennemis ?. »
La leçon que l’orateur du quatrième siècle tire si éloquemment de faits qui se passèrent presque sous ses yeux devient plus saisissante encore si l’on rapproche l’une de l’autre plusieurs époques de l’histoire, et si l’on se rappelle les phases diverses que traversa Jérusalem
1. Newman, Essai on the miracles in early ecclesiastical history, Oxford, 1842, p. GLXXIX.