LES NORMANDS AU CANADA
Il est certain que l'archevêque de Rouen exerça durant plusieurs années la juridiction au Canada, avant qu’il y eût un évêque résidant (1). Il se regardait comme l'Ordinaire de la Nouvelle-France : celle-ci était, suivant lui, une extension ou une dépendance de son diocèse. Jamais il ne la visita personnellement; mais il y eut des grands vicaires qui agirent en son nom et sous son autorité. Le fait de cette juridiction exercée par le Primat de la Normandie, au delà des mers, sur un territoire illimité, ouvert à toutes les ambitions, plein de légitimes et magnifiques espérances, habité ou fréquenté par quelques centaines de français qui vivaient au milieu de populations nomades et barbares, n’est pas assurément l’un des moins curieux ni des moins intéressants de notre histoire.
Nous disons à dessein le fait, laissant de côté la question de droit, que nous n'avons nullement l'intention de discuter, et qui semble d’ailleurs facile à résoudre par ce que nous savons des sentiments du Saint-Siège à ce sujet. Voici, en effet, ce qu'écrivait M. Gueffier, le résident français à Rome (2), à l’occasion de l'opposition que fit, en 1658, Mir de Harlay, archevêque de Rouen, à la nomination de Mer de Laval comme vicaire apostolique de la Nouvelle- France et à sa consécration :
(1) Mémoires sur la vie de M. de Laval, par Latour. Cologne, 1761, p. 16. (2) Il était chargé de négocier la nomination d’un évêque pour le Canada.
Sa correspondance avec Brienne s'ouvre le 20 février 4657, et se termine le 10 décembre 1658.
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« Le pape (1) m'a fait dire, par le secrétaire de la Propagande, qu'ayant eu avis que l'archevêque de Rouen s'opposait au vicariat apostolique de M. de Montigny (2) au Canada, sur ce qu’il prétend que ce pays-là est dépendant de son diocèse, Sa Sainteté désirait que j'en écrivisse à la Cour, afin que, comme ça été à l'instance de la reine (3) que le dit vicariat a été donné, il plaise aussi à Sa Majesté de faire ordonner à mon dit sieur archevêque de se désister de cette prétention, puisqu'elle n’est pas bien fondée, vu qu'il n’a aucun bref du Saint-Siège, pour telle dépendance, et qu'il ne l'a pas acquise pour y avoir été envoyé, comme il dit, des prètres de son diocèse.
« Le susdit secrétaire a ajouté qu’en ayant fait relation à MM. les cardinaux de la dite Congrégation, ils en avaient été fort étonnés. De sorte qu'il semble que mon dit sieur (archevêque) fera prudemment de déférer aux ordres qui lui en pourront être donnés de la part de la reine ou du roi lui-même, crainte qu’autrement on ne prit ici des résolutions qui ne lui seraient pas agréables (#). »
On voit que le Saint-Siège n’admettait nullement que la Nouvelle-France fût une dépendance de l’archevèché de Rouen. La juridiction de Rouen au Canada n'était appuyée sur aucun bref pontifical : et quand même l’archevèque aurait envoyé des prêtres de son diocèse dans ce pays nouveau, cela ne lui donnait aucun droit : « Le pape prétend, écrit Colbert à M£r de Harlay, que vous n'avez pu acquérir aucun droit de ce côté (5). » On lit encore quelque part : « Si M#r l'archevêque de Rouen a quelque prétention sur les âmes de la Nouvelle-France, que Sa Majesté (le roi Louis XIV) soit informée que le Saint-Siège n’admet pas cette prétention (6). »
De fait, cependant, l'archevêque de Rouen exerça plusieurs années la juridiction au Canada, avant que le Saint-Siège y envoyät un vicaire apostolique; et il fut reconnu, durant ce laps
(4) Alexandre VIT (1655-1667), de la famille Chizi, de Sienne.
(2) Mer de Montmorency-Laval appartenait à la branche de Laval-Montigny.
(3) Anne d'Autriche, épouse de Louis XI.
(4) Musée britannique, collection Séguier, correspondance de Gueffier, lettre de Gueffier à Brienne, 10 déc. 1658.
(5) Rapport sur les archives du Canada, 1874.
(6) Documents de Paris, Église du Canada,
de temps, comme l'Ordinaire par les pasteurs et les fidèles (1).
Dans quelles circonstances et à quelle date cette juridiction commença-t-elle à s'affirmer et à s'exercer? Quels furent les principaux actes administratifs de l'archevêque de Rouen au Canada? A quelle date cessa cette juridiction? Voilà autant de questions qu'il ne semble pas sans intérêt d'élucider au point de vue de l’histoire.
On lit dans le Journal des Jésuites (2) de Québec, à la date du 15 août 1653; c’est le R. P. Jérôme Lalemant (3), vice-supérieur de la mission du Canada (#4), qui tient la plume :
« Le 15 août, fut annoncé le jubilé sous l'autorité de M. l’archevêque de Rouen, qui en avait ici envoyé le mandement de le publier. Son mandement doit être conservé dans les archives, comme pièce authentique de la continuation de possession que le susdit seigneur archevêque a déjà prise par quelques autres actes du gouvernement spirituel de ce pays.
« Cette publication, toutefois, du jubilé sous son nom et autorité est Le premier acte qui ait paru notoirement dans le pays: qui est d'autant plus authens 1e, qu'il s’est fait en la présence du gouverneur (3), pso non repugnante (immd ipso premonilo et con-
(1) Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec, par sœur Juchereau.
(2) Les Jésuites tenaient à Québec un journal, dans lequel ils enregistraient tous les événements, grands ou petits, dont ils croyaient bon de garder le souvenir, Ce journal, commencé en 1645, se continua jusqu’en 1755, couvrant par conséquent plus d'un siècle. Malheureusement, nous n’en avons que la première partie, de 1645 à 1670. Cette première partie, dont le manuscrit original se trouve aux archives du Séminaire de Québec, a été publiée en 1871. C'est, avec les Relations des Jésuites, une de nos plus précieuses sources historiques.
(3) La Vénérable Marie de l’Incarnation, faisant l'éloge du R. P. Jérôme Lalemant, disait : « C’est lui qui a mis le bel ordre qui se voit dans l'église de Québec, avec autant de majesté qu’au milieu de la France. » Elle ajoutait : « C'est le père des pauvres, tant français que sauvages. C’est le zélateur de l'Eglise... C'est le plus saint homme que j'aie connu depuis que je suis au monde. » (Lettres de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnalion, Tournai, 1876, t. 1, pp. 434, #38).
(4) Le R. P. Le Mercier venait d'être nommé Supérieur par le Général de la Compagnie de Jésus. Comme il était aux Trois-Rivières, le R. P. Ragueneau, dont le triennat était expiré, avait nommé le R. P. Lalemant vice-supérieur, en attendant que le P. Le Mercier fût descendu à Québec.
(5) Jean de Lauzon (1651-1656).
sentiente, quod tamen non est passim evulgandum) et in marima populi frequentii, qui ensuite a gagné ce jubilé, lequel ne pouvait être ici gagné autrement, le pape ne l’accordant qu'aux sujets des prélats qui le lui demandaient pour leurs diocésains (4). »
Ce n’est done qu’en 1653, le vendredi 15 août, fête de l’Assomption de la sainte Vierge — laquelle était alors d'obligation au Canada comme elle l’est encc.e aujourd’hui en France — que Mer François de Harlay (2), archevêque de Rouen, prit solennellement possession de la juridiction spirituelle du Canada, et y affirma publiquement son autorité, par la lecture qui fut faite ce jour-là en son nom, dans l’église paroissiale de Québec, de son mandement pour la publication d'un Jubilé pontitical.
Ce prélat, dont on connaît les hautes qualités administratives, avait succédé en 1651 à son oncle François de Harlay (3), qui avait abdiqué en sa faveur, après avoir gouverné l’Église de Rouen depuis 1615. « Il possédait à un degré éminent, dit le cardinal de Bausset, l’art de gouverner, et de faire servir à la gloire et à l'avantage de son diocèse tous les genres de mérite et de talent qu'il observait dans son clergé (4). »
Il n'était pas homme à négliger une occasion de grandir son prestige et son autorité, et d'ajouter un fleuron à la couronne métropolitaine rouennaise. Sachant que son oncle avait déjà,
(1) Journal des Jésuites, p. 185.
(2) Fils d'Achille de Harlay, marquis de Breval et de Champvallon, et Edouarde de Vaudetar de Persan.
(3) La Gallia Christiana, parlant de l'oncle, l'appelle « vir omnimodis literis instructus ; » elle ajoute qu'il était « Ecelesiæ jurium fidissimus doctissimusque defensor, » Parlant du neveu, elle dit : « A primà juventute dignum se Francisci archipræsulis patrui sui heredem demonstravit. »
Comme contre-partie, il n’est pas sans intérêt de citer le témoignage de deux écrivains de nos jours. Voici ce que dit M. Gustave Fagniez, de François de Harlay l’ancien : « Dans un livre intitulé Le mystère de l'Eucharistie expliqué par saint Augustin, l'archevêque de Rouen traitait avec dédain le pouvoir des papes, les reliques et les objets bénits venus de Rome. » (Le P. Joseph et Richelieu, t. 11, p. 37). Voici, d'un autre côté, ce que dit du neveu M. Charles Gérin : e Mazarin, avant de mourir, avait introduit dans la faveur de Louis XIV l’homme qui, avec Colbert et Lionne, exerça la plus funeste influence sur la politique religieuse de ce prince, Harlay de Champvallon.…. Nous verrons Louis XIV faire de lui non seulement un archevêque de Paris, mais le véritable chef de l'Eglise gallicane, et, comme on disait, le pape d'en deçà des monts, subordonné à la suprématie royale. » (Louis XIV et le Saint-Siège, p. 219).
(4) Histoire de Fénelon, 1853, t. 1, p. 36.
quoique privément et sans bruit, « pris possession, par quelques actes, du gouvernement soirituel de la Nouvelle-France, » il résolut d'y affirmer son autorité d’une manière publique et solennelle.
L'occasion qui se présenta était des plus favorables : la publication du jubilé séculaire &’Innocent X (1). Pour gagner ce jubilé, il fallait faire le pèlerinage de Rome : le pape, cependant, voulait bien dispenser de cette obligation, à la prière des évêques, et, moyennant certaines conditions, faire bénéficier du jubilé « les sujets des prélats qui le lui demandaient pour leurs diocésains. »
L’archevêque de Rouen ne manqua pas de solliciter à Rome cette faveur, et, après l'avoir obtenue, de la communiquer aux Jésuites qui desservaient « ses diocésains » de la Nouvelle-France, en leur renouvelant en même temps les pouvoirs de grands vicaires qu’ils avaient déjà reçus de son oncle (2). On ne pouvait prendre possession de la juridiction du Canada sous des auspices plus favorables. Afin que cette prise de possession fût bien € authentique, » on voulut que le gouverneur du pays en fût prévenu; et ce n’est qu'après avoir obtenu « le consentement » de ce haut fonctionnaire, que « fut annoncé le jubilé sous l’autorité de M. l'archevêque de Rouen qui en avait ici envoyé le mandement de le publier (3). »
Les Jésuites se servaient depuis longtemps déjà des pouvoirs de M: de Rouen; mais ils n’en parlaient pas, et tenaient la chose secrète. Il est évident que le nom du Prélat qui se prétendait l’Ordinaire de la Nouvelle-France n’avait pas encore été prononcé corûm populo du haut de la chaire de Québec. On jugea que le temps était venu de s’exécuter. L'occasion qui se présentait ne paraissait pas moins favorable aux Jésuites qu’à l'archevêque. Ils tenaient sans doute à faire bénéficier leurs fidèles des indulgences du jubilé séculaire d'Innocent X : or ce jubilé n'étant accordé, en dehors de Rome, que par l'intermédiaire des évêques, il était plus que convenable de faire connaître par qui on avait obtenu cette faveur. « Ce jubilé, dit le Journal des Jésuites, ne
(4) Le jubilé séculure d'Innocent X (Pamphily, 1644-1655), qui devait être gagné en 1650, fut publié à Rome en 1649,
(2) Journal des Jésuites, p. 187.
(3) Ce jubilé, au Canada, commencé le 31 août, dura deux mois. « Le 7 septembre on continua les processions du jubilé, commencé le dimanche précédent pour durer deux mois. » (Ibid., p. 190).
pouvait ici être gagné autrement, le pape ne l’accordant qu'aux sujets des prélats qui le lui demandaient pour leurs diocésains. »
« On a jugé, dit le P. Lalemant, que la chose — il s’agit de la juridiction de l’archevèque de Rouen — était venue à sa maturité pour la faire dorénavant paraitre et éclater au dehors quand besoin serait; ce qui s’est fait nunc primüm par la publication susdite du jubilé sous le nom et autorité de mon dit seigneur archevêque de Rouen, qui fut qualifié notre Prélat ce jour-là, 15 août, en la présence de M. le Gouverneur et de tout le peuple assemblé, pendant la grand’messe. »
Quel beau jour pour les Normands du Canada, pour les Rouennais en particulier, que celui où furent prononcées pour la première fois dans leur église paroissiale de Québec ces paroles solenuelles : « François, par permission divine, archevêque de Rouen, Primat de Normandie! » Quel bonheur de s'entendre appeler « Nos Très Chers Frères » par l’évèque du lieu de leur origine, qui les bénit, s'intéresse à eux, les regarde comme ses enfants, leur apporte des paroles de paix et de salut! Son affection paternelle a traversé les mers et vient doucement les caresser sur ces plages lointaines de la Nouvelle France. Il leur semble que la distance a disparu... [ls ne sont plus des exilés... Le Canada qu'ils habitent, c’est bien encore la France, c’est bien leur douce et chère Normandie...
Nous venons de voir qu’en prenant solennellement possession de la juridiction du Canada, le 15 août 1653, Mer de Harlay, le neveu, ne faisait que continuer ce qu'avait fait privément son oncle, depuis plusieurs années, « par quelques actes du gouvernement spirituel de ce pays. » Voici à ce sujet ce que la Vénérable Marie de l’Incarnation écrivait de Québec, l’année précédente, à son fils Claude Martin, religieux de la congrégation des Bénédictins de Saint-Maur (1) : »
(1) Il était, cette année-là (1652), prieur du monastère de Meulant. « Parmi les membres illustres que comptait alors cette branche du grand Ordre, les Mabillon, les Martène, et tant d’autres, le fils de la Vénérable Marie de l’Incarnation brilla surtout par ses rares vertus et par sa science du gouvernement, » (Vie de la Vénérable Marie de l'Incarnation, par une religieuse Ursuline de Nantes, Paris, 1893).
« Je ne sais si je vous ai dit ailleurs que, comme il n’y a point ici d’évêque, celui de Rouen a déclaré qu’il nous e: tenait la place. Et, pour se mettre en possession, il a institué pour son grand vicaire le R. P. Supérieur des Missions, lequel d’ailleurs étant le principal ecclésiastique du pays, nous nous reposons sur son autorité pour la validité de nos professions (1). après ia consultation qui en a été faite en Sorbonne, signée de six docteurs (2). »
Elle écrivait également en 1649 :
« Nous n'avons point encore d’évêque, à cause, je crois, des troubles de France... Cependant, le R. P. Supérieur de la Mission fait ici toutes les fonctions ecclésiastiques, comme les mariages, les baptêmes et autres semblables. Il a des privilèges particuliers à notre égard, afin que tout ce qu’il fait en matière de supériorité soit valable, comme donner le voile, recevoir à profession, faire les visites, en attendant qu'il y ait ici un évêque qui fasse tout cela. Nous avons pris ici ces précautions, depuis que le R. P. Dom Raymond (3) m’a donné les mêmes avis que vous me donnez. Car encore que les Révérends Pères qui travaillent dans les Indes, et dans les terres éloignées, pour y établir la foi et l’évangile de Jésus-Christ, aient de semblables privilèges, ceux néanmoins qui sont ici en mission ne voulaient pas s’en servir (4). »
D'après le P. Jérôme Lalemant, c’est en 1647 que les Jésuites du Canada se seraient adressés pour la première fois à l’archevêque de Rouen et lui auraient demandé des pouvoirs. Il écrit, à la date du 6 août :
« Je proposai le voyage de France d’un de nos Pères, pour les affaires des Ursulines, Hospitalières, etc., et validité des sacrements de mariage, qu'on nous disputait par les lettres venues de France cette année (5). »
Puis il raconte un peu plus loin quel fut le résultat du voyage du P. Vimont, qui avait été député en France :
(4) Nous disons plus loin que la première profession religieuse, aux Ursulines de Québec, eut lieu en 1648.
(2) Lettres de la V. M. Marie de l'Incarnaltion, t. n, p. 7.
(3) Ancien confesseur de la Vén. Marie de l’Incarnation, alors qu'elle était encore dans le monde. II était religieux de l’ordre réformé de Citeaux, appelé les Feuillants, auquel Louis XIII avait donné le prieuré de Saint-Jean-des- Coups, à Tours.
(4) Lettres de la V. M. Marie de l'Incarnation, t. 1, p. 407.
(5) Journal des Jésuites, p. 93.
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« Sur quoi est à remarquer, ajoute-t-il, que n’y ayant eu rapport à aucun évêque pour le gouvernement spirituel de ce pays jusques en l’an 1647, il fut pour lors considéré, à l'occasion des vêtures et professions des religieuses, qu’on ne pouvait s’en passer; et la susdite année le P. Vimont passant en France fut surtout chargé de cette affaire (1), pour l'assurance des professions religieuses (2).
« Le P. Vimont, après avoir consulté Rome (3), les principaux Pères de notre Compagnie de la maison-professe et du collège, le sens plus commun fut qu’il fallait s'adresser et attacher à M. de Rouen.
« Ensuite le P. Vimont s’adressa au P. Pingeolet, pour lors recteur du collège de Rouen, par la faveur et assistance duquel on obtint de M. l'archevêque de Rouen l’ancien, lettre de grands vicaires; ce qui étant apporté ici (4) avec les lettres et les résolutions de tous nos Pères, confirmative de ce que dessus (5), on procéda avec assurance à recevoir les professions des religieuses (6).
(4) Il devait aussi s'occuper d'obtenir du secours pour la colonie contre les Iroquois, qui avaient rompu le traité conelu avec les Français en 1645, et mis à mort le P, Jogues. Deux ans plus tard, ces barbares détruisirent (1649) la mission huronne, martyrisèrent les PP, de Brébœuf et Lalemant, et dispersèrent de tous côtés les Hurons.
(2) La profession religieuse est un contrat par lequel une personne prend certains engagements qui intéressent non seulement sa propre perfection, mais la gloire de Dieu et l'honneur de l'Eglise. Pour que ce contrat ait toute sa force, il faut qu'il soit accepté par l'Eglise, Il faut done que l'Eglise y soit représentée, et le représentant naturel de l'Eglise, c'est l’évêque, ou son délégué. Il faut raisonner d'une manière analogue pour le sacrement de mariage. (Cf. Scavini, édit. Lecoffre, 1867, t. 1, p. 446).
(3) Il est évident, d'après le contexte, que par le mot Rome, le P. Lalemant veut dire « les principaux Pères de notre Compagnie de la maison-professe » à Rome, « et du collège » romain. S’il eût voulu parler des autorités où congrégations romaines, il n'aurait pas dit : « Le sens plus commun fut, ete; » mais : « La décision ou le décret fut, etc. v
(4) Au printemps de 1648.
(5) Le P. Vimont apporte à Québec les lettres de grands vicaires de l’archevêque de Rouen et les consultations des Pères jésuites; mais il n’est question d'aucune décision de congrégation romaine.
(6) La premiére profession religieuse, aux Ursulines de Québec, eut lieu le 21 nov. 1648. Mais il y en avait eu les années précédentes à l'Hôtel-Dieu, comme nous le verrons.