‹ Justice aux Canadiens-Français [microforme]Chapitre 5 sur 15 · EE · texte numérisé non relu

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passage de votre livre: “Les Canadiens- “ Français sont les humble esclaves de leur “clergé et de leurs congrégations. Ciergé et ‘“congrégations enchaînent les esprits en pré- “éendant les guider, et leur domination pèse “lourdement sur une partie de la population, ‘ que les travaux de la terre ne suffisent plus à “charmer. et qui prendrait volontiers sa part “du mouvement littéraire et scientifique uni- “gersel.”

Transportez-vous, par la pensée, au centre de l’une des nombreuses usines dont vous voyez, au loin, les panaches de fumée obscurcir l'atmosphère.

Parlez à ces mécaniciens, attentifs au fonctionnement de leur machine ; dans quelle langue vous répondront-ils, pour la plupart ?

dans la vôtre : ce sont des Canadiens-Fran- Çais.

Interrogez au hasard, l'un de ces mille ouvriers empressés à leur travail. En lui, vous reconnaîtrez un Canadien-Français.

Elevez-vous d’un degré dans la hiérarchie du travail : à quelle nationalité appartiendront ces contremaîtres, intermédiaires intelligents entre le patron et l’ouvrier ? à la nationalité canadienne-française.

Mais, direz vous, dans les bureaux, sans aucun doute, le maître que je saluerai représentera le capital anglais ?

Cela est vrai en partie, mais voici qui ne l’est pas moins : si, bar l'effet magique d’une fée malfaisante, le génie de l’artisan canadienfrançais était subitement annihilé, la plupart des fabriques n'auraient plus qu’à fermer leurs portes.

Ce n'est pas tout : suivez-moi dans ces rues populeuses, dont vous admirez, à juste titre, le parfait alignement; entrons, si vous le voulez bien, dans l’un de ces grands magasins de la rue Notre Dame ou de la rue Saint-Jacques ; qui trouverons-nous, occupant des postes de confiance ? des Canadiens-Fran-

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çais ; commerçants adroits, anxiliaires précieux, employés dévoués !

Mais, remarquerez-vous, sans doute vos paroles ne servent qu'à constater la justesse de mon observation, et vous paraissez croire avec moi que les Canadiens-Français, aptes aux fonctions subalternes, sont incapables de s'élever plus haut.

Un peu de patience, mon cher de Coubertin, et suivez moi dans cette belle ville de Mont. réal : je vous y ménage bien des surprises.

Savez-vous que, “ dans cette cité à l'aspect inachevé et fiévreux,” six banques canadiennes-françaises rivalisent avec leurs sœurs anglaises, sinon de puissance, tout au moins de crédit ?

Savez-vous que ces banques ne représentent pas seulement l'épargie de milliers de Canadiens -Français, mais qu'elles sont alimentées par les profits de grandes maisons de commerce dirigées par des Canadiens- Français ?

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Parcourez les grandes artères commerciales de la métropole du Canada, vous serez surpris du nombre de noms français inscrits à la devanture des magasins.

Visitez le quartier de la finance, le nom de l'agent de change le plus en vue sera celui d'un Canadien-Français.

Entrez à l'hôtel de ville : le maireest un Canadien - Français; le président du comité des finances est également un Canadien-Français ; l'avocat de la ville est encore un Canadien-Français ; la majorité des conseillers est, enfin, française, et tous ces hommes, appelés à présider aux destinées de Montréal, sont des commerçants ou des industriels dont l'influence ne le cède en rien à celle de leurs confrères d'origine anglaise.

Faites une courte visite au palais de justice : sur /e banc, à côté de leurs collègues d’origine britannique, vous verrez des juges Canadiens- Français, dont le savoir fait l'admiration des hommes compétents des deux nationalités,

Demandez à quelle race appartiennent les avocats les plus en renom de la Puissance ; on vous répondra en vous citant des noms français.

Les Anglais reconnaissent eux-mêmes notre supériorité dans tout ce qui touche aux choses de l'esprit : aussi n’hésitent-ils pas à envoyer leurs étudiants se former à l’école de nos jurisconsuites.

Je pourrais vous prouver également qu'un grand nombre d’entre eux ne dédaignent pas, pour leurs enfants, les leçons de nos universités catholiques.

Quel est, à Ottawa, le chef reconnu de la ‘“loyale opposition ? ” un Canadien-Français : l'honorable Wilfrid Laurier ; les députés de la gauche parlementaire, à quelque race qu'ils appartiennent, reconnaissent son ascendant de par l'autorité de son talent.

Aux côtés de sir John A. Macdonald, quel ministre préside,depuis près de vingt-cinq ans, au prodigieux développement économique de

notre pays ? encore un Canadien-Français:

sir Hector Langevin.

Quel est, enfin, cet orateur incomparable dont la parole ardente soulève l'enthousiasme de la nation entière? un autre Canadien- Français : l'honorable secrétaire d’État Chapleau.

Eussiez-vous parcouru nos campagnes que votre opinion sur les Canadiens eût sans doute été bien différente de celle que vous exprimez dans votre livre.

Notre population vous aurait frappé par l’affabilité de son accueil, son attachement aux saines traditions du passé, son respect pour les ministres de la religion, et sa profonde connaissance des libertés constitutionnelles que le gouvernement anglais lui a octroyées.

Tout au plus auriez-vous pu constater que, dans la province de Québec l’agriculture pratique n'a pas réalisé d'aussi rapides progrès que dans celle d'Ontario, et que la trop grande

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