‹ Justice aux Canadiens-Français [microforme]Chapitre 11 sur 15 · RES RER · texte numérisé non relu

RES RER

“ qui serait bien, —et, par suite, de l'étudiant “ fin de siècle, du bohême déliquescent,— ce “ qui serait mieux.

“ Acceptons-en l’augure. Mais si l’on de- “ vait remplacer l'adolescent chétif, étiolé, pes- .‘ simiste, par un cabotin vaniteux, ignorant “ et bellâtre faisant des effets de hanche et

de torse, par un écuyer de cirque pa- ‘* radant devant la galerie, et persuadé qu'un “ coup de pied bien appliqué au ballon est ‘“ un phénomène digne, quand c’est lui qui le “ donne, de l'admiration des plus grands per- ‘“ sonnages de l'Etat, des applaudissements “ du public, des récits de la presse et d’un ‘* vase de Sèvres, je ne vois pas trop ce que “ nous aurions gagné au change, et, en tout “ ças, ce serait payer un profit douteux d’une “ perte certaine.”

Et d'ailleurs, mon cher de Coubertin, avezvous essayé de lutter de vitesse avec un enfant du Canada ? avez-vous comparé la car-

rure de nos épaules à celle de nos frères

ee de

d'Amérique ? avez-vous rencontré sur votre chemin quelques-uns de nos fils d'£aéstants, à 16 ans plus développés qu'un homme de 25 ans chez nous ? si vous n'avez pas vu tout cela, épargnez-vous d'affirmer la prédominance de l'éducation physique anglaise sur celle des Canadiens-Français.

Mais je reviens à vos dires.

Vous accordez un bon point à nos écoles commerciales ; nous vous en savons gré, de même que nous vous remercions d’avoir constaté que notre connaissance de la langue anglaise nous donne une supériorité incontestable sur nos rivaux britanniques.

Mais quatre lignes de compliments sont de trop, et vous ajoutez bien vite : ‘: mais dans “ ces écoles, on donne aux idées un tour forcé “ qui, dans la suite, paralyse leur fécondité, et ‘“ l'on habitue l'intelligence à se mouvoir dans ‘“ un cercle étroit, d’où ne peut sortir rien de “ grand ni d'original.”

Du sein de la gloire, où vous reposez pour

l'éternité hommes illustres du Canada : Lafontaine, Viger, Morin, Papineau, Vallière, Taché, Sir George Etienne Cartier ! sachez gré à mon ami, du ton dédaigneux dont il traite les collèges où vous avez puisé les nobles vertus qui ont fait de vous de si grands citoyens !

Allons, mon cher de Coubertin, interrogez votre conscience, et demandez-lui à quelle école “on habitue l'intelligence à se mouvoir “ dans un cercle étroit, d'où ne peut sortir “ rien de grand ni d’original”. Elle vous répondra que c’est à l'école laïque, et non à celle où l'on habitue les enfants à baïbutier le nom de Dieu,et à croire dans un idéal plus élevé que celui né des hommes.

Pensez-vous, pour un moment, que la plupart de ces Canadiens dont je viens de vous citer les noms, auraient pu conquérir, à force de luttes patientes, d'énergie et de persévérance, le droit d’être des hommes libres, s'ils n'avaient mis le culte de la morale chrétienne au-dessus de celui de la raison pure ?

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