ETAT PHYSIQUE DES MATIERES
& & A.—Le liquide renfermé dans l'estomac de Jean Riehl était d'un gris jaunâtre et légèrement trouble; sa réaction était franchement acide, et l’odeur infecte qu'il exhalait, indiquait qu'il avait dû éprouver la fermentation putride.
4 $ B.—Viscères. Procédant à l'ouverture du vase qui contenait les organes extraits de l’abdo-
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liquide qui pût en prévenir la décomposition.
& b.—L’estomac dont les deux extrémités cardiaque et pylorique avaient été entourées d'une ligature, était fendu dans toute sa longueur. Sa
À surface extérieure était d'un gris rougeûtre, par-
gemé de larges plaques vertes sans aucune trace d'érosion. La surface interne offrait une coloration d'un rouge livide uniforme, semé pareillement de quelques plaques verdâtres. En plaçant l'organe entre l'œil et la lumière, on constatait, en quelques endroits, une diminution manifeste dans son épaisseur, indiquée par une teinte blanchâtre et par une demi-transparence de la paroi. Cet état coïncidait parfois avec la teinte verdätre. Nous remarquâmes surtout la présence de deux petites plaques semblables dans le grand cul-de-sac de l'estomac; mais, en cet endroit, la muqueuse stomacale ne présentait absolument aucune lésion, ni rougeur plus foncée, ni tuméfaction, ni érosion. Sa surface était partout purfuitement lisse, et l'amincissement causé par la putréfaction avait lieu aux dépens de la tunique moyenne, des fibres cellulaires et musculeuses.
#b”.— Le foie avait été divisé par une section en deux portions inégales. Nous trouvâämes sa surface d’un brun foncé, semé de plaques verdàtres semblables à celles de l’estomac. Son parenchyme, assez résistant, offrait à la coupe une teinte rougeâtre uniforme. La vésicule du fiel contenait un peu de liquide.
6b?%,— La rate, d’un assez petit volume, offrait une coloration générale d’un brun noirâtre. Son parenchyme, fendu par plusieurs sections, était également assez consistant.
k En admettant que les altérations précédemrent décrites n'étaient point produites par l’infammation de ces organes, mais par la putréfaction seule, nous n’en pouvions déduire aucune conclusion sur l’existence ou la non-existence d'un empoisonnement. En effet, plusieurs substances toxiques, entre autres l'acide arsénieux, peuvent être administrées à des doses capables d'entraîner la mort sans laisser d’altération appréciable sur la muqueuse gastrique, ainsi que Chaussier, Muller et Marc en ont rapporté des exemples. C'est l'analyse chimique qui devait résoudre la question.
W& C.—La terre qui nous a été remise était essentiellement argileuse; une partie de cette terre était exempte de toute substance étrangère ; mais, dans certains endroits, où elle n’était pas homogène, on y remarquait, à la loupe et même à l'œil nu, des pellicules de raisin et quelques débris de pommes de terre non digérées ; enfin, d’autres fragments de terre se trouvaient tellement chargés d'humidité et de moississure, que
nous ne pûmes douter qu'ils n'eussent été imprégnés d'un liquide renfermant des matières orga-
niques.