‹ Justice et charitéChapitre 36 sur 50 · PAR L EGLISE DANS LE PRESENT · texte numérisé non relu

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tiennent à des familles riches ou simplement aisées ; elles entrent dans une association de jeunes patronnesses ou jeunes économes, et pendant les trois ou quatre années qui précèdent leur établissement dans le monde, elles font le noble apprentissage de la bienfaisance, elles apprennent à connaître la misère, à ne point s'endurcir, à ne point se croire inaccessibles aux coups de la fortune, en un mot, elles donnent à leur éducation ce je ne sais quoi d'achevé que l'apostolat ajoute à la vertu. Voici des personnes profondément chrétiennes qui ont renoncé au mariage et qui pratiquent la virginité au milieu du monde. Voici des veuves qui sont inconsolées et qui ne veulent pas faire deux fois l'expérience des amours humaines. Elles s'enrôlent dans une association do pieté et de charité, et au lieu de gaspiller dans la futilité leur capital d'affection, elles le dépensent pour Dieu et pour les pauvres qui sont les privilégiés de Dieu.

III. Il faudrait maintenant donner un tableau de la charité organisée par l'Eglise, c'est-à-dire des différentes œuvres qui, dans notre siècle, sont nées d'une inspiration chrétienne et fonctionnent au proiit de l'humanité souffrante. 11 est impossible ici de tout dire et la plume se lasse à citer les fondations de la charité catholique contemporaine.

Signalons seulement quelques œuvres, d'abord les œuvres destinées aux enfants : la Société de charité maternelle de Paris, qui vient en aide aux mères de famille indigentes et qui a des ramifications dans presque toutes les grandes villes de France ; — la Société des crèches ; — TOEuvre de l'adoption ; — la Société générale de protection pour l'enfance abandonnée ou coupable; — les diverses œuvres de catéchisme et de première communion; — les maisons de convalescence pour les enfant^ tuberculeux ou menacés de la poitrine, telles que Villepinte, Ormesson, Ghamprosay; — l'OEuvre des forains; — un grand nombre d'orphelinats, soit pour garçons, soit pour iilles, qui sont répandus sur tous les points du territoire et s'occupent tous des enfants d'une région déterminée.

Signalons pour la jeunesse de nombreuses œuvres d'apprentissage; — nos divers patronages et sociétés de persévérance; — l'OEuvre des cercles catholiques d'ouvriers; — l'Association pour la protection internationale de la jeune fille; — nos bureaux de placement et secrétariats du peuple; — nos œuvres catholiques de correction, de réhabilitation et de préservation pour la jeunesse exposée ou coupable.

Pour les travailleurs, pour les malades, pour

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les infirmes et les vieillards, qu'il nous suffise d'indiquer : nos institutions de prévoyance, caisses dotales, caisses rurales, sociétés de secours mutuels; les habitations ouvrières à bon marché et l'Œuvre des jardins ouvriers; — les associations et les ouvroirs oii, dans certaines paroisses, les dames viennent travailler pour les pauvres; : — la Société de Saint-François Régis, dont le but est de faciliter le mariage civil et religieux des indigents; — nos dispensaires, nos hôpitaux libres, nos diverses maisons de santé, asiles, refuges, ouvroirs et maisons de convalescence ; — les maisons des Petites Sœurs des pauvres; — l'œuvre des Dames du Calvaire; — nos institutions de sourds-muets et de sourdes-muettes; — les Sœurs aveugles de Saint-Paul; — l'Œuvre de l'hospitalité de nuit, etc.

Les monuments de la charité catholique sont partout répandus sur notre sol. Herculanum et Pompéi sortent aujourd'hui du sépulcre que leur fit le Vésuve sous Titus. Or, que retrouve-t-on parmi les ruines de ces villes fameuses? Des forums, des théâtres, des thermes, des statues, des colonnes, des temples, tout ce qui peut servir aux affaires, aux plaisirs, au culte des idoles. Mais cherchez les restes d'un hospice, il n'y en a pas; cherchez les vestiges d'un asile pour les orphelins,

pour les indigents, pour les vieillards, pour les infirmes, il n'y en a pas. Que si, au contraire, à l'heure qu'il est, à la suite d'un tremblement de terre, d'une éruption volcanique ou d'un brusque affaissement du sol, une ville chrétienne quelconque venait à s'enfoncer tout à coup ou à disparaître sous une pluie de cendres, cette ville, subitement surprise par la mort, garderait au fond de la tombe les traces impérissables de sa sollicitude envers les pauvres. L'archéologue qui s'en irait un jour remuer ces décombres, faire des fouilles dans ces ruines, y retrouverait après vingt siècles les débris indicateurs, les pierres dispersées, mais reconnaissables, des monuments du zèle et de la charité.

IV. Les œuvres de charité organisées et inspirées par l'Eglise dans notre temps sont si nombreuses que nous n'avons entre elles que l'embarras du choix. L'Église appelle dans ses œuvres des collaborateurs et des collaboratrices et va les chercher partout : dans le clergé, dans les Instituts religieux et parmi les laïques. Elle s'adresse aux hommes et aux femmes, aux enfants et aux vieillards, même aux philanthropes qui semblent n'avoir plus de chrétien que le nom. Elle assemble dans les ordres reliofieux des serviteurs et des servantes

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pour rhumanité qui souffre : Frères des écoles chrétiennes qui prennent soin de l'enfance populaire, Frères de Saint-Jean de Dieu qui se consacrent au service des malades et des fous, Sœurs de tout ordre, de tout nom, de tout costume et de toute couleur qui apportent leur sourire, leur bonne parole, leurs tendres soins, qui donnent du pain à ceux qui ont faim, des consolations à ceux qui pleurent, un chevet à ceux qui vont mourir; religieux et religieuses qui ont tout quitté pour honorer et servir la dignité du pauvre, pour panser et guérir ses blessures morales et physiques, pour sauver son corps et son âme, souvent plus malade que son corps. Et à la tête de ces bataillons invincibles de la charité, pour inspirer, organiser et diriger tous les dévouements laïques et religieux, la sainte Eglise envoie son clergé, ses prêtres, ses pasteurs dont la présence enQamme le courage de tous, dont la parole suscite et règle les initiatives particulières, dont l'exemple secoue la torpeur des indécis et décuple l'action des militants et des ardents. Dans le pauvre, le prêtre aperçoit un autre Jésus-Christ pauvre, car. il réclame pour ce divin indigent une charité indéfectible comme le Dieu qui en est l'objet. Le prêtre cherche et découvre toutes les misères qui appellent une intervention de la charité; il leur envoie de saintes

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