Mœurs. (Suite.) [F' 354 r
Le Cerveau belge.
La Conversation belge.
II est aussi difficile de définir le caractère belge que de classer le Belge dans l'échelle des êtres''.
II est singe , mais il tsV mollusque.
Une prodigieuse <versati.,.> étourderie, une étonnante lourdeur ^ 11 est facile de l'opprimer, comme l'histoire le constate; il est presque impossible de l'écraser.
Variantes du sommaire : [F' 73]
II est difficile... le caractère belge, aufanr que de classer... êtres. II est singe, mais [souligné] il est mollusque.
Une étonnante lourdeur avec une prodigieuse < versatilité) étourderie. Il est facile...
Ne sortons pas pour le juger, de certaines idées : Singerie, Contrefaçon, Conformité, Impuissance haineuse, — et nous pourrons classer tous les faits sous ces différents titres.
Leurs vices sont des contrefaçons.
Le gandin belge.
Le patriote belge.
Le massacreur belge''.
Le libre-penseur belge dont la principale caractéristique est de croire que vous ne croyez pas ce que vous dites, puisqu'il ne le comprend pas. Contrefaçon de l'impiété française. L'obscénité belge, contrefaçon de la gaudriole française''.
Présomption et fatuité. — Familiarité. — Portrait d'un Wallon fruit-sec.
Horreur générale et absolue de l'esprit. Mésaventures de M. de Valbezène [sic], consul français à Anvers.
Horreur du rire. — Eclats de rire sans motif. — On conte une histoire touchante; le Belge éclate de rire, pour faire croire qu'il a compris. — Les Belges sont des ruminants qui ne digèrent rien.
Et cependant, qui le croirait? La Belgique a son Carpentras, sa Béotie , dont Bruxelles plaisante. C'est Poperinghe''.
Il peut donc y avoir des gens plus bêtes que tous ceux que j'ai vus.
Variantes du sommaire : [F' 73]
Le massacreur.
Contrefaçon de l'impiété et de la gaudriole françaises.
Horreur de l'esprit. Histoire de Valbezène à Anvers. . . On raconte. . . compris. — Ce sont... rien. — Et cependant, il y a «ne Béotie en Belgique, Poperinglie.
[La dernière pLrase de l'Argument ne se trouve pas dans le Sommaire.']
Bruxelles. [F' 74]
Mœurs.
Morale.
Le caractère belge n'est pas très défini. II flotte depuis <I'huître> le mollusque jusqu'au singe.
Bruxelles. [f^' 75]
Caractères moraux.
II est difficile d'assigner une place au Belge dans l'échelle des êtres. Cependant on peut affirmer qu'il doit être classé entre le singe et le mollusque. II y a de la place.
Bruxelles. [F* 7^]
Traits généraux.
Le Belge sait manger sa soupe tout seul, avec une cuiller. II sait même se servir de fourchettes et de couteaux, quoique sa gaucherie témoigne qu'il aimerait mieux déchirer sa proie avec ses dents et ses sales griffes.
Spleen de Paris. [F' 17. fragment]
Singulière conversation.
N'ofTensons pas les mânes.
Le chapelet.
Civilisation belge.
Le Belge est fort civilisé.
II porte pantalon, paletot, parapluie, comme les autres hommes. Il se soûle et fout comme les gens d'Outre- Quiévrain. Il fait semblant d'avoir la vérole pour ressembler au<x> Français. Il [sait] se servir d'une fourchette. Il est menteur, féroce, il est rusé, il est fort civilisé.
Ignorance, [F' 77]
Vanité ET Crapule belges.
J'ai vu à Bruxelles des choses extraordinaires.
Des architectes qui ignorent l'histoire de l'architecture.
Des peintres qui n'ont jamais regardé une gravure d'après Raphaël, et qui peignent un tableau d'après une photographie.
Des femmes qui vous injurient si vous leur offrez un bouquet.
<D'autres> des dames qui laissent pendant qu'elles y officient, la porte des latrines ouverte.
Des gandins contrefaits qui ont violé toutes les femmes.
Des libres penseurs qui ont peur des revenants.
Des patriotes qui veulent massacrer tous les Français (ceux-là portent le bras droit en écharpe pour faire croire qu'ils se sont battus).
Et enfin (ceci est le gros de la nation), une foule de gens qui vous disent quand vous leur dites : Dieu... vous ne croyez pas ce que vous dites. — Sous-entendez : puisque je ne comprends pas.
r Ajouté en marge :J Et des ofificicrs quï se mettent à cinq pour assommer un journaliste dans son bureau.
Bruxelles. [f 78]
Caractères généraux.
CoNn^ERSATION.
Etonnante présomption belge, dans tous les ordres. — Un tel a fait cela, — un livre, un tableau, une action d'éclat; — j'en pourrais faire <aut...> autant (c'est évident!!)), donc je suis son égal.
6o ŒUVRES POSTHUMES.
Belgique. [F' 13J
<NuIIité> Impuissance de conversation. — Je n'aime pas les Belges. — Pourquoi ? — Parce qu'ils ne savent pas le Français. — Monsieur, dit le Belge, il y a les Hottentots. — Monsieur, les Hottentots sont très loin et vous êtes tout près, d'ailleurs on m'a fait entendre pour tout dire que depuis longtemps les Hottentots sont... damnés. — Comment? pour ne pas savoir le Français? — Oui, Monsieur.
Bruxelles. [F' 340 «non classé»]
Caractères généraux.
Conversation.
Idées bizarres des Belges sur la tyrannie impériale. (Les bottes de l'Empereur pleines de mercure.) Ils se croient libres parce qu'ils ont une constitution libérale.
Ils ne savent pas l'être.
La Constitution (papier) et les mœurs (la vie).
Bruxelles. [F' 79]
Caractères généraux.
Mœurs.
Lorsqu'un Belge s'adresse à dix personnes, il prend toujours un auditeur à partie, et tourne à la rigueur le dos au reste de la compagnie à laquelle il s'adresse.
Un Belge ne cède jamais le pas à une femme sur le trottoir.
Je n'ai encore vu qu'une seule fois dans un théâtre un homme chercher à attirer par son attitude et sa mise l'attention publique.
PAUVRE BELGIQUE. 6l
Quoiqu'il eût vêtements et pardessus de couleur claire, avec des bagues sur des gants améthyste, il passait inapperçu [51c].
Du reste, les Belges ont toujours l'air mal habillé, quoiqu'ils s'apphquent beaucoup à l'être bien. Tout leur <val> va mal.
La nature la plus brillante s'éteindrait ici dans l'indifférence universelle. Impossibilité d'une existence vaniteuse.
Ici, à propos d'art comme dans les petites villes, on ne peut pas dire : jBis repetita placent.
Traits généraux.
Du mépris des Belges pour les hommes célèbres.
<Chacun> Leur familiarité avec l'homme célèbre.
Ils lui tapent tout de suite le ventre et le tutoient comme si, enfants, ils avaient roulé ensemble dans la poussière et les ordures des MaroIIes.
Chacun est convaincu qu'il en ferait bien a.uta.nt puisqu'il est homme. Homo sum, nibil bumani a me alienwii puto. Nouvelle traduction.
Bruxelles. Mœurs. [F' 81]
Vantardise universelle, relativement aux femmes, à l'argent, aux duels, etc..
Nécessité pour chaque homme de se vanter lui-même dans un pays où personne ne sait rendre justice à personne.
Du reste, personne ne trompe personne, puisque chacun sait que son voisin est aussi menteur que lui. Tout au plus croit-il la moitié de ce qui est affirmé !
Ici, malheur à la modestie. Elle ne peut être <ci> ni comprise ni récompensée. Si un homme de mérite dit : J'ai fait bien peu de chose, — on en conclut naturellement qu'il n'a rien fait.
Bruxelles. [F' 82]
MCEURS.
Traits généraux.
Avec tant de lourdeur, aucune fixité. Une pesanteur énorme avec une étonnante versatilité.
Vélocité proportionnelle à la pesanteur. C'est toujours le troupeau de moutons, à droite, à gauche, au nord, au sud, se précipitant en bloc.
Je n'ai jamais vu un Belge osant tenir tête, non pas à mille personnes, mais à dix, et disant : «Vous vous trompez, — ou, vous êtes injuste». Ces gens-là ne pensent qu'en bloc.
Aussi, il n'y a rien ici qui soit plus à la mode, ni mieux vu, ni plus honorable que le coup de pied de l'âne. Le Vœ victis n'a jamais trouvé de si grands enthousiastes. C'est pourquoi, ce peuple ayant toujours été conquis, j'ai le droit de lui dire avec joie : « vœ victis ».
Wallon. [P 83]
Un petit portrait du Wallon fruit-sec.
Turbulent, indiscret, <inssant[5ic]> insolent,
conquérant le monde,
et refesant [52c] les plans de campagne de Napoléon. Agité ,
vous disant : vous ne pensez pas ce que vous dites. C'est surtout le Wallon qui est la caricature du Français, et non pas le Flamand.
Souvent bancal, pied bot, ou bossu.
Les Wallons, pépinière d'avocats.
Bruxelles. [F' 84]
Traits généraux.
Horreur de l'esprit.
Histoire de M. Valbezène [sic'\, homme frivole à Anvers.
Bruxelles. [F' 85]
Traits généraux.
Les Belges ont horreur du rire motivé ; ils ne rient jamais quand il faut. Mais ils éclatetit de rire sans motif. « II fait beau temps, savez-vous ? »
Et ils éclatent de rire.
Bruxelles. [F' 331 «non classé»]
Cerveau belge.
Le néant belge.
Vous contez une histoire touchante ou sublime (^qu'il mourût ! etc. . .)
Tous les Belges éclatent de rire, parce qu'ils croient qu'il faut rire.
Vous contez une histoire drôle ; ils vous regardent avec de gros yeux, d'un air affligé.
Vous vous foutez d'eux, ils se sentent flattés, et croient à des compliments.
Vous leur faites un compliment, ils croient que vous vous foutez d'eux.
Le Bon mot [F' 16]
en Belgique.
Ici le bon mot (par exemple : encore un Français qui est venu découvrir la Belgique") , le bon mot, généralement emprunté à un vaudevilliste français, a la vie très dure. <Cinq mille> Cent mille personnes peuvent s'en servir dix fois par jour sans l'user. Tel le grain de musc qui garde son
parfum sans rien perdre de son poids. Telle la cerise à î'eau-de-vie suspendue au plafond par une ficelle et qui léchée par une multitude d'enfants reste longtemps intacte. II y a cependant cette différence qu'un enfant plus malin l'avale quelquefois, tandis que des milliers de Belges n'attrapent jamais un bon mot tout entier. Ou plutôt ils l'avalent, sans le digérer, le vomissent, <et Ie> le repassent et le ravalent sans dégoût, et le revomissent avec une'égale indifférence. Heureux peuple! peuple économe et modéré dans ses plaisirs ! Heureux peuple dont la constitution organique est telle qu'il ne peut jamais <faire> se permettre une ribotte [51c] d'esprit !
Bruxelles. [F' 86]
Caractères généraux.
À propos des peintres <de nature morte> animaliers,
ou des yeux de moutons qui rêvent,
ou de l'horreur de l'esprit.
Les Belges sont des Ruminants qui ne digèrent rien.
Bruxelles. [F' 87]
Caractères généraux.
Pour Bruxelles, Poperinghe est une Béotie. Comprenez-vous les comparatifs dans l'absolu et le superlatif?