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LES PRÉPARATIFS

Les livres de Julien contre les chrétiens sont, apparemment, de janvier ou février 363. L’abandon des travaux commencés à Jérusalem eut lieu vers le même temps, puisque cette décision forcée avait été prise avant que Julien quittât Antioche, ce qu’il fit le 5 mars. Entre cette dernière date et le commencement de l’année, plusieurs événements marquèrent encore son séjour dans la capitale de la Syrie.

L'un est, le 1° janvier, sa prise de possession du consulat pour la quatrième fois. Julien rompit, à cette occasion, avec une coutume depuis longtemps établie, en se donnant pour collègue dans cette magistrature annuelle un simple particulier!. Son choix tomba sur

1. « Videbatur novum, adjunctum esse Augusto privatum, quod post Diocletianum et Aristobulum (anno 285) nullus meminerat gestum. » Ammien Marcellin, XXII, 1. — Ammien se trompe, car en 288 Maximien Augusta eut aussi un particulier pour collègue.

l'un de ses plus intimes amis, Fl. Sallustius, préfet du prétoire des Gaules f,

Julien avait demandé à Libanius de prononcer à cette occasion son panégyrique ?. L’abondant rhéteur s’acquitta de cette tâche avec son zèle accoutumé *. «Tu l’'emportes, dit-il au prince, sur tous les orateurs par la connaissance de la philosophie, sur tous les philosophes par le talent de l’orateur, sur les uns et les autres par le génie poétique, et sur tous les poètes, parce que tu es non seulement poète, mais encore orateur et philosophe. » Cette phrase suffit à donner le ton du discours, où la louange est sans mesure comme sans nuances.Libanius passe en revue toute la carrière de l’empereur, dépeint avec complaisance sa vie à Antioche, remplie par la dévotion et par l'étude, et termine le panégyrique par des prédictions et des souhaits, auxquels un très prochain avenir allait donner le plus triste démenti. Il annonce que Julien dépassera la longévité du législateur Solon ; puis, tournant ses regards vers l'expédition projetée, 1l donne libre cours aux illusions dont quelques-uns se berçaient dans l'entourage du prince. « Bientôt, dit-il, notre armée soupera dans Suse, et les Perses captifs verseront à boire à nos soldats. » Enflé tout à la fois de sa propre importance et de la grandeur des événements auxquels il croit déjà assister : « Une solennité pareille à celle qui donne lieu à ce panégyrique, jamais, s’écrie-t-il, n'en ont vu avant ce jour ni les yeux des hommes, ni les regards des dieux#! »

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