GS-28S
* Le Demi-Monde, comédie de M. Alexandre Dumas fils, acte IV, •cène x.
LKS FEMMES ROMAINES. !»
Chez des femmes dépravées comme l’étaient les femmes romaines du temps de Juvénal, les goûts les plus innocents et les plus honorables même pouvaient entraîner et entraînaient en effet aux derniers égarements : témoin le goût pour la musique. La passion qu’elles avaient pour cet art s’étendait trop souvent jusqu’aux artistes eux-mômes. Avec quelle éloquente indignation le poète s’élève contre ces épouses et ces mères sans cœur et sans honneur qui préfèrent un misérable histrion à leur famille, que le succès, la réputation d’un musicien à gages intéresse mille fois plus que la sauté et la vie d’un mari ou d’un lils 1 !
Le portrait de la nouvelliste* est digne du pinceau de Théophraste. En le traçant, Juvénal semble avoir eu présent à l’esprit ce chapitre où le spirituel auteur des Caractères traite de l’habitude de débiter des nouvelles *.
L’homme dont nous parle Théophraste ne s’occupe, il est vrai, que d’affaires purement politiques et extérieures, étrangères, par conséquent, à la ville. La nouvelliste de Juvénal, sans négliger les événements du dehors et les rumeurs de toute sorte venant des pays éloignés, se plaît plus particulièrement à entrer dans les détails de la vie romaine du jour. Elle est, dans toute la vérité du mot, la personnification de la chronique scandaleuse, privée et locale, vivant de nouvelles à la main et de commérages, et allant colporter tout cela de maison en maison, à la grande joie des oisifs. Type curieux qui a traversé les siècles et que l’on retrouve dans les grandes villes comme dans les petites, et plus
' Vers 380-398 3 V. 398-413.
* CAar., VIII. Aoycmoua.