‹ Jurisprudence de la médecineChapitre 93 sur 146 · EXPOSÉ DES MOTIFS. O · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DES MOTIFS. O

théorie approfondie rend plus prompte et plus sûre la pratique»

Il y a ici, entre l'ancienne loi et le projet qui vous est soumis, une différence qui paraît être à l'avantage de ce dernier. Autrefois, l'aspirant en pharmacie faisait un apprentissage de quatre ans, et servait ensuite les maîtres pendant six. Ces dix ans d'exercice n'étaient pas un terme trop long dans un temps où un apprenti était reçu à douze ou treize ans, et un maître en pharmacie à 22, c'est-à-dire à un âge où il n'avait pas encore beaucoup réfléhi. Mais, dans le nouveau projet, un élève n'étant reçu pharmacien qu'à vingt-cinq ans accomplis, et lorsque sa raison est dans toute sa force, il pourra commencer ses études à dix-huit ans, c'est-à-dire à un âge voisin de celui où l'apprenti était autrefois un maître. Ainsi la préparation des médicamens ne sera plus confiée à une jeunesse sans expérience.

La réception des pharmaciens est le sujet du troisième titre; elle a des rapports avec celle qui a été fixée pour l'art de guérir. Il y aura deux genres de réception, l'un aura lieu dans les six écoles, et par les professeurs réunis r deux docteurs des écoles de médecine; l'autre, dans les jurys de médecine de chaque département, auxquels seront adjoints quatre pharmaciens. Il était nécessaire de ne pas établir ces jurys de pharmacie dans les villes où il y aura des écoles, parce que celles-ci eussent été privées des rétributions destinées à les entretenir. Cependant, les examens seront les mêmes dans les uns et dans les autres de ces établissement, parce que les pharmaciens doivent également savoir préparer partout les médicamens usuels. Ils seront théoriques et pratiques, et les réglemens veilleront à ce qu'ils soient faits avec une rigueur dont on n'a malheureusement donné que bien peu d'exemples encore. L'expérience prouve que la loi ne saurait

5y8 RÉGLEMENS SUR LA PHARMACIE.

rendre trop difficiles les actes de cette espèce ; et ces institutions, quelques rapports qu'elles aient avec la sûreté publique, ne. sont que trop sujettes à dégénérer et à s'affaiblir par la durée. Les frais de réception seront de 900 francs dans les écoles de pharmacie, et de 200 dans les jurys. Ce produit servira à l'entretien des écoles et au paiement des membres des jurys. L'aspirant devra réunir les deux tiers au moins des suffrages, et prêter serment d'exercer son art avec probité et fidélité. Ainsi, tout homme qui voudra se faire recevoir pharmacien , n'oubliera jamais, qu'exerçant un art qui intéresse si essentiellement la vie de ses concitoyens, la moralité et la probité sévères doivent, autant que la science, diriger sa conduite dans l'exercice de sa profession.

Les anciennes lois permettaient aux veuves de continuer l'exercice de la pharmacie. Le silence que le nouveau projet garde à cet égard a paru frapper quelques esprits; mais vous observerez que la pharmacie étant moins un métier qu'une profession savante, doit être par conséquent interdite aux femmes. D'ailleurs, le projet de loi n'empêche pas les veuves d'associer à leur commerce des pharmaciens légalement reçus. (1)

Le quatrième et dernier titre embrasse tout ce qui est relatif à la police de la pharmacie; il prescrit d'abord aux pharmaciens établis d'adresser leurs titres aux autorités administratives et judiciaires, afin que leur droit légal soit constaté. Il donne aux pharmaciens reçus dans les écoles le droit de s'établir par toute la France , et il restreint celui des pharmaciens reçus par les jurys, à

(1) Contrairement à cette observation, lart. 41 de l'arrêté du gouvernement du a5 thermidor an xi, accorde aux veuves des pharmaciens la permission de tenir pendant un au l'officine de leur mari, à certaines conditions. Voir cet arrêté ci-après.

Page 1