SECOURS AUX NOYÉS, ETC.' JÎQ
4. Si l'individu, rappelé à la vie a besoin de secours ultérieurs, il sera transporté à son domicile, s'il le demande, sinon à l'Hôtel-Dieu, et, en cas d'urgence, à l'hospice le plus voisin.
70 On frictionnnera l'asphyxié avec des flanelles et des brosses, surtout à la plante des pieds et dans le creux des mains.
8° L'insufflation de l'air dans les poumons, par les procédés indiqués plus haut, est ici un des principaux moyens à employer. Si l'homme de l'art pratique la laryngotomie , l'insufflation par l'ouverture faite dans le canal aérien n'en sera que plus efficace.
9° On donnera des lavemens ainsi qu'il a été indiqué pour les asphyxiés par le gaz méphytique.
io° Si le malade donne des signes de vie , on essaiera , aussitôt qu'il pourra avaler , de lui faire prendre de petites quantités de thé ou d'eau tiède mêlés à un peu de vinaigre ou de vin.
ii° Les substances irritantes ou très volatiles appliquées aux narines, ainsi que les vomitifs , sont plutôt nuisibles qu'utiles.
Détails des objets contenus dans la boite de secours suivant l'ordre dans lequel on doit les employer.
Une paire de ciseaux de seize centimètres de long , à pointes mousses. Une chemise ou couverture de laine. Des frottoirs de laine. Un bonnet de laine. Deux brosses. Deux fers à repasser avec leurs poignées. Un double levier. Une canule à bouche avec son tuyau de peau. Une canule de gomme élastique; Un soufflet à une âme. Le corps de la machine fumigatoire. Quatre rouleaux de tabac à fumer de quinze décigrammes (demi-once ) chacun. Une pierre à fusil, de l'amadou, un 1er à briquet, une botte d'alumettes. Un tuyau et une canule fumigatoire, une autre de supplément, et une aiguille à dégorger. Une bouteille contenant de l'eau-de-vie camphrée. Une autre contenant de l'eaude-vie camphrée et ammoniacée. Trois petits flacons , dont un contenant de l'alcali-fluor, ou volatil; un de l'eau de mélisse, et un autre du vinaigre antiseptique, ou des quatre-voleurs. Un goblet d'étain. Une cuiller de fer étamé. Des plumes pour chatouiller le dedans du nez et de la gorge. Une seringue ordinaire avec ses tuyaux. Une petite boîte renfermant plusieurs paquets d'émétique de dix-huit centigrammes ( trois grains chacun ). Deux bandes à saigner.
Nota. Il y a aussi dans la boîte un nouet de soufre et de camphre } pour la conservation des effets de laine.
Les Membres du Conseil de salubrité établi près la préfecture de police ,
Signé Bérard , Vice-président, Deyeux , Huzard , Lekoux, Dupuytrek, Pariset, Petit, Darcet et Marc.
y3o RÉGLEMENS DIVERS.
Si l'individu ne peut être rappelé à la vie, il sera procédé de la manière prescrite ci-après.
5. L'officier de police ou le commandant du poste veillera à ce qu'après l'administration des secours, les ustensiles et mcdicamens soient fidèlement réintégrés dans la boîte, en ordre et en bon état.
Si quelque ustensile avait été dégradé, ou quelque médicament épuisé, l'officier de police ou le commandant du poste en prendra note et nous en rendra compte.
Si la boîte a été déplacée, ils veilleront à ce qu'elle soit sur le champ reportée au lieu du dépôt.
6. Tout homme de l'art, qui, hors le cas de notoriété publique, aura administré des secours à des blessés, sera tenu d'en faire sur-le-champ, sa déclaration au commissaire de police à Paris, et au maire, dans les communes rurales ( Edit de décembre 1 666 , Ordonnances de police du 4 novembre 1788 et du 2 5 ventôse anxiu). (16 mars i8o5 ).
Cette déclaration contiendra les noms, prénoms, profession et demeure des blessés , la cause des blessures, leur gravité, et autant que possible, les circonstances qui y auront donné lieu. (1)
7. Les médecins et chirurgiens des hospices feront la même déclaration pour tous les blessés admis dans les hospices. ( Edit de décembre 1666, Ordonnance de police du 26 ventôse an xm) (16 mars 1 8o5 ).
8. Lorsqu'un cadavre aura été retiré de l'eau ou qu'il sera trouvé sur la voie publique et partout ailleurs , avec des signes d'une mort certaine , manifestée par un commencement de putréfaction, il en sera donné avis sur-le-
(1) Voir page 54 1 l'ordonnance de police du 17 ventôse an ix.
SECOURS AUX NOYÉS. ^3l
champ au commissaire de police, si c'est à Paris, et au maire, dans les communes rurales.
g. L'homme de l'art constatera, avec la plus grande exactitude, l'état actuel du cadavre; dans le cas où il remarquerait que la mort peut être le résultat de violences exercées sur l'individu, il requerra, sous sa responsabilité, un second examen par les médecins experts assermentés près la cour royale du département.
La déclaration de l'homme de l'art sera, autant que possible, écrite de sa main, au corps du procès-verbal, et toujours signée de lui.
il. Il sera procédé, pour les portions de cadavres trouvées dans la rivière ou ailleurs , de la manière prescrite pour les cadavres entiers.
12. Si le cadavre n'avait pas été visité (lors de son arrivée à la Morgue), le concierge requerra de suite le commissaire de police de le faire visiter par un homme de l'art.
x 7 . Aussitôt qu'un officier de police aura été averti qu'une personne a été noyée, asphyxiée, blessée ou victime de tout autre accident grave, il se transportera à l'endroit où se trouve l'individu , ou au lieu de l'événement , et il en dressera procès-verbal.
Le procès-verbal contiendra, i° la désignation du sexe, le signalement, les noms, prénoms , qualités et âge de l'individu, s'il est possible de les savoir;
2° La déclaration de lHiomme de l'art sur l'état actuel de l'individu, ainsi qu'il est exprimé en l'art, ix;
3 Les renseignemens recueillis sur cet accident ;
4° Les dépositions des témoins et de tous ceux qui auraient pris part à l'événement.
20. Il sera alloué, à titre d'honoraires, récompense ou salaire , à ceux qui auront repêché , secouru ou transporté un noyé, un asphyxié ou un blessé sur la voie publique et ailleurs,
7^2 régiemens divers.
Savoir :
4U A l'homme de l'art , les honoraires déterminés par e décret du 18 juin 181 1 ; plus, s'il y a lieu, une indemnité qui sera calculée sur la durée et l'importance des secours , et sur leurs résultats , et qui ne pourra être moindre de cinq francs, ni excéder cinquante francs.
( Voir ci-dessus la loi du 18 juin 1 8 1 1 et la note de l'art. 17 de cette loi, p. iù[i et 244- )
21. Les frais seront payés à la préfecture de police, après la réception du procès-verbal, et sur le vu des certificats distincts et séparés, qui seront délivrés aux parties intéressées.
22. Nous nous réservons de faire remettre une médaille de distinction à toute personne qui se ferait remarquer par son zèle et son dévoûment à secourir un nové ou un asphyxié.
24. Le directeur des secours veillera constamment à l'entretien et à la conservation des boîtes et des objets qui s'y rattachent.
Indépendamment des visites partielles et fréquentes auxquelles il est obligé par ses fonctions, le directeur des secours sera tenu de faire, tous les ans, dans les premiers jours du mois de mai , une visite générale des boites de secours, pour s'assurer de leur bon état, et il nous rendra compte du résultat.
Il nous proposera toutes les* mesures qui pourraient tendre à l'amélioration et au perfectionnement du système des secours.