LA FÊTE DE L’AMITIÉ ; LES COUREL'RS DE TESTAMENTS. ÎG
C’est aujourd’hui que les autels de gazon attendent les victimes promises aux dieux qui ont sauvé Catulle de la mort; victimes modestes sans doute : ce sont deux brebis blanches destinées à Junon et à Minerve, et un tout jeune taureau réservé à Jupiter. Les poètes, on le sait, ne sont pas d’ordinaire les favoris de Plutus. Ah! « si Juvénal était riche et que la fortune répondit à son affection »,
Si ret ampla iiomi similisque affectibus etset',
il sacriGerait un de ces gros et superbes taureaux , tels que les nourrissent les plantureux paccages de l’Ombrie.
Vers délicieux, pleins de sentiment, que le poète explique et commente si bien quand il ajoute qu’on ne saurait faire moins pour célébrer le retour d’un ami, encore frémissant du danger qu’il a couru ’!
Ce danger, on va nous le faire connaître maintenant dans tous ses détails et avec toutes ses péripéties.
A ce sujet, il y avait lieu de craindre le développement outre mesure d’un de ces lieux communs si chers aux rhéteurs, et de tout temps admis au nombre des exercices de l’école, je veux dire la description d’une tempête. Mais Juvénal, qui,' dans ses dernières satires, n’a J>as toujours su échapper h certains thèmes convenus, s’y soustrait complètement ici. Cela ne tiendrait-il pas à ce que la vérité du sentiment conduit à la vérité et à la juste mesure de l’expression? llien de sincère et de naturel comme l’amitié de Juvénal pour Catulle, et comme les alarmes que lui cause, même après coup, l’idée de périls que Catulle a eu
■ Sat. XII, 10.
1 U et IG.