‹ Juvénal et ses satires; études littéraires et moralesChapitre 163 sur 194 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ü’cxemple

Malgré un défaut de composition que nous aurons à signaler quand nous examinerons la seconde moitié de cette pièce, malgré quelques longueurs évidentes, la quatorzième satire est une des plus belles dans son genre; je dis dans son genre, car, ainsi que la satire des Vœttx, elle roule sur un de ces lieux communs dont les rhéteurs n’aimaient que trop à s’emparer : La vertu est-elle innée dans l’homme, ou bien peutelle lui être inculquée par l’éducation? Yoilà le thème que l’on va traiter ici. Ce thème sur lequel on avait tant discuté du temps de Socrate qu’avait repris de son côté Quintilien à propos des principes dont doivent s’inspirer les maîtres de la jeunesse *, Juvénal s’y arrêtera à son tour ; le sujet est ancien, rebattu même, si l’on veut, mais le talent de l’écrivain saura le féconder et le rajeunir; d’une idée banale il fera sortir une œuvre sérieuse, grave, originale. Ainsi faisaient plus d’une fois nos prédicateurs du dix-septième siècle

• Sat. XIV.

> Voyez W. E. Weber, ouvr. cité, p. 577.

’ Institut, orat., Il, 2, 3.

L’EXEMPLE

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