‹ Justice aux Canadiens-Français [microforme]Chapitre 13 sur 15 · DO · texte numérisé non relu

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le peu desoin avec lequel vous avez contrôlé l'exactitude de vos renseignements.

Il ne paraît pas possible, en effet, que de gaieté de cœur et uniquement pour les besoins de votre cause, vous ayez maltraité, à ce point, la vérité historique.

Le clergé catholique avait mille fois raison de s'opposer à la fondation d’une université protestante, à une époque où le fanatisme de la minorité anglaise du pays ne tendait à rien moins qu'au complet anéantissem ent de l'élément catholique, pourtant en majorité.

Ignorez-vous qu'en 1801, la chambre d’Assemblée, pressée par le parti des “ bureaucrates”,avait sanctionné, sous le nom “ d'Institution royale,” une loi inique destinée à angliciser le pays, en le couvrant d'écoles protestantes ?

A la mort de monsieur McGill, la si-

tuation faite à l'église catholique restait la même. Faut-il s'étonner, dès lors, que le clergé

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se soit opposé au vœu dun défunt, tant que ses propres droits n'auraient pas été reconnus.

Adopter une politique de laisser-faire eût été non seulement compromettre de la manière la plus grave, les intérêts religieux des Canadiens-Français, mais aussi s’enlever pour l'avenir tout espoir d'indépendance en ce qui touchait les questions d'éducation.

Ce que vous appelez de l’aveuglement n'était, en réalité, que la marque d’un admirable esprit, je ne dirai pas seulement de patriotisme, mais aussi et surtout de nationalisme.

Revenant à votre sujet favori,vous constatez que, “ dans toutes les associations athlétiques “ du pays, les quelques Canadiens-Français “ qui aiment les exercices physiques et le plein “air y trouvent généralement un accueil très “sympathique, mais qu'on n’y parle qu'anglais, “et que tout ce qui est anglais y domine.”

Je relève, dans ces paroles, une erreur doublée d’une injustice.

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A Montréal même, en dehors des clubs athlétiques anglais, il en est de français,admirablement organisés, avec leurs centres de réunion et leurs insignes distinctifs.

Les membres de ces clubs luttent d'adresse et d’entrain avec ieur confrères de race britannique.

Quant à ce qui concerne l'usage de la langue anglaise, vous ne placez pas la question sur son véritable terrain : On ne parle qu'anglais dans les réunions de “sport,” pour la bonne raison que tout Canadien-Français sait manier cette langue, tandis qu'il est peu d'Anglais qui connaissent la nôtre, en dépit

de leur “ éducation virile.”

Vous ne voulez pas toucher à l’enseignement primaire, ce qui. dites-vous, vous entraînerait trop loin.

Vous n'hésitez pas, pourtant, au cours de votre étude, à formuler contre l’ensemble du système les plus sévères critiques.

La vérité est que les lois qui régissent notre enseignement primaire, sont sagement conçues, et que celui-ci passe à bon droit, auprès des hommes compétents, comme un modèle de perfection.

Son application donne les meilleurs résultats, au témoignage même de protestants

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éclairés, comme vous en trouverez la preuve plus loin.

Le nombre d'écoles élémentaires, dans la province de Québec, était en 1886, de 4594 :

170,855 élèves fréquentaient ces écoles.

La présence moyenne étaitde 1 30,048 ; cette proportion était de soixante-douze pour cent plus élevée que dans la province d’Ontario.

Je ne passerai pas en revue les différentes statistiques à l’aide desquelles il me serait facile d'établir que l’ensemble de notre système d'enseignemeut primaire peut soutenir une comparaison, toute à son avantage, avec celui de n'importe quel autre pays, je me contenterai de signaler un fait qui prouve, à lui seul, l'importance que les Canadiens attachent à l'instruction de leurs enfants.

Malgré le nombre considérable de paroisses disséminées sur toute l'étendue du territoire, il arrive, en plus d'un endroit, que des groupes d’‘‘habitants” se trouvent trop éloignés des villages pour envoyer leurs enfants à l'école.

Les ‘commissaires scolaires” pourvoient alors, d'une façon ingénieuse, aux difficultés suscitées par la distance, à la diffusion de l'instruction

Des ‘“ maisons d'écoles” sont construites aux carrefours des chemins de ‘“ concessions” et la direction en est donnée à des filles de cultivateurs, diplomées pour la plupart.

Que de fois ne m'est-il pas arrivé, au cours de mes longues excursions, de m'arrêter, attentif, au seuil d’une de ces humbles maisonnettes, perdues dans la solitude des bois, et d'écouter curieusement ces voix d'enfants répétant avec ensemble les leçons de leur jeune institutrice, pas laiqgue du tout, celle-là, je vous en réponds.

Si vous ne touchez pas à l’enseignement primaire, du moins ne vous faites-vous pas faute de parler avec un dédain voulu de nos maisons d'éducation.

Vous en voulez, tout particulièrement, au

collège de Montréal.

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Les élèves de cette institution sont, pour vous,des ‘“ êtres ” qui ont l'air de “ratés” habitant une ‘“ boîte ” !

Voilà bien des gros mots, qui cachent, à tout le moins, un singulier dépit.

Mais, mon cher de Coubertin, vous allez sans doute nous donner une idée de l'instruction que reçoivent ces “ ratés, ” et nous montrer ce qu'elle peut avoir de défectueux ?

Allons donc!

Vous vous promenerez à travers les dortoirs, vous examinerez la dimension des cuvettes, la largeur de l'espace qui sépare les lits, et vous remplirez ainsi, permetttez-moi de vous le dire, les fonctions d’un inspecteur de l’hygiène scolaire.

Je nie, mon cher ami, votre droit, en tant que délégué par le grand maître de notre université, à critiquer la propreté de nos maisons d'éducation canadiennes.

Comme moi, vous avez sans doute subi l'hospitalité forcée d’un de nos grands lycées ?

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Eh ! bien, vous sbuvenez-vous de ces fontaines (microscopiques aussi), installées dans nos dortoirs avec une parcimonieuse économie ?

Vous rappelez-vous d’avoir Jamais constaté quelque chose qui ressemblât à une salle de bains dans ces grands bazars universitaires ? Non, n'est-ce pas ? Pourquoi alors attaquer cette question toujours délicate de la propreté chez les autres ?

Vous avez lu Maxime du Camp, et vous souvenez, sans doute, de la triste description qu'il donne du Lycée Louis-le-Grand ? cette description ne nous permet pas, à nous autres français, d'être sévères dans nos appréciations à l'étranger.

Je sais que vous allez réformer tout cela, à ce titre, vous mériterez la reconnaissance de la santé publique.

Mais votre œuvre n'en est qu'à ses débuts ; attendez qu'elle soit complète pour vous en prévaloir comme d’un précédent.

En parcourant le Canada, vous avez pu -

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constater la libéralité avec laquelle la nature a doté cette belle contrée de fleuves, de rivières et de lacs; comment, dès lors, pouvezvous supposer que les habitants d'un pays aussi bien partagé du côté de l'eau, ignorent les notions élémentaires de la propreté !

Eussiez-vous consacré quelques jours à visiter nos campagnes canadiennes, que le soin méticuleux avec lequel nas “habitants” entretiennent l'intérieur de leurs maisons vous

eût frappé.

Rien de plus séduisant à l'œil, d’ailleurs, que ces coquettes habitations, peintes en blanc pour la plupart, disséminées dans la verdure, éparpillées sur les bords de nos cours d’eau, ou accrochées aux flancs de nos collines.

Pénétrez, le samedi, dans l’un de ces foyers paisibles, et admirez l'activité avec laquelle chacun lave, brosse, frotte, à grand renfort d'eau, les planchers, les murs, le plafond, les meubles, et vous devrez vous avouer que les

Canadiens-Français sont les ennemis nés du désordre et de la malpropreté.

Les “ habitants !” comment se peut-il que vous les ayez ignorés ? Vous eussiez reconnu en eux les qualités fondamentales dont la possession assure, tôt ou tard, à une race, la prédominance morale et physique.

Vous vous plaignez de ce que l'éducation, telle que vous la comprenez, ne soit pas suffisamment développée dans notre pays, et vous voudriez nous voir adopter pour nos enfants le programme qui tient, dites-vous, à la dernière page de votre livre, dans ces deux mots : Sport et liberté.

La liberté! nous la possédons à tous les degrés : libertés civiques, liberté de consctence, liberté d'action, liberté de travail : nous avons les muscles ; nous avons l'intelligence ; notre progrès matériel et moral a frappé d'étonnement les esprits les plus sérieux qui se soient occupés de notre histoire. La seule réforme dont nous ayons vraiment

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besoin est celle qui aurait pour effet de nous débarrasser des esprits forts, dont le rêve, depuis quelques années, est de miner chez le peuple ses plus chères croyances, sous prétexte de l’initier au véritable progrès moderne, selon eux.

Je n'ai pas à discuter ici la valeur de l’enseignement de nos 500 académies, collèges ou écoles spéciales, dont les cours sont suivis avec régularité, par notre jeunesse canadienne.

Les résultats obtenus me paraissent plus que suffisants, si j'en juge par le mérite de nos hommes publics et de ceux qui occupent des positions en vue.

Je retrouve dans mes notes les textes des compositions écrites et la liste des questions posées aux candidats qui se présentaient, l'année dernière, .à l'Université Laval, pour l'obtention du diplôme de bachelier : mes-

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sieurs les professeurs de la Sorbonne n’auraient pu choisir avec plus de discernement.

Il suffit, d’ailleurs, de parcourir les recueils de nos débats parlementaires, pour constater que l'instruction donnée dans nos collèges, suffit tout au moins à développer dans notre Jeunesse le goût de l'étude et de la culture intellectuelle.

Lisez avec soin les discours de nos hommes d’État: admirez l’universalité de leurs connaissances ; leur intelligence du droit constitutionnel ; le tour ingénieux et élégant de leurs périodes, et il ne vous sera plus possible de nier le développement intellectuel d'une nation aussi féconde en puissants “ debaters.”

[Il semble, vraiment, à vous lire, que vous ayez été chargé d’une mission spéciale au Canada : celle d'y ravaler notre race.

Afin que ma supposition ne vous étonne pas, je cite vos paroles : “ J'ai visité encore “ des hëgh schools. Y'école polytechnique, l'aca- “ démie commerciale, puis des écoles anglai-

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‘“ ses : partout, le même contraste. Ici des ‘“ muscles, de l’activité, de la hardiesse, des “ regards bien francs ; là, des membres mala- “ droits, des attitudes gauches, aucune indé- “ pendance, rien de viril.”

Ces paroles, mon cher de Coubertin, feront sourire Anglais et Canadiens ; ceux-là savent, depuis cent soixante ans, ce que vaut la virilité de leurs frères d’origine française.

Deux fois cette virilité leur a épargné la défaite, et c'est avec son concours, que depuis un demi-siècle, ils travaillent à asseoir sur de larges et solides bases, la puissance et le crédit de leur patrie commune.

Vos réflexions, d’ailleurs, ne s’appliquentelles pas admirablement à nos “ potaches ”, piliers ordinaires des brasseries du quartier latin; à ces pantins ridicules dans leurs tuniques trop larges pour leurs épaules étroites, qui promènent, le dimanche, sur le boulevard Michel ! ! leur curiosité de jeunes dépravés,

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en quête d'aventures aussi faciles que malpropres.

Vous les connaissez, ces “ êtres ” maladifs, élevés dans l'air empesté de nos sombres casernes universitaires, et dont la suprême jouissance est de faire un peu de ‘“ 6astringue” aux dépens de l'aumônier, comme de se retrouver, les jours de congé, en face d'un verre d'absinthe, côte à côte avec leurs “pions”

d'étude !

La vérité sur nos écoles commerciales, en particulier sur celle du ‘“ Plateau,” c'est que l’ensemble de leur enseignement y est essentiellement pratique et contribue pour beaucoup à développer chez les Caradiens Français le goût des entreprises coinmerciales et. industrielles.

Cette école du ‘ Plateau,” construite par les soins des commissaires des écoles catholiques de Montréal, est un bel édifice, bâti sur un lieu élevé, et qui n’a rien de la triste apparence de nos lycées.

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Les cours sont vastes, et séparées seulement de la rue par une légère clôture.

Les salles d'études, immenses. sont pleines de lumière. et l'air qui y circule, salubre.

Les élèves sont des gaillards qui n'ont pas . froid aux yeux, à en juger du moins par leur apparence et leur goût pour la chasse, la pêche, le canotage et tous les exercices du corps.

Quant au degré de l'instruction, nous le laisserons, si vous le voulez bien, apprécier par un homme dont il n’est pas plus permis de discuter la compétence que l’impartialité.

En 1881, je crois, le gouvernement de la province de Québec nomma une commission dont l'objet était de s'enquérir de l'organisation de nos écoles commerciales. Le témoignage qui produisit le plus d'effet sur les membres de cette commission fut celui d'un protestant, M. Workman, l'un des hommes les plus en vue de la ville de Montréal

Après avoir rendu un légitime hommage

aux écoles catholiques, en général, et à celle du “ Plateau ajouta que pas une école protestante ne pou-

en particulier, M. Workman

vait lutter avec les nôtres pour la préparation des jeunes gens aux carrières commerciales.

Votre sortie contre le collège de Montréal ne paraît être qu’une transition habilement ménagée pour en revenir à votre sujet de prédilection : les biens du clergé.

Vous prenez à partie les prêtres de Saint- Sulpice, les accusant, à tort, de posséder la moitié de la ville de Montréal, et vous annoncez, pour des temps prochains, une révolution dont vous vous gardez, d’ailleurs, d'indiquer la nature.

J'ai déjà signalé la vivacité de vos attaques Contre nos communautés religieuses : il ne me déplaît pas d'y revenir.

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Vous limitez, d'ailleurs, le champ de la discussion, en vous en prenant, de préférence, aux immunités dont jouissent les biens d'Eglise, au Canada.

Il est, tout d’abord, un fait digne de remarque: l'opiniâtreté avec laquelle vous prenez à partie le clergé catholique, sans vous préoccuper de ce qui peut se passer de similaire dans le camp protestant.

Cette façon d'apprécier les faits dénote, à tout le moins, dans vos renseignements. une lacune qu'il convient de relever par des chiffres.

Les statistiques de 1886, les seules que j'aie à ma disposition, établissent que, dans la ville de Montréal, la valeur des propriétés des églises catholiques exemptes de taxe s'élevait à 6 206 190 dollars, tandis que 2 784 800 dollars représentaient la valeur des propriétés de l'Eglise protestante.

Si, maintenant, l'on tient compte qu’en cette même année 1886, la population de Montréal était de 140 747 âmes, dont 103 579 ca-

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tholiques, il sera facile de vérifier que pour 37 168 protestants, la valeur des biens d’Eglise exempts de taxes égalait la moitié de celle des communautés catholiques moins la bagatelle de 318 295 dollars |

Pourquoi, dans ce cas, ne pas généraliser vos remarques, et étendre au clergé protestant le champ de vos critiques ?

Mais, pourrez-vous dire, il n’y a pas que la question des taxes qui préoccupe certains esprits; ce dont on se plaint, par-dessus tout, cest de la fréquence des appels à la charité publique.

J'accueille volontiers votre remarque, en ce qu'elle est la preuve la plus éclatante que | l'esprit de foi de nos populations ne s’est pas le moins du monde affaibli, en dépit des exhortations de l’école ultra-libérale.

I! suffit, d’ailleurs, de relever le nombre des institutions protestantes, et de lire ‘dans les Journaux les appels réitérés de leurs ministres à la bourse des fidèles, pour constater que le

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clergé catholique n'accapare pas, à lui seul, la charité publique.

Croyez-vous, sincèrement, que les biens de nos communautés religieuses demeurent im-

productifs ?

À Montréal, à Québec, vous avez visité les maisons-mères de ces communautés, avezvous apprécié leur œuvre, et vous êtes-vous demandé si elle ne compensait pas largement la jouissance des immunités que vous leur reprochez si amèrement ?

Vous connaissez, en partie, le rôle patriotique joué par le clergé canadien dans le déve. loppement de la nationalité française en A mérique ; je voudrais pouvoir m'étendre sur ce sujet, et vous raontrer ces prêtres, tour à tour, aviseurs spirituels du peuple; défenseurs de leurs libertés; gardiens vigilants de leurs traditions, et perpétuant, enfin, à travers les siècles, dans le Nouveau-Monde, notre belle langue nationale !

Pouvez-vous contester à une nation dont

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l'existence est aussi étroitement liée à l'action bienfaisante de son clergé, le droit de lui marquer sa reconnaissance autrement que par son respect et son attachement à la foi ?

Vous admeitez que le clergé canadien ‘est à l'abri de toute attaque en ce qui “concerne les mœurs et la vénalité”; que lui reprochez-vous alors, et quels sont les dangers de l'avenir ? Si le clergé n'est pas vénal, c'est donc que les biens qu'il possède n'ont pour objet que de soulager le malheur et de développer l'éducation morale du peuple !

Mais peut-être soupçonnez-vous le zèle de notre clergé de s'être ralenti, et que, rassuré sur les dispositions de la population à son égard, celui-ci ne songe qu’à jouir en paix de la vie facile qui lui est faite ?

Quelle erreur serait la vôtre !

De quelque côté que vous portiez vos regards, sur cet immense territoire du ‘“ Dominion,” votre vue sera frappée par un spectacle étrange ; au milieu des solitudes de la prai-

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rie, au sein des vastes forêts, sur les bords de l'océan glacial, non loin du cercle polaire, vous apercevrez d'humbles maisonnettes surmontées d’une croix ; sentinelles avancées de la colonisation et de la foi !

Dans ces cabanes, grossièrement construites dé quelques morceaux de bois, indifférents aux privations, aux rudes froids de nos longs hivers, des Jésuites, des Oblats, des prêtres séculiers, des sœurs de charité raniment l'espérance dansles cœurs, encouragent les efforts du colon et jalonnent de nouvelles conquêtes au progrès et à la civilisation.

À quel ordre religieux le Canada doit-il de posséder dans Rome un séminaire, édific:

superbe d'où sortira une pléiade de jeunes lévites, dont l'instruction supérieure sera un bienfait pour le pays? A ces mêmes prêtres de Saint-Sulpice que vous accusez de parcimonie.

Mais pourquoi vous dire tout au long les

œuvres nombreuses créées par ce capital qui

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vous effraye au point que vous nosez le calculer ! vos conclusions découlent du point de vue particulier auquel vous vous placez, et dérivent de principes qu'il ne m'appartient pas de discuter ici.

Votre livre, mon cher de Coubertin, reflète, à ne pas s'y tromper, les tendances d’un petit groupe de libéraux canadiens, nuance “ Ferry, Goblet & Cie ;” en acceptant leur manière de voir. vous vous êtes mépris sur le sentiment de l'opinion publique prise dans son ensemble et à l'exclusion de toute école.

Vous avez, sans doute, entendu parler de la question dite “des biens des jésuites ? ” Vous n'ignorez pas, qu’à l’instigation du premier ministre de la province de Québec, l'honorable Honoré Mercier, la Compagnie de Jésus est rentrée dans une faible partie des biens qu'elle possédait lors de la suppression de l’ordre au siècle dernier.

Jene m'étendrai pas sur cette œuvre de

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réparation: qu'il me suffise de vous rappeler qu'elle fut, au Canada, la source d’une grave agitation, provoquée et entretenue par le fanatisme d’une petite minorité protestante.

Un député de la chambre des communes du Canada, monsieur O’Brien, demanda au gouvernement fédéral de désavouer, comme inconstitutionelle, l'action du parlement de la province de Québec.

Une longue discussion s’ensuivit. Finalement, l'amendement de monsieur O'Brien fut repoussé par un vote de 188 voix. Treize députés votèrent en faveur du projet !

Remarquable exemple de tolérance religieuse et de respect des lois constitutionnelles, donné par l'élément protestant, pourtant en majorité, de la chambre des communes!

Ecoutez, à ce propos, les paroles prononcées, au cours de la discussion, par le chef du grand parti libéral Canadien : monsieur Laurier :

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