‹ Juvénal et ses satires [microform], études littéraires et moralesChapitre 8 sur 25 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tament à un autre et en mouiller le cacliet. yui vieiii

de la foule ks cadavres livides de leurs maris empoisonnes. '?vru lei-vous faire figure à Rome, «sez quelque coup ^u. m ritcraitGyare' et ses cachots. On va« « la VJ^^^^^^^^nl iiiçQP ^p morfondre. Le crime, au contraire, c esi lui 4^^^ de riches domaines, les palais, les tables de luxe, la v.e.lle arirpntprie les vases ornés d'un chevreau en reliel. 'TcTm otiormir en paix ,«a„d »n P*«„^Pf "'VJ„'„%°„";

de jeu, mais on fait passer son Ç» ;e-f«r' a «»'^''«;»^ « ,„, („ie»scs balaiUes se livrent la ! L Sfim et refuser à nn Se^ïarSdrîKiï'l'irsïï?. est-ce si„,pl.-

ment de la folie ^ ? »

Voilà une magnifique exposition graduée avec un

nrt rnrfVit coTimencantpar de simples ridicules, dont

- oue nue" unTmêmes'sont fort inoffensifs, et finissant par

r cdmes terribles. Elle n'est déparée que par un seul

. Une des Cycladcs. dans la mer Égcc, et qui était un lieu de dé- ^"'corme celles dont il est question d.as la satire 11. v. 83 seq.

trait de mauvais goût ', et dont un éminent critique de nos jours s'est prévalu, bien à tort, selon nous pour taxer Juvénal de satirique indifférent'. Je ne sache pas au contraire, dans l'œuvre entière de notre poëte, un passage où éclate plus qu'ici sa généreuse indignation ou sa réelle douleur à l'aspect de la perversité de son siècle. Tout de suite aussi il nous donne un avant-goût de son talent, de son génie comme écrivain. Il dre«sc 1 horrible inventaire de la Rome impériale avilie et déchue, dans un style où l'ironie se mêle à la gravité I esprit à l'émotion, le trait acéré à l'art d'observer et de peindre Dans ce style, il faut bien le dire, se fait jour, plus d une fois aussi, le vers cru, qui n'est que trop famdier à notre satirique, - nous aurons souvent occasion de le constater, — mais qu'excuse cependant la nature même de son sujet '.

La page que nous venons de traduire nous peint à larges traits la société romaine du premier siècle avec tous ses scandales , toutes ses infamies; toutes ses hontes, exposées en raccourci et qu'on nous développera longuement dans chacune des autres satires. Chose triste à dire ! la plupart des travers et des

* Ce trait est cilui-ci :

Qiialemcumque potest. quales ego vel Ctuviemis. (V. 80.) Juvénal s'arrêle brusquement et lance cette saillie, très-vive assurement, mais choquante par le contraste. = Voy. noire Introduclion.

» Un émule de Juvénal, l'auteur des ïambes, M. Auguste Barbier qui tombe souvent dans le même défaut, s'en excuse! l'avaSce en des termes que l'on peut également invoquer en faveur de Ju.° nal " Si mon vers est trop cru, si sa bouche est sans fi ei n, « C est qu II sonne aujourd'hui dans un siècle d'airain : « Le cynisme des iiiœu.s doit salir la parole « Et la haine du mal enfante l'hyperbole. « Or donc je puis braver le regard pudibond, . Mon vers rude et grossier est honnête homme au fond. .

(Saliics et poèmes. Prologue.)

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