‹ Juvénal et ses satires; études littéraires et moralesChapitre 164 sur 194 · SOI · texte numérisé non relu

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avec lesquels Juvénal offre beaucoup de ressemblance comme moraliste et comme philosophe. Placés en présence d’un auditoire souvent aussi élégant que corrompu, retranchés derrière l’inviolabilité de leur minisstère et l’autorité qu’ils tenaient de leurs propres vertus, Fénelon, Bossuet, Massillon, dans un grand nombre de leurs sermons, faisaient entendre du haut de la chaire chrétienne de dures mais utiles vérités! Pour avoir été empruntées à un ordre d’idées commun, elles n’en devenaient pas moins fortes, moins éclatantes dans la bouche de ces éminents orateurs. Il est, en effet, certaines moralités à qui le temps ne fait rien perdre de leur valeur; elles ont un à-propos toujours nouveau auprès des générations qui, elles aussi, se • renouvellent sans cesse.

Tel est, sauf certaines adresses de style, permises, naturelles même à un poëte satirique, le caractère du morceau qui va nous occuper. La thèse du poëte philosophe est celle-ci : les plus puissants de tous les exemples, ce sont les exemples domestiques qu’un critique moderne a appelés avec raison « les secrets mobiles des mœurs d’une nation » . Et le môme critique se demandant ce que deviennent, en effet, les bonnes mœurs chez un peuple, lorsque les parents eux-mêmes corrompent, par de mauvais exemples, leurs propres enfants, répond avec raison « qu’alors c’en est fait sans retour de la chose publique » et qu’on ne peut plus « régénérer ce peuple vicié jusque dans les principes de son existence morale ‘ » . Comme on le voit, la question soulevée par Juvénal est grave, d’un intérêt à la fois local et universel, s’appliquant au siècle du satirique et en même temps à tous les siècles. La soulever, c’était la

' Dussaulx, notes sur la satire XIV.

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