‹ Juvénal et ses satiresChapitre 85 sur 195 · Sa/., lib. Il, vin · texte numérisé non relu

Sa/., lib. Il, vin

1 Sat. 111, le Feslin ridicule. Notre Mathurin Régnier a, lui aussi, traité un sujet analogue dans sa dixiéme satire intitulée : un Souper ridicule, et dont Despréaux s'est certainement souvenu.

J by Goo,ql

RICHE ET PAUVRE, OU PATRON ET CLIENT. IM

des immondices et vont de temps à autre faire une visite dans le quartier de Suburre en s'y glissant par les égouts *, »

Que de vivacité, que d’esprit dans ce court tableau ! que d’humour aussi! témoin les vers consacrés îl l’énumération des mets dont on gratifie le client. 11 y a là des images, des mots qui se fixent aussitôt dans notre esprit et provoquent un fin sourire *.

Mais passons maintenant à un autre service. C’est le tour des hors-d’œuvre et des rôtis. A peu de chose près, le menu des repas romains ressemblait, on le voit, au menu des nôtres, et ce menu se servait presque dans le même ordre qu’on observe encore aujourd’hui. Nous n’avons pas seulement hérité de la langue des Romains, mais encore, ce semble, de leur cuisine :

! Ici se placent quelques réflexions de Juvénal dont ou a révoqué en doute et avec raison, je crois, l'authenticité. En voici tout d’abord la traduction : « Si Virron voulait bien m’écouter, j’aurais deux mots à lui dire. On ne te demaude pas, 6 Virron, de te montrer envers tes amis aussi généreux que Sénèque, Cotta et le bienfaisant l’ison le furent envers leurs moindres clients. La gloire de donner l'emportait alors sur les titres et les faisceaux consulaires. Nous te demandons seulement un peu de politesse à l'égard de tes convives. Fais cela, et pour tout le reste sois, comme tant d'autres aujourd’hui, riche pour toi, pauvre pour tes amis. » {V. 107-lfi.) M. Ribbek cherche à établir, et, à l’aide de fort bons arguments, il faut le reconnaître r que ces vers ne répondent pas au but que s'est proposé Juvénal en écrivant cetle satire, où avant tout il veut exciter notre mépris, non pas précisément pour Virron, mais pour Trébius qui s'avilit volontairement; 2° que le Pison dont il est question ici ne pouvait pas, d'après ce que nous en disent Martial (XII, xvi) et Tacite ( Annal., XV, xviii', être cite convenablement par Juvénal comme un homme de bien; S” que le style dans lequel sont écrits ces vers est faible, lâche, et trahit le même déclamateur qui, selon l’opinion de M. Ribbcck. a défiguré les principale» satires de notre poète par de nombreuses et très-fàoheuses interpolations. (Voyei Hihh., Derechteund der unechte Juvénal. p. 107, 108 et 109.)

Page 1