CHAPITRE IV
à ne pouvoir plus plaider, quel n'est pas son désespoir?
Vivre sans plaider, est-ce (•ontenlcmem 1 ?
Et pourtant il y a bientôt trente ans qu’elle intente des procès à tout le monde. N'importe ! Elle n’en démordra pas :
Laissez faire, il« ne sont pas à bout,
J’y vendrais ma chemise et je veux rien ou tout 2 .
Le portrait de la jalouse-infidèle est d’une vérité saisissante s . Il offre une curieuse scène de jalousie faite à un crédule époux par une femme perfide, cherchant à dissimuler de la sorte ses propres déréglements; elle verse des larmes feintes que vient essuyer le stupide mari, dont l’aveugle amour-propre prend pour de l’affection ce qui n’est qu’une atroce hypocrisie; et à la fin, avec une suprême impudence, l’infidèle vientavouer son crime, quand il n’y a plus moyen de le nier, le prenant d’autant plus haut qu’elle est plus coupable. Tout cela est observé et décrit magistralement. On croirait lire tel ou tel chapitre de l’auteur de la Comédie humaine , qui excelle dans la peinture des scènes conjugales de ce genre, ou entendre la célèbre héroïne d’une non moins célèbre comédie contemporaine, cette rusée et effrontée baronne d’Ange, niant, avec une insolence sans pareille, la trahison dont elle s’est rendue coupable envers le crédule amant qu’elle a enlacé dans ses filets *.
1 Les Plaideurs, acl. 1, sc. vu.
» Ibid.