‹ Juvénal et ses satiresChapitre 153 sur 195 · LA FÊTE DE L’AMITIÉ; LES COUREURS DE TESTAMENTS · texte numérisé non relu

LA FÊTE DE L’AMITIÉ; LES COUREURS DE TESTAMENTS

bien le reconnaître, les divers membres des familles les plus opulentes qui luttent entre eux d’honnêtes prévenances envers telle tante, tel oncle ou tel cousia à héritage, pour obtenir une place sur le bienheureux testament.

Du temps de Juvénal, auquel je me hâte de revenir après cette digression, qui nous a d’ailleurs maintenu dans notre sujet, tel était l’état des choses. Il n’aurait guère pu empirer; le tableau déjà tracé à cet égard par Horace le démontre suffisamment; les mœurs romaines, sous ce rapport, étaient restées les mômes. Juvénal ne fait donc que signaler en passant ce qui chaque jour offusquait ses yeux et réchauffait sa bile. Mais, remarquons-le cependant, il le fait sans recourir à ses foudres ordinaires; ses armes ici sont le sarcasme et l’ironie; celte fois il se propose, comme le faisait presque toujours Horace ’, de dire la vérité en riant : c’est donc par la raillerie seulement qu’il immolera les descendants des honorables industriels que le poëte venu avant lui nous a si bien fait connaître et mépriser. Et pourtant, au temps de Juvénal, constatons-le, et c’est là un bien triste progrès dans le mal, une autre bassesse semble avoir prévalu : c’étaient les vœux qu’on faisait aux dieux de leur immoler de nombreuses victimes, quelquefois encore, comme cela s’est vu sous Caligula de s’immoler soi-même, si tel ou tel prétendu ami dont on convoitait la succession, tombé soudain malade, venait à guérir. C’était une llatterie d’un nouveau genre. Juvénal n’a garde de la laisser passer sans la flétrir : que Paccius ou la riche Gallita, dépourvus tous deux d'héritiers naturels, viennent

> Sat. 1, 1 , 24.

5 Sirél., Calig., eh. xiv et xxvn.

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