CONCLUSION
votre affaire. Les querelles religieuses ont ensanglanté le monde et le troublent encore, parce que chacun est convaincu que la vertu est attachée à sa croyance, le vice à celle de ses adversaires. Et pourtant la conscience impose les mêmes obligations à l'incrédule et au croyant. Il n'est pas jusqu'à la prière qui ne puisse leur être commune, sauf le choix des mots et la forme extérieure qu'elle revêt. Tout ce qu'elle contient d'essentiel, c'est-à-dire d'intérieur, tout ce qui en elle est acte positif de l'intelligence et élan du cœur, tout ce par quoi elle fortifie et purifie, est possible à l'un comme à l'autre. Nous sommes séparés les uns des autres par des barrières imaginaires, par des murailles illusoires. Avec les mêmes idées et les mêmes sentiments, nous nous battons pour les mots qui les expriment ; nous ne les reconnaissons plus sous leurs diverses enveloppes. Nous ne songeons même pas que, dès que nos idées se font exclusives et agressives, c'est un signe certain que nous les avons altérées et mutilées, pour les faire entrer dans des formes trop étroites. Efforçons -nous d'arracher aux idées essentielles les vêtements divers qui les cachent et les déforment, les surchargent et les paralysent, pour les contempler dans leur superbe et vivante nudité. Dégageons des complications artificielles et adventices, qui témoignent plutôt de la faiblesse de l'esprit humain que de
sa puissance, les vérités de la raison et de la conscience, qui, étant communes à tous les hommes, sont génératrices de concorde et de fraternité sociales.