En attendant, s'il s'agit d'un noyé ou asphyxié, il
Il est important de lâcher souvent la narine comprimée, pour laisser échapper l'air par intervalle, et pour observer si la respiration se rétablit.
On mettra sous le nez du submergé, le bouchon du flacon d'alcali-volatil,' après avoir mouillé ce bouchon avec la liqueur.
Si le malade a recouvré la faculté d'avaler, on lui donnera un cuillerée a café d'eau-de-vie camphrée , eu se servant de la cuiller de fer étamé.
Dans tous les cas, lorsque les mâchoires sont trop serrées, et qu'elles s'opposent à l'introduction d'aucun corps étranger dans la bouche, il faut employer pour les ouvrir, le levier à doubles branches, qu'on présentera entre les petite» molaires ( premières mâchelières) en pressant ensuite graduellement sur les branches de l'instrument, jusqu'à ce qu'on puisse faire entrer dans la bouche le doigt indicateur, avec lequel ou aura soin d'abaisser la langue. Il est nécessaire, aussitôt que l'on aura obtenu l'écartement des mâchoires, de les maintenir écartées, en y laissant l'instrument agrafé à la distance convenable, ou en plaçant entre les dents, un morceau de liège ou morceau de bois. Ce moyen doit être employé avec précaution, avec ménagement, et sans violence.
Il est important d'observer qu'il y a du danger à remplir la bouche d'un, noyé, tant que le. malade ne pourra pas avaler.
On introduira de la fumée de tabac dans le fondement des noyés.
A cet effet, on humectera le tabac comme si on voulait le fumer; on en chargera le fourneau formant le corps de la machine fumigatoire, et on l'allumera avec un morceau d'amadou ou un charbon , ensuite de quoi on adaptera le soufflet à la mâchoire; quand on verra la fumée sortir abondamment par la cheminée ou par le bec du chapiteau, on y adaptera le tuyau fumigatoire, au bout duquel on ajustera la canule qu'on portera dans le fondement du noyé.
On fera mouvoir le soufflet , afin de pousser la fumée du tabac dans les intestins du noyé; si la canule se bouche, en rencontrant des matières dans le fondement, ce qu'on reconnaîtra à la sortfe de la fumée au travers des jointures de la machine, ou par la résistance du soufflet, on donnera la canule à nettoyer et on se servira de la canule de supplément.
Si le noyé tardait à reprendre ses sens, il faudrait lui donner des lavemens irritans; on peut se servir, à cet effet, d'eau salée, ou d'eau de savon; on a souvent employé , avec succès, un lavement composé comme il suit: feuilles sèches de tabac , deux bonnes pincées , sel ordinaire , deux cuillerées ; faites bouillir dans une pinte d'eau, et coulez.
Dans le cas où l'action des remèdes internes déterminerait des soulèvement d'estomac, sans vomissemens réels , ce qui fatiguerait inutilement le noyé, on
lui sera donné les secours applicables à son état, ainsi qu'il est indiqué dans l'instruction précitée.
lui ferait avaler successivement trois grains d'émétique, dissous dans deux verres d'eau chaude; s'il vomit par ce moyen , il faut aider par de l'eau tiède.
Si les remèdes opèrent par les selles, il faut fortifier le malade, en lui faisant avaler quelques cuillerées de vin chaud.
On pressera doucement, à diverses reprises , et en divers sens le bas-ventre du malade.
La saignée doit être faite sur les sujets dont le visage est rouge, violet , noir, et dont les membres conservent de la chaleur et de la flexibilité; la saignée à la jugulaire est la plus efficace; mais il faut éviter toute espèce de saignée sur des corps froids, ou dont les membres commencent à se raidir; on doit, au contraire, d'autant plus s'occuper à réchauffer le noyé qui se trouve en cet état.
Il est encore d'autres moyens auxiliaires, tels que la laryngotomie , l'électricité, le galvanisme, etc., mais qui ne peuvent être choisis et administrés que par un homme de l'art.
Il y a une observation importante à faire : les effets des secours sont lents et presque insensibles; ils ne réussissent le plus souvent, qu'autant qu'ils sont administrés sagement, lentement et avec ordre, pendant plusieurs heures, et sans interruption.
Il faut tout attendre de la persévérance; il y a des noyés qu'on n'a rappelés à la vie qu'après sept ou huit heures de tentatives, et l'on ne doit jamais oublier que la putréfaction seule est le signe certain de la mort.
Asphyxiés par les gaz méphy tiques.
On comprend, sous la dénomination générale d'asphyxies par les gaz méphy* tiques, les asphyxies produites par la vapeur du charbon, par les émanations des fosses d'aisances, par la vapeur des liquides en fermentation , etc.
Les unes el les autres peuvent être également combattues avec succès par les moyens suivans :
i° Il faudra promptemeut sortir les asphyxiés du lieu méphytisé et les exposer au grand air;
2° On les déshabillera , et on fera sur leur corps des aspersions d'eau froide; on insistera principalement sur ce moyen et ou l'emploiera avec persévérance;
3° On essaiera de leur faire avaler de l'eau froide, légèrement acidulée avec du vinaigre ;
4° On leur donnera des lavemens avec deux tiers d'eau froide et un tiers de vinaigre. Ou pourrait ensuite en prescrire d'autres avec uue forte dissolution de sel marin ( sel de cuisine) dans de l'eau commune ou avec le séné et le sel d'Epsom.
SECOURS AUX NOYES. J 2J
A son arrivée , l'homme de l'art prendra la direction des secours, et le maire ou le commissaire de police
5° On tâchera d'irriter l'intérieur du nez avec la barbe d'une plume, qu'on remuera doucement dans les narines de l'asphyxié;
6° On poussera de l'air dans les poumons, en soufflant avec un tuyau, soit dans la bouche, soit dans l'une des narines, en comprimant l'autre avec les doigts. On se servira, à cet effet, de la canule et du soufflet existans dans la boite de secours.
Il faut mettre la plus grande célérité dans l'administration des secours indiqués; plus on tarde à y recourir, plus on doit craindre qu'ils soient infructueux, et comme la mort peut n'être qu'apparente pendant long-temps, il ne faut en abandonner l'usage que lorsqu'elle est bien confirmée.
asphyxiés par le froid.
On enveloppera le corps, la tête excepté, dans une couverture de laine, et on le portera le plustôt possible dans un lieu commode; on le déshabillera et on% mettra dans un lit sans le bassiner; il faut se garder de l'approcher du feu.
On préparera promptement un bain , en observant que l'eau soit à la même température que celle d'un puits dont on pourrait se servir s'il y en avait près de là; deux ou trois minutes après y avoir mis l'asphyxié, on y versera un peu dreau chaude et l'on continuera, à même intervalle, pour ôter à l'eau successivement et lentement de sa froideur jusqu'à ce qu'elle soit à la chaleur du 10e, 12e, i5e, 18e, et enfin du 20e degré du thermomètre de Réaumur. Cette augmentation de chaleur doit prendre environ trois quarts d'heure. On pourra porter l'eau au 2 5e degré quand on sentira le pouls se ranimer. A défaut de thermomètre, il faut s'en rapporter à sa propre sensation , en mettant la main dans l'eau pour en connaître la chaleur.
Pendant que l'individu sera dans le bain, on lui fera sur le visage de légères aspersions avec l'eau du bain , et des frictions particulièrement sur les extrémités.
Si l'on ne pouvait se procurer un bain pour y plonger l'asphyxié, il faudrait y suppléer, autant que possible, par des frictions faites légèrement avec des linges imbibés d'eau de puits, ce qu'on réitérera avec persévérance , ainsi que les aspersions d'eau sur la figure de l'asphyxié.
On lui chatouillera l'intérieur des narines avec la barbe d'une plume ou des rouleaux de papier tortillés en forme de mèches, le tout trempé dans de l'alcali volatil étendu de trois fois son volume d'eau , et on lui poussera de l'air avec un tuyau par les narines, afin de gonfler le poumon affaissé.
On mettra, s'il est possible, dans la bouche de l'asphyxié quelques grains de sel de cuisine , et on lui fera avaler, le plus tôt qu'on pourra, des cuillerées d'eau froide avec quelques gouttes d'eau de mélisse spiritueuse ou de Cologne;
veillera à ce qu'ils puissent être administrés avec ordre et sans embarras.
ensuite, lorsqu'il avalera plus librement, on lui donnera un petit bouillon ou un verre de vin mêlé avec un peu d'eau; on doit éviter, en pareil cas , les liqueurs spiritueuses pures, l'expérience ayant appris qu'elles étaient funestes.
Si le malade continuait à avoir de la propension à l'engourdissement, on lui fera boire un peu de vinaigre dans de l'eau , et si cet assoupissement était léthargique , on emploiera les lavemens irritans , tels qu'on les donne aux noyés.
On ne donnera des alimens solides aux asphyxiés rappelés à la vie, que lors» qu'ils auront repris un peu de force.
Asphyxiés par la chaleur.
Ces asphyxiés doivent être promptement transportés dans un lieu moins chaud, mais pas trop froid.
Il faut les saigner, surtout à la jugulaire; s'ils peuvent avaler , il faut leur faire boire de l'eau froide acidulée avec un peu de vinaigre; leur donner des lavemens de la même nature, mais un peu plus chargés de vinaigre. Les bains de pied dans de l'eau médiocrement chaude, sont utiles. Quelquefois, après ces remèdes, on est obligé de recourir à l'application des sangsues aux tempes.
Jamais, dans ce cas, l'on ne doit employer les boissons échauffantes.
Asphyxiés par suspension ou par strangulation.
i° On détachera promptement la corde ou le lien qui serrera le cou de l'asphyxié. On évitera, autant que possible, dans cette opération , toute secousse ou commotion.
2° On placera le corps, selon les circonstances , sur un lit, sur un matelas sur de la paille, etc. , de manière à ce qu'il y soit commodément et que la tète ainsi que la poitrine , soient plus élevées que le reste du corps.
3° On le débarrassera de tout vêtement étroit, capable de gêner la circulation, tels que jarretières, cravates, corsets, cordons de jupes, ceintures de culottes, etc.
4° Si le corps est dans une chambre, on doit veiller à ce qu'elle ne soit ni trop chaude ni trop froide et à ce qu'elle soit aérée.
5° Il est instant d'appeler . le plus promptement possible , un homme de l'art, afin qu'il saigne le malade à la jugulaire, surtout si la face est rouge, livide et bouffie.
6° La quantité de sang à tirer devra être calculée sur le degré de rougeur et de bouffissure de la face, sur l'âge et la constitution de l'aspbyxié. Il est rare qu'on soit obligé d'extraire plus de deux palettes de sang.