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PREMIÈRE SÉRIE

Extraits des priDcipaux articles publiés sur les Courbezon :

Ce qui fait la haute valeur des Courheaonj c'est d'abord la création d'un caractère où se résume l'idéal du curé de campagne à l'étroit dans nos cages administratives ; c'est un style qui, sauf quelques néologismes, appartient à la meilleurer école et concilie habilement tous les extrêmes de l'idée et de la couleur, c'est une remarquable justesse de ton local, une palette dont nous sommes en mesure de constater la richesse et Texactitude.... M, Ferdinand Fabre s'est montré, dans les Courbezon , paysagiste supérieur, observateur remarquable, conteur émouvant, maître en fait de couleur locale, et presque toujours original. Bien qu'il n'arrive pas tout à fait le premier dans le genre

où il vient de réussir si eicellemment, il s'y est créé tout d*abord une physionomie qui ne s'effacera plus. Il y a dans son livre trois créations qui suffiraient à en fixer le rang littéraire : l'abbé Pif-rre Courbezon, Cécile Sévérac et Justin Bancol.

Armand de Pontmartin. (Gazette de France.)

J*ai sur ma table une vingtaine de romans d'auteurs connus ou inoonnui, mais aucun ne mérite au même degré que les Courbezony par M. Ferdinand Fabre, les sympathies de la critique.... Esprit prudent, modéré, observateur, connaissant bien les choses et les hommes dont il parle , pénétrant au fond des questions et des âmes, plus préoccupé tf instruire par les détails précis de son étude que de plaire par le charme des tableaux, M. Ferdinand Fabre a écrit un livre solide, d'un réalisme exact sans être déplais^t, et dans celte peinture du clergé des campagnes, il a su éviter à la fois le style irréligieux et le style dévot. On ne sent en lui aucune préoccupation de polémique : il ne cherche pas à faire son procès au prêtre, ce qui est toujours de mauvais goût, quelle que soit sur les doctrines l'opinion personnelle de celui qui parle; il ne se livre pas davantage à ces descriptions emphatiques et souvent niaises qui attendrissent le lecteur bigot. Il prétend seulement être vrai , et pour employer une expression empruntée à la critique d'art, il obtient un rendu saisissant par des moyens simples et une remarquable sobriété de style.

Charles de Mouy. (Presse.)

S'il est une œuvre qui soit digne de succès par la droiture des vues, par le travail patient, par la recherche souvent heureuse d'une certaine perfection , d'un certain fini , ce sont assurément les Courbezon,... Songez au sous-titre : Scèties de la rie cléricale, et vous Vnesurerez d'un regard les nombreux périls de l'entreprise où se fisquait M. Ferdinand Fabre. Il n'y a guère que des prêtres dans les Courbeion. Essayer en ce siècle où les divisions religieuses s'ajoutent aux discordes politiques et les rendent irréconciliables, — essayer de peindre sans flatterie comme sans

indulgence les mœurs du clergé de campagne , se préoccuper exclusivement de rélément humain , saisir et analyser Tbomme au vif, compter les battements de son coeur, peser les aspirations de son intelligence, sans déranger un pli de la robe du prêtre , sans diminuer ni exagérer son caractère, c'était une tentative qui pouvait paraître téméraire, quasi impossible, et de laquelle M. Ferdinand Fabre est pourtant sorti à son honneur, j'entends par là avec l'approbation et l'estime des esprits désintéressés.

Jules Levallois. {Opinion nationale.)

Avec M. Ferdinand Fabre ,— une plume neuve , plua vigoureuse que déliée peut-être, mais d'une trempe à part, — nous quittons Paris et sa vie raffinée et passons en province. Les Courhezon du jeune écrivain nous transportent à quelque deux cents lieues de la capitale, au fond d'un pays plus inconnu que la Chine, dans les Cévennes, ragions pittoresques et perdues que la littérature a entrevues à peine et qu'elle a mal exploitées. Grand est le contraste qui nous attend, mais non tel qu'on pourrait l'imaginer. Il ne faudrait pas se figurer en effet qu'aux savantes corruptions de Paris vont succéder les naïves vertus des champs. Rien ne prêle moins à l'églogue que la vie des Cévennes. Vices et vertus, |out, dans ces montagnes, a l'âprelé du sol. Telle est même la sauvage rudesse du peuple, que ceux qui ont essayé de la peindre se sont crus obligés d'en adoucir les teintes. Le premier, dans son roman, M. Ferdinand Fabre a osé rendre les mœurs des Cévennes dans leur rustique crudité. C'est un réaliste décidé , mais non un adepte fanatique de l'école du laid. Comme bien des artistes et des écrivains de notre temps, M. Ferdinand Fabre croit qu'il y a de la poésie en tout, et que l'art consiste à la faire jaillir directement des objets , sans les arranger d'après les procédés d'élimination de l'école classique. Il ne recule pas devant la difformité, mais il ne la recherche pas systématiquement, exclusivement, et lorsqu'il la peint, c'est toujours pour en tirer un effet moral.

P. DouHATRE. (Correspondant.)

L*abbé Courbezon est la principale physionomie du roman de M. Ferdinand Fabre; elle se présente au premier plan; elle est étudiée avec soin et rendue avec un véritable talent. Elle est attachante cette vie de prêtre qui, ne consultant que ses instincts pieux, pousse le dévouement au delà de ses forces, et qui ne connaît nulle mesure dans le bien; ignorance de la vie qui compromet le caractère de l'ecclésiastique, noble et saint esprit de charité par lequel tout lui est pardonné. Parmi ces groupes nombreux qui entourent l'abbé Courbezon , il est aussi quelques personnages heureusement touchés; je citerai Tabbé Ferrand, entre autres, dont la foi si élevée, la raison si pure tempère en vain les aspirations de son ami; et cette paysanne, cette Sévéraguelte accueillie au presbytère par la mère et la sœur de l'abbé Courbezon qui, dans oette communion permanente d'idées les plus élevées de dévouement et d'amour divin, sent son âme s*épanouirdans la prière et sa vie dans la charité. Voilà l'origi- , nalité, le charme de ce livre; c'est aussi son succès et son succès légitime.

Henri La voix. (Moniteur universel.)

Un des brillants romanciers produits par les revues, M. Ferdinand Fabre, nous apprend que le roman contemporain est le fils de la révolution française. J'aurais désiré que l'auteur définît le roman d'une manière plus claire ; il a mieux fait en' composant les Courbezon , Scènes de la vie cléricale. La vie cléricale a en Angleterre un ingénieux auteur, M. A. Trollope, qui a peint très-comiquement les évêques, les doyens, les recteurs et les vicaires de l'anglicanisme. Nous ne pouvons mieux louer M. Ferdinand Fabre qu'en le mettant sur le même rang. Il s'est proposé un autre modèle, le romancier français des Scènes de la vie de province^ que nous estimons bien moins parce qu'il fut moins vrai, tout en étant doué d'un talent d'analyse microscopique. Balzac n'a point créé ni peint deux caractères aussi honnêtes et aussi sympathiques que les deux abbés Courbezon et Ferrand.

Amédée Pighot. {Revue britannique,)

Les Courhezon sont un livre extrêmement remarquable , une jpeinture suprêmement attachante et réussie de la yie et de la société cléricales au sein des petitesses de la province et des magnificences de la nature. L'abbé Courbezon, le véritable héros du livre, sorte de saint Vincent de Paul rustique, victime par le despotisme épiscopal, est une figure admirable. Jamais personnage animé de passions célestes et extra-humaines, jamais odyssée de malheurs immérités ne firent jaillir de pins pures émotions et couler de si saintes larmes.

Il y a, sauf la différence des rangs, du cardinal de Cheverus et de Mgr MioUis dans l'agreste desservant, — ce qui fait que devant cette figure naïve et simple, mais faite si grande par ramour,-on songe involontairement à l'évêque Bienvenu Myriel.

Coïncidence heureuse et dont le jeune écrivain a le droit d'être fier : il s'est rencontré avec l'auteur des Misérables. Or, on ne saurait l'accuser ni de plagiat ni même de réminiscence lointaine : un an avant de nous arriver sous les espèces du livre, les Courbezon paraissaient pour la première fois dans la Revue contemporaine.

Je n'ai pas l'espace nécessaire pour m'étendre sur toutes les qualités de ce livre si original, mais je crois avoir le droit d'affirmer que la donnée qui avait préoccupé Balzac, et dont l'importance, au point de vue du roman, est incontestable, n'avait pas inspiré jusqu'alors d 'œuvre si sérieuse et si convaincue.

Louis Goudall. (Figaro.)

Les Courbezon ne sont point une œuvre politique , ni un pamphlet, loin de là, car l'auteur évite avec soin de se prononcer sur les idées qui font agir les acteurs mis en scène par lui. Il étudie seulement leurs caractères. Il n'a point voulu peindre la dévote^ ni le prêtre : il a voulu peindre Sévéraguette et l'abbé Courbezon. Ce sont des types exclusivement personnels. Du reste , môme à leur égard , il se garde avec soin de montrer un parti pris quelconque. Il ne les juge point, il les raconte. Se fiant à la conscience éclairée de ses lecteurs, il ne leur dit point ceci est mal, ceci est bien, Sévéraguette a tort, l'abbé Courbezon se trompe. Il expose les faits sans commentaires, et par

ce procédé il nous émeut plus qu'il n'y parviendrait par un réquisitoire éloquent et passionné.

Arthur Arnould. {Reme de l'Instruction publique,)

Lisez les Courhezon. Ce récit, dont l'auteur est M. Ferdinand Fabre, est fort remarquable comme conception, d'un intérêt Tif et soutenu, et on ne saurait conseiller une lecture à la fois plus utile, plus attachante et plus saine. C'est l'exagération de lâchante, présentée d'une façon si ingénieuse, qu'assurément rillustre Balzac n'eût pas dédaigné de la signer.

Jules Lecomte. {Monde illUstré.)

PARIS. —IMPRIMERIE DE CH. LAHURE Rue de Flearus, 9

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