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prudence de ses habitants est peut-être une des causes de cette infériorité. Mais cette prudence même n'est-elle pas, pour tout esprit attentif, une des garanties de la supériorité agricole réservée à notre province dans des temps prochains.
Les statistiques fournissent à ce sujet d’intéressants renseigneinents.
Dans la province de Québec, l'étendue des terres détenues par les cultivateurs est de 18 000 378 arpents : dans la province d’Ontario, elle est de 23 309 264 arpents.
Le nombre des propriétaires dans la première province, est d'environ 175 731 ; dans la seconde, de 266 485.
Ceci établi, savez-vous à quel chiffre s'élève la valeur de la propriété grevée d'hypothèques dans les deux provinces ?
Dans Ontario. à 174 676 062 dollars ; dans Québec, à 1 949 638 dollars !
Tandis que 16 compagnies de prêts suffi-
sent amplement aux besoins des cultivateurs
SE, Fe
de la province de Québec, 79 trouvent le moyen de faire de belles affaires dans celle d'Ontario !
Fn résumé, les Canadiens-Français, pour être moins développés que leurs voisins de l'ouest sous le rapport agricole, sont, pour le plus grand nombre. propriétaires d'un sol libre de toutes servitudes, à l'exception de celles que leur impose la loi.
Comment allier, mon cher de Coubertin, cette sage entente de leurs intérêts, chez nos habitants, avec les dispositions d’esprit que
vous voulez bien leur prêter ?
Avouez simplement que vous n'avez pas suffisamment observé, avant de donner à vos études une forme définitive en les publiant.
Laissez-moi placer sous vos yeux des extraits de discours prononcés en Angleterre par deux de nos hommes d'Etat les plus en vue, tous deux Anglais et protestants.
Le 4 février 1886, sir John À. Macdonald,
parlant au Saint-Georges club, à Londres, disait: “ French-Canadians are a moral and re- “ligious people, listening to their hierarchy ‘and their priesthood, and as a Protestant, I “have no hesitation in saying that the best “and finest moral police in the world, was to “be found in the priesthood of French- ‘“ Canada.”
Dans un discours à Dundee, en Ecosse, l'honorable Alexandre Mackenzie disait, la même année, je crois : “ The French people “in Canada are in th2 position of a people “ speaking an alien language, ôué do not con- “sider themselves an alien people, and are at “this moment as proud of British law and “freedom as any portion of the Canadian “people ; and as Lord Dufferin remarked the “ other day in London, there is no class or “ population more thoroughly trained in Par- * liamentary practice and life, and to all the “rights and feelings of an independent and “proud people.”