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DR. J. EMERY-CODÈRRE, |! !; Les 14 ET 22 MAI DERNIER.
EXAMEM MÉDICO-LÉGAL
Du Procès d’Anaîs Toussaint, accusée et trouvée coupable de l’empoisonnement de son mari, Joseph Bisson, devant la Cour du
Banc de la Reine, Jurisdiction Criminelle.
Présidence des
Juges Duva et CARON.— Québec, 27 Janvier 1857.
M. le Président, et
MM. de l’Institut- Canadien,
Je ne viens point comme défenseur du crime ; le médecin expert, lorsque son ministère est requis par l’autorité dans un cas d’empoisonnement supposé, ne doit jamais voir le crime nulle part, il doit exclusivement s’occuper à rechercher dans les matières qui scnt soumises à son examen, au moyen des analyses chimiques, la substance vénéneuse qui aurait pu causer la mort, et en démontrer l'existence par les caracteres physiques et chimiques qui lui sont propres, sans se préoccuper des rapports divers qui pourraient lui être faits.
La question traitée dans cet examen médico-légal est du plus haut intérêt ; elle concerne les membres des différentes familles de la société; chacun deux pourrait être accusé d’un crime qu’il n’aurait point commis, et dont l'examen en serait laissé à l’inhabileté, en matière d’expertise médico-légale ; chacun pourrait être défendu et jugé par des homimes qui agiraient avec
4 Un Procès jugé, les auestions scientifiques restent dans le domaine de la science.”?
FLANDIN, Traité des Poisons.
une fatale inexpérience, et alors quel serait le sort de l’accusé 7? Pourraitil compter et attendre que le jugement serait le résultat de procédés éclairés et judicieux? Non... Le cas d’empoisonnement qui fournit l’occasion de traiter une question qui, peut-être, n’a pas été examinée ici avant l'affaire Bérubé et celle-ci, donne matière à d’amples considérations sur ies procédés qui ont été suivis durant l’enquête tenue ln le coronaire, et pendant le procès de l’accusée devant la cour du banc de la reine. La tâche que je m’impose, dans l’examen «'e cette affaire, est grande : elle aurait exigé beaucoup plus de travail et de recherches que je n’ai pu le faire, pour traiter une question de science pratique, surtout cette partie de la médecine légale qui a rapport à la procédure à suivre dans certains cas, où la loi reclame l’assistance de l’homme de l'art, pour l’aider dans la recherche d’un crime supposé avoir été commis, et surtout dans le cas d’Anaïs Toussaint.
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Cette malheureuse femme a-t-elle commis le crime d’avoir empoisonné son mari, Joseph Bisson ?
Elle seule le sait...
Les médecins ont-ils procédé suivant les règies établies en pareilles circonstances? Première question.
L’empoisonnement a-t-il été prouvé
les résultats des analyses chimiques, files par les médecins ? Seconde question.
Il est vrai de dire ét de faire voir que les médecins n’ont point procédé suivant les règles établies et suivies en Angleterre et en France ; que dans ces deux pays éclairés leuts procédés seraient considérés comme irréguliers et nüls—aux yeux de la loi—s’ils n’ont rien fait de plus que ce qu’il en appert dans le rapport publié par le Morning Chronicle de Québec.
Il est égalèment vrai de dire que lempoisonnement n’a pas été prouvé, per les résultats des analyses chimiques,
une manière à ne point laisser de doute suy le fait de l’empoisonnement.
Je me permettrai de rappeler ici, succinctement, l’affaire Bérubé, qui a beaucoup de rapprochement avec celle d’Anaïs Toussaint ; ensttite je passerai à l'examen de la procédure suivie par l'expertise médico-légale, et des témoignages rendus par plusieurs membres de la profession rmédicale dans cette affaire.
En 1853, je fis un examen médicolégal du procès Bérubé et de Césarée Thériault, sa dernière femme. Cet examen à été publié dans les numéros 93, 94, 95, 96 et 97 du Pays, reproduit duns là Minerve, sous ls titre de : “ Examen médico-légal du procès Bérubé.”
Joseph Bérubé et Césarée Thériault, sa femme, sont accusés d’avoir empoisonné, avec du phosphore et de l’arsemie, Sophie Talbot, première femme de Berubé, Îls sont trouvés coupables de meurtre par empoisonnenient, et condamnés à mort aux assises dé Kamouraslka, en novembre 1852. La sentence de mort a été commuée en une détention perpéttiellé an pénitencier provincial.
Cét examen médico-légal que je fis alors était de la plus haute importance :