CHAPITRE V
Le turbot ou I* ronr de Oomltten
Cette satire, si l’on en retranche avec M. Ribbeck et comme complètement apocryphe l’espèce d’exorde qu’y a cousu, en trente-six vers, la main passablement maladroite d’un rhéteur quelconque *, nous paraît remarquable en tous points. Elle est tout à fait, on l a constaté avec raison, dans le genre de certaines compositions satiriques du vieux Lucilius, faites pour la scène autant que pour la lecture. La forme en est toute
* s*ai. it.
1 Déjà W.-E. Weber (Die Sa/iren des D.-J ■ Juvenalis, p. 331) avait regardé tout ce passage comme suspect, vu le peu de rapport qu’il semble avoir avec ce qui suit, et comme promettant toute autre chose que ne tient le reste de la satire. M. Nàgelsbach au contraire (Philologue, 3. Jahrç., 1848. p. 469) s'est efforcé de faire voir qub cette espece d’exorde se rattache intimement au récit qui vient apres; mais M. Ribbeck, dans son récent et fort remarquable travail déi.i plus d’une 'fois cité (Ber echtc und der uneehte Juvenal), et auquel nous aimons à renvoyer le lecteur sérieux et instruit, a démontré victorieusement, selon nous (p 75 et suivantes), et en discutant pour ainsi dire chaque vers, au point de vue philologique, historique et littéraire, que le début de la quatrième satire n'est autre chose qu'une interpolation.