‹ Juvenilia, uvres posthumes, reliquiæChapitre 34 sur 123 · Grands bMiars fi Tmaes r^lrkrfs df · texte numérisé non relu

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Eloquence belge.

Grotesque discussion sur les précautions électorales.

Le Meeting républicain. Contrefaçon du Jacobinisme.

La Belgique, toujours en retard, à l'horloge des siècles '.

Mœurs politiques.

( Rien de plus ridicule que de chercher la vérité dans le nombre.)

Le suffrage universel et les tables tournantes. C'est l'homme cherchant la vérité dans l'homme (!!!)

Le vote n'est donc que le moyen de créer une police. C'est une mécanique, en désespoir de cause, un desideratum.

Bruxelles. [F* 205]

Mœurs politiques.

Les Elections.

Les Troupeaux d'électeurs.

Les meetings (Lacroix. Scènes pittoresques diverses).

Les beaux langagiers.

Les caricatures.

Le prix d'une élection !

Un souvenir de toutes les chansons et de toutes les caricatures contre les Jésuites.

Variantes du sommaire : [F* 203]

Mœurs électorales. — Le coût de /élection selon la localité. — Scandales... parlementaire. — Grotesque... électorales. — Meeting... siècles.

PAUVRE BELGIQUE. I 3 l

Bruxelles. rpi ^o^i

Mœurs politiques.

M. Vléminckx, allez vous laver! Cinq centimes. Electeurs, ayez pitié des pauvres aveugles.

(Copier l'affiche.) J'ai dit! Tous.

La caricature contre les libéraux.

La caricature contre les cléricaux.

L'une à côté de l'autre.

On a consenti, d'après une correspondance de Charleroi, à ne pas insulter M. Dechamps.

PeupI

e magnanime

Un cadavre de peuple. Un cadavre bavard, créé par la diplomatie.

Les Français ont-ils assez fait l'éloge de l'Amérique et de la Belgique. Je parie qu'en ce moment même, à propos des élections...

<Preuv> Bruxelles. [F' 207]

Politique.

Preuve de l'épouvantable corruption belge en matière d'élections.

«Voici, d'après les documents parlementaires, le texte du projet de loi destiné à réprimer les fraudes en matière électorale. »

Suit le projet de loi.

37 articles ! ! ! !

pour prévenir TOUS LES CAS de sauvagerie quelconque!

trois colonnes pleines de V Indépendance Belge.

D'ailleurs, c'est une chose avérée en Belgique que telle élection, en telle localité, coûte tant. Le prix est connu, pour <toutes> toutes les localités (procès pour dépenses électorales).

Bruxelles. [F' 208]

Mœurs politiques.

M. Vleminckx, allez vous laver !

Cinq centimes.

Esprit belge, délicat, fin, poli, subtil, ingénieux.

Mœurs électorales. [F' 209]

Echo de Bruxelles, 5 août 1864.

[Nous donnons les passages encadrés au crayon rouge ou soulignés dans la coupure. ]

La Société de S' -Joseph, cercle catholique de bas étage de Gand, renferme près de 2.000 membres. On y a organisé des bandes de courtiers électoraux, des meneurs armés de bâtons, décidés à la résistance et à faire des démonstrations qui sont loin d'avoir un caractère légal . . .

De Stad Gent, organe libéral famand de Gand, dénonce l'organisation d'une bande de Joséphites du cercle catholique, au nombre de joo , soudoyés, embrigadés pour agir sur l'ordre des chefs et des meneurs.

Un épisode curieux [au cours d'une réunion tenue à Anvers] a été l'accueil fait à l'ancien héros des meetings, M. Jean Van Ryswyck. Son entrée a été saluée par des huées, des applaudissements et des vociférations. Voyant qu'il y avait parti pris de l'empêcher de

parler, M. J. Van Ryswyck a tiré un jeu de cartes de sa poche, l'a étalé sur la table et a demandé si quelqu'un ne lui ferait pas le plaisir de jouer avec lui une partie de piquet en attendant que le tumulte eût cessé [•• ■]

Elections. [F' 210]

Suffrage restreint.

Suffrage universel.

La Paix, 31 juillet 1864.

M. Coomans.

[Coupure,]

^ Le rédacteur fait remarquer les attitudes contradictoires du journal français le Siècle. Lorsqu'il «n'est pas au pouvoir, il proteste contre l'intervention du gouvernement dans la lutte électorale». Dans le cas contraire, il prétend éclairer les électeurs. II va même jusqu'à conseiller au cabinet belge «de ne pas abandonner sans défense les électeurs aux menées cléricales».

Les doctrinaires belges ont blâmé l'intervention du gouvernement français dans les élections ; mais maintenant ils luttent avec toutes les influences dont ils disposent. La palinodie est scandaleuse. Cette intervention gouvernementale est surtout dangereuse sous le régime du suffrage restreint. Le suffrage universel la rend moins redoutable : on ne saurait corrompre des milliers de citoyens. ^

[Pas de rubrique.] FF' 21x1

<A> Vœu d'aller voir si la petite vieille est au bord du canal.

A propos de la vie à bon marché, la seule chose à bon marché est un fauteuil à la Chambre. Une élection ici n'est pas trop chère. H y a des députés qui n'ont pas payé la leur plus de 30.000 fr. C'est bon marché compara-

tivement à l'Angleterre et aux Etats Unis. Cela prouve qu'une conscience belge n'est pas chère, et que le palais belge n'est pas délicat.

Le mot de M. Coomans.

(De la matière Electorale).

J'ai perdu le tableau du prix des Elections, établi <par> suivant les localités.

Sancho, 21 août [i8]64. [F' 212]

[Coupure.]

Scandales électoraux.

^ II est question des épisodes scandaleux qui ont suivi la dernière élection; ds «ont dû soulever le cœur à quiconque n'est pas aveuglé par l'esprit de parti». Les accusar tions que se renvoient les antagonistes sont justifiées : «à Bastogne , on lapide les libéraux ; à Gand on bouscule un ■peu les catholiques». L'arithmétique devient une science inexacte adaptée aux besoins de la cause. Si la Chambre tient à l'honneur du pays, elle votera la loi sur les fraudes électorales. ^

Belgique. [F' 213]

Mœurs politiques.

Voir la discussion sur la réforme électorale dans le Journal de Liège (couloirs, cloisons).

[Copie autographe.]

Vendredi 28 juillet 1865.

Echo du Parlement.

M. Tesch (ministre) :

L'électeur n'a de comptes à rendre à personne... L'électeur exerce un droit de souveraineté... c'est un droit qu'il exerce et non une fonction qu'il remplit.

M. Coomans (opposition) :

C'est la féodalité des électeurs.

M. Tesch :

Ce sont là des mots, vous en faites souvent.

M. de Borchgrave (ministériel) :

<Je n'ai pas>

Je n'ai pas entendu, mais si j'avais entendu, je répondrais, va! (Hilarité.)

(A propos des dépenses électorales, des indemnités électorales. Divers, transports... etc.)

Politesse parlementaire. [F' 214]

L'Espiègle, <3i> janvier 1865.

[Coupure.]

^ Cet article constitue un bilan de la précédente année législative : accusations Je corruption, vénalité constatée, épithètes malsonnantes, injures, loi d'expédient qui a permis à un parti n'ayant plus qu'une voix de majorité de recruter des partisans . . .

Mais le Sénat, «cette grave et noble assemblée de vieillards aux cheveux blancs», a donné récemment un spectacle encore plus désolant.

Un sénateur a accusé le mmistre des finances d'avoir corrompu deux de ses collègues et le ministre, M. Frère, «est entré dans une furieuse colère». L'un de ceux oui étaient accusés a demandé ensuite la parole pour assurer qu'il avait voté selon sa conscience. ^

Aménités parlementaires. [F'' 215-216]

Question d'Anvers.

Indépendarice belge, ij novembre 1864.

[Coupure.']

M. Rogier, ministre des affaires étrangères. — En j8ji, le mouvement commercial pour la Belgique entière était de 100 millions et en 186^ pour Anvers seul, il est de 600 millions.

M. d'Hane Steenhuyse. — Et en i86j pour la Belgique entière ?

M. Rogier. — // est de deux milliards. Il est clair que, Anvers prospérant, la Belgique doit prospérer, et vice versa. Est-ce donc le cas de s'écriei' : Pauvre Anvers, pauvre Belgique? Non! Riche Belgique et riche Anvers. L'honorable député d'Anvers s'est donc complètement trompé lorsqu'il a assimilé Anvers à Boulogne. Ce n'est pas l'avis de la Chambre de commerce d'Anvers et à moins de soutenir qu'elle ne soit composée que de ministériels serviles . . .

M. Delaet. — Elle change d'avis d'un jour à l'autre, comme certains membres du Sénat. (Agitation.)

M. le Président. — Il n'est pas dans nos habitudes , et je ne crois pas qu'il entre dans notre droit de blâmer ce qui se tait dans l'autre Chambre. J'engage M. Delaet à retirer cette parole.

M. Delaet. — J'ai constaté un fait sans incriminer les intentions.

M. le Président. — Vous n'avez pas le droit de blâme.

M. Delaet. — Je n'ai blâmé personne.

M. le Président. — Vous n'avez pas eu l'intention de donner un éloge apparemment.

M. Delaet. — Ni éloge, ni blâme.

^ La discussion se poursuit sur le même ton amène. M. d'Hane Steenhuyse se plaint des assertions insultantes du ministre, qui réplique : «Quand vos assertions ne seront pas exactes, je n'hésiterai pas à le dire». ^

M. d'Hane Steenhuyse. — Je laisse à M. le Président le soin de contrôler de semblables paroles. Ailleurs, il en serait autrement.

^ Réponse de Rogier qui prend à témoin le Président qu'il n'a pas voulu blesser la Chambre. ^ L'incident est clos.

M. Delaet , sur le fond. — Je ne suis pas fâché de l'espèce de violence que M. le Ministre a mise dans les dernières paroles qu'il a prononcées. Il a gardé vis-à-vis des députés d'Anvers l'attitude prise par la Chambre ,

c'est-à-dire que leurs intentions sont toujours suspectées. Tout ce qu'il y a de loyal, d'honorable, de sérieux à Anvers n'est pas de notre opinion. Je vais vous dire l'équivalent de ces mots : il se trouve dans l'adjectif «ministériel». Que l'on soit n'importe quoi, du moment que l'on est ministériel, on est sérieux, honorable, loyal.

M. le Président. — M. Delaet, à qui cela s'adresse-t-il?

M. Frère, ministre des finances . — Oui, à gui cela s'adresset-il ?

M. Delaet. — A vous, si vous voulez. Cela s'adresse à quiconque est ministériel à Anvers.

M. Ch. Lebeau. — Oh ! vous pouvez insulter les Anversois tant que vous voudrez.

M. Delaet. — On nous accuse d'insulter la Chambre de commerce d'Anvers, qui est tout ce qu'il y a de plus loyal, de plus sérieux, de plus honorable, — vous connaissez l'équivalent, — mais n'a-t-elle pas protesté contre vos citadelles? Je n'attaque pas sa loyauté, mais sa logique. Aujourd'hui , elle n'attaque plus les citadelles, et cela arrange le ministère, je le comprends. Je n'incrimine les intentions de personne, mais je dis qu'il y a là ce qu'on appelle une palinodie. Si vous voulez avoir véritablement l'opinion du commerce d'Anvers, rendez la Chambre de commerce élective. Mais vous attendrez pour cela que la Chambre de commerce ne puisse plus vous échapper.

Pourquoi vous plaignez-vous ? nous dit-on. Nous ne nous plaignons pas de ce qu'Anvers n'a pas prospéré depuis 1829, mais de ce qu'elle est déchue. Est-ce la faute d'Anvers? Est-ce la faute de l'intérieur? Est-ce la faute de certains industriels belges ? Je ne défends pas ce qui se fait à Anvers. Elle a des torts, comme les ministres, comme tout le monde. Vous voyez comme nous sommes. Nous sommes tellement égoïstes à Anvers, que la vérité seule peut nous séduire : nous voulons la lumière, nous; nous ne la mettons pas sous le boisseau, nous. Quand on nous prouvera que nous avons tort, nous le reconnaîtrons. Je dirai plus. Je ne suis pas venu ici pour mon plaisir, moi; j'y suis venu contre mon gré. Quand les bastilles tomberont (rires) , j'en prends l'engagement, je sortirai de cette Chambre (Nouveaux rires). Oh !

sans doute , il y a peut-être ici des membres qui ne comprennent pas cette abnégation (rires); je ne leur en fais pas de reproches.

^ La fin de l'intervention de Delaet peut être résumée ainsi : Anvers ne demande qu'une chose, qu'on diminue les entraves qui pèsent sur elle. Elle ne faillira pas à sa mission , mais qu'on lui laisse sa liberté que les fortifications gêneraient, sans quoi elle saurait bien faire valoir ses droits au moyen de ses votes. ^

Aménités parlementaires. [F' 217]

Etoile Belge, 3 juin 1864.

[Coupure.]

M. Hymans :

M. Soenens a parlé bier de la question des

cimetières. M. Soenens nous a parlé d'une prétendue circulaire de M. de Haussy qui est une pièce tronquée.

M. Nothomb. — Quelle circulaire ?

M. Hymans. — Une prétendue circulaire de M. de Haussy, falsifiée... M. Frère l'a dit au Sénat, en 1862. Il a dit que cela n'est pas le fait d'un honnête homme.

M. Nothomb. — De qui voulait-on parler ?

M. Hymans. — Je n'en sais rien.

M. Goblet. — Si vous le savez, dites-le.

M. Hymans. — M. Soenens a fait usage ici d'une pièce falsiûée, sachant qu'elle l'était. Je laisse le pays juge de cette façon d'agir. Du reste M. Soenens a dit bier tant d'énormités !. . . N'a-t-il pas justiûé les captations?

M. Dumortier. — Il n'y a pas eu de captation.

M. Hymans. — Ce n'est peu moi qui ai parlé le premier de l 'affaire Nedonchelles . . .

M. Dumortier. — ^l '"■'y <^ p^^ f" de captation. Je ne veux pas qu'on attaque les absents.

M. le Président. — M. Dumortier, vous n'avez pas la parole.

M. Dumortier. — Je ne souffrirai pas . . .

Voix nombreuses : A l'ordre ! M. le Président rappelle M. Dumortier à l'ordre.

M. Dumoi-tier. — Je n'ai pu permettre que l'on accuse M. le comte de Nedoncbelles de captation . . .

M. Bara. — Mettons interposition de personnes.

M. Dumortier. — M. de Nedoncbelles est incapable de pareille cbose.

M. le Président. — Tout cela ne prouve pas que vous ayez le droit d'interrompre.

M. Dumortier. — Vous n'avez pas le droit de m'interrompre non plus ... Ce serait la dernière des iniquités.

M. Goblet. — M. Dumortier n'a pas été rappelé à l'ordre pour avoir interrompu, mais pour avoir voulu parler trois fois de suite malgré la sommation du président,

M. Dumortier. — Le président n'a pas rappelé à l'ordre hier un membre de la gaucbe qui a dit à M, Soenens : a C'est taux»; mais on me rappelle à l'ordre parce que je suis de la droite. Le pays jugera.

M. le Président. — Vous insultez le président. Je consulte la Cbambre sur le maintien du rappel à l 'ordre.

M. Guillery soutient que M. Dumortier a été rappelé à l'ordre pour avoir manqué de respect au président de l 'Assemblée. Il engage la droite à voter le maintien du rappel à l 'ordre.

M. Dumortier. — Je ne pouvais pas souffrir qu'on accusât un de mes amis d'une interposition de personnes.

M. Pirmez. — Je demande le maintien du rappel à l'ordre, parce que M. Dumortier en abuse; il en est ûer et le recherche.

M. Dumortier. — J'ai le courage de mon opinion.

M. Pirmez. — Si tout le monde, si dix membres seulement se conduisaient comme M. Dumortier, l'autorité du président serait détruite, et il n'y aurait plus de discussion possible.

Aménités parlementaires. [F' 218]

Etoile Belge, 3 juin 1864.

[Coupure.]

M. Hymans, doctrinaire

Après ce discours s'est levé un orateur jeune,

l4o ŒUVRES POSTHUMES.

ardent , fougueux , débordant d'indignation , un orateur qui est l'espoir du vieux parti romain, qui a porté à Rome une partie du denier de Saint-Pierre et qui en est revenu comblé des marques particulières de la bienveillance du Saint-Père.

M. Soenens. — Ce n'est pas vrai!

M. le Président. — Le mot n'est pas parlementaire.

M. Soenens. — C'est un fait personnel.

M. le Président. — ■ Vous répondrez.

M. Hymans. — Je fais votre éloge, le fait n'est que très flatteur pour vous. Dans tous les cas, M. Soenens a été choisi par l'évêque de Bruges pour remplacer ici M. Devaux . . .

M. Dumortier. — On insulte une partie de l'assemblée !

Le Président. — J'ai laissé dire hier par M. Soenens le mot de bouffonnerie. Je veux qu'une grande latitude soit laissée à cette discussion. Mais je ferai respecter le règlement.

M. Hymans. — M. Soenens, désigné par l'évêque de Bruges pour remplacer M. Devaux , a reçu une brillante ovation au Congrès de Malines.

M. Coomans. — Est-ce pour cela que le ministère a retiré sa démission? (Rires.)

M. Hymans. — Non, mais c'est pour cela qu'il l'a donnée. On a agité le pays depuis trois mois pour nous fournir le joli échantillon d'éloquence parlementaire que nous avons entendu hier. ( Rires. )

M. de Theux. — Jamais je n'ai vu les discussions descendre à un pareil degré.

M. Allard. — Il fallait dire cela hier, quand on a appelé M. Bara bouffon.

M. Van Overloop. — Cela ne se passerait pas sous la présidence de M. de Morny au Corps législatif de France.

M. le Président. — Est-ce à moi que s'adresse M. Van Overloop ?

M. Van Overloop. — Non, M. le Président, c'est à l'Assemblée.

M. Hymans. — M. de Theux n'a pas la police de la salle,

M. de Theux. — J'ai mon opinion.

M. Hymans. — Il aurait fallu l'exprimer tout-à-l'heure quand M. Soenens m'a interrompu d'une façon plus qu'inconvenante.

PAUVRE BELGIQUE. i^l

Grotesque discussion [F" 219 et 222]

sur les précautions électorales.

Journal de Liège, 24 juillet 1865.

[Coupures.]

*l M. de Theux ironise sur le vote par ordre alphabétique , qui a été repoussé par la Chambre et «que l'on a appelé plus justement le désordre alphabétique», puis donne son avis sur une seconde disposition. ^

Le couloir, nous dit-on, n'est pas suffisant parce que l'électeur n'aura pas le temps de réûécbir. Prenez-vous donc les électeurs pour des imbéciles qui ne savent pas pour qui ils doivent voter? Si telle est votre opinion, supprimez plutôt les élections; ce sera plus franc.

^ M. Tesch, ministre, défend l'amendement : 1"

Voici un tait qui s'est passé à Gand : c'est que l'on a placé sur deux rangs les électeurs d'une commune, et on les a visités sur le corps aûn de s'assurer s'ils n'avaient pas de bulletin caché avant de se rendre dans la salle où l'on votait. Entrés dans cette salle, on les observait jusqu'au moment où ils déposaient leur bulletin dans l'urne.

^ Ces électeurs n'étaient pas libres. La mesure qu'on vient de proposer n'a que des avantages. Mis aux voix, l'amendement est adopté. M. Dumortier fait alors remarquer une contradiction. Hier, la Chambre a déclaré qu'd n'y avait pas lieu de modifier la loi de 1843. Or, l'amendement adopté demande l'abrogation d'un article de cette loi. On veut que la Chambre dise blanc et noir à vingt-quatre heures de distance. M. Dumortier continue ainsi : 1

Enveloppez votre pensée de toutes les belles phrases imaginables, il est visible pour tout le monde que vous ne voulez pas au dehors ce que vous voulez au dedans de la salle d'élection. A l'intérieur, vous' prenez des précautions pour soustraire l'électeur aux pressions, pour le livrer à lui-même; mais hors du bureau, dans la ville, il faut qu'on puisse entraîner l'électeur au cabaret pour lui escamoter le bulletin qu'il a apporté de son village. C'est

l42 ŒUVRES POSTHUMES.

par cette organisation de la fraude en détail que vous comptez maintenir une majorité que vous n'avez plus dans le pays.

Quand le paysan arrive de son village, il sait pour qui il veut voter : ses candidats ne sont pas des inconnus ; il n'est pas un électeur assermenté. Si votre amendement passe, j'en proposerai un autre pour interdire le vote sur parole d'honneur.

En attendant , je demande formellement la question préalable.

M. Dumortier. — - Je vois bien qu'on va faire des élections à coulisses; mais je voudrais savoir comment les coulisses seront arrangées. La cloison sera-t-elle enlevée pendant le dépouillement?

M. Bouvier. — C'est pour cela qu'elle est mobile.

M. Tesch. — Il est dit que la cloison restera jusqu'à la fermeture du scrutin. Lisez au moins les articles.

M. Dumortier. — Pourquoi met-on une balustrade devant le bureau ? Je ne vois aucun intérêt à cette fabrication mécanique. Mais les processions autour du bureau allongeront singulièrement les opérations électorales. Combien de temps pourra-t-on rester dans le couloir?

^ Et de combien disposera l'électeur pour se rendre à l'appel du scrutin, demande M. Crombez à M. Dumortier. 1

Lorsque l'appel nominal se fait , il se trouve des électeurs plus ou moins actifs. Les uns se feront attendre; d'autres, plus actifs, se rendront promptement derrière la cloison.

M. Vermeire pense qu'il est nécessaire de déterminer le temps que les électeurs peuvent passer dans le couloir; sinon, les opérations électorales se prolongeront d'une manière démesurée.

Le couloir n'est pas d'invention nouvelle. Le rapport de la section centrale rappelle qu'il était déjà en usage à Rome, ce qui n'a empêché ni la fraude, ni la corruption électorale , ni la décadence de la république romaine.

Y a-t-il une différence entre la cloison mobile et le couloir ?

M. Crombez. — Évidemment ; voyez l'état des lieux.

PAUVRE BELGIQUE. l43

M. Vermeire. — Je ne suis pas opposé aux couloirs ni aux cloisons; mais je me demande si toutes ces formalités n'empêcheront pas les opérations électorales d'être terminées dans le temps déterminé par la loi,

M. Coomans. — Je me place au point de vue de la dignité du corps électoral; car je ne crois pas qu'il y ait une question de parti derrière ce couloir ; vous passerez sous le joug comme nous.

Il est important de savoir combien de temps l'électeur pourra rester dans le couloir; car si un électeur peu lettré est obligé d'écrire un bulletin derrière la cloison, il aura besoin de plusieurs minutes. Comment le président s'y prendra-t-il pour obliger l'électeur à bâter ses pas ? Voyez-vous tout le corps électoral attendre la sortie de cet électeur? et s'il se tait attendre longtemps, que de commentaires! (Hilarité prolongée.) Je désire que l'honorable rapporteur s'explique sur ce point.

Il y a des électeurs qui sont hydropiques, aveugles, paralytiques , des électeurs qui ne peuvent marcher seuls. A qui permettrez-vous de l'accompagner [sic]? Et si vous permettez un compagnon , que de fraudes ! Vous faites marcher beaucoup de monde; mais jusqu'ici vous n'avez pas fait marcher seuls des aveugles ou des paralytiques. Je désire savoir comment vous opérerez ce miracle.

La balustrade m'offusque moins que le couloir. Cependant il me semble qu'on cherche à isoler le bureau autant que l'électeur et à le soustraire à l'attention des curieux.

Supprimons tout cet attirail d'opéra-comique et laissons les électeurs circuler librement dans la salle. Donnez-leur au moins cette liberté-là, puisque vous leur en enlevez tant d'autres.

1" M. de Theux trouve juste l'observation de M. Coomans au sujet des infirmes.

Si l'on ne détermine pas le temps alloué à l'électeur pour voter, on risque d'obliger les gens de la campagne à passer deux jours au chef-Ii.u ou à se retirer. ^

D'un autre côté, il ne me paraît pas possible de déterminer le temps laissé à l'électeur. Il y aurait peut-être un moyen : ce serait d'établir plusieurs couloirs; quand

l'un serait plein , on ferait entrer l'électeur suivant dans l'autre.

M. Crombez. — M. Vermeire a demandé quelle différence il y avait entre une cloison et un couloir ? Nous avons modifié le ■projet en ce sens qu'au lieu d'établir un couloir, au milieu de la salle, nous avons établi une cloison qui s'enlève à volonté.

Quant à quelques expressions de M. Dumovtier, on me permettra de ne pas y répondre ; elles seraient plus à leur place un jour de mardi gras.

Si l'électeur ne veut pas s'avancer, on en appellera un autre. (Interruption.)

Certainement, ou bien quand un électeur restera trop longtemps dans le couloir, le président le fera sortir et en appellera un autre. Le premier aura son tour au réappel.

M. Coomans a dit que l 'électeur serait humilié de passer dans le couloir. Je regrette qu'un argument aussi peu sérieux soit présenté dans cette assemblée. Est-ce que les jurés que l'on confine aussi à l'étroit se trouvent humiliés de ce procédé prescrit par la loi ?

Ce n'est pas par les facéties dont vous émaillez vos discours que l'on répond sérieusement à un projet de loi.

M. Coomans a dit que le bureau serait isolé. Cette observation n'est juste qu'au moment de l'appel nominal, mais non au moment du dépouillement. Lorsque le dépouillement aura lieu , la cloison disparaîtra, et les électeurs rentreront dans leur droit de circuler autour du bureau, (Interruption.)

M. Bouvier. — Voilà bien des interruptions à droite.

M. Crombez. — Je ne puis répondre à toutes ces interruptions. Je le répète, le bureau ne sera pas isolé, puisqu'au dépouillement la cloison sera enlevée.

M. Coomans. — Et s'il survient une contestation pendant le scrutin ?

M. Crombez. — Le même inconvénient existe aujourd'hui.

M. Hymans croit qu'on pourrait dire dans la loi que les inûrmes, comme les membres du bureau, ne seront pas tenus de passer par le couloir.

M. de Naeyer est partisan d'une cloison mobile ; mais si l'on reconnaît l'utilité d'une balustrade , il faut qu'elle soit placée de manière à permettre le contrôle des électeurs.

PAUVRE BELGIQUE. l45

M. Dumortier. — La balustrade ne sert à rien. ^ M. de Naeyer ne comprend pas non plus la nécessite

de la balustrade.

M. MûIIer la trouve nécessaire «pour qu'on ne puisse pas

plonger les regards dans le couloir». ^

M. Dumortier. — Si vous voulez des balustrades , établissez-les sur les côtés et non en face du bureau,

^ L'article est voté dans sa première partie (cloison mobile) puis dans sa totalité. ^

Précautions électorales. [F' 220]

Journal de Liège, 24 juillet 1865.

[Coupure.]

^ Compte rendu d'une séance de la Chambre au cours de laquelle ont été prises deux résolutions qui contribueront à soustraire les électeurs au contrôle que prétend exercer le clergé, surtout dans les campagnes flamandes.

— L'appel des électeurs sera lait par ordre alphabétique d'après une liste . . .

— En cas de réclamation, le bureau décidera en ne prenant en considération que les listes officielles dressées par les communes.

La droite a combattu cet amendement, mais il a été voté par toute la gauche. ^

L'art. ^, qui prescrit un couloir ou une cloison, pour donner à l'électeur deux minutes de liberté, et qui interdit le stationnement derrière le bureau pendant le vote, cet article, contre lequel les feuilles cléricales et leurs alliées, les feuilles radicales , avaient accumulé tant de plaisanteries saugrenues, a été voté par ^2 voix contre 16 et ^ abstentions, avec un amendement de M. Hymans qui dispense les aveugles et les inûrmes de passer par le couloir.

Voici la rédaction proposée par le bureau central : Art. 4. Derrière la table où siège le bureau, sera dressée, jusqu'à la fermeture du scrutin, une cloison mobile de deux mètres dix centimètres de hauteur, formant un couloir par lequel chaque électeur appelé, s'il

l46 ŒUVRES POSTHUMES.

n'est pas membre du bureau, passera isolément, pour aller remettre son bulletin.

Cette cloison aura une longueur de quatre mètres au moins, et en tous cas suffisante pour soustraire momentanément l'électeur à tous les regards.

En face du bureau, il sera établi une balustrade qui n'en intercepte aucunement la vue et qui sera ouverte aux deux extrémités pour l'entrée et la sortie des électeurs. Le président veillera à ce que ces passages soient toujours libres pendant l 'appel nominal et que personne n'y exerce de surveillance sur l'électeur.

M. Coomans , à l'occasion de cet article, s'est livré à toutes ses jongleries, que M. Grombez a qualiûées de facéties de mardi gras, et M. Dumortier a beaucoup égayé la Chambre par l'exagération de ses accusations tragico-comiques. Aussi son succès a été tel, qu'au vote quelques-uns de ses amis politiques se sont joints à la gauche, pour admettre le couloir et la balustrade.

Cette séance bien remplie prouve que la Chambre veut avancer dans la discussion. On peut espérer que la loi pourra être votée cette semaine.

Précautions électorales. [F' 221]

Les marionnettes du jour, i*' août 186^.

[Coupure entourée d'un trait au crajon rouge.]

AI. J. JouRET Parmi les Sages. — Et c'est ce que fit bientôt voir M. J. Jouret, représentant de Soignies :

<( Messieurs , a-t-il dit, je ne sais pas ce que peut faire au fond de la question de jeter le ridicule sur une disposition (celle du couloir), qui, qu'on la trouve bonne ou mauvaise, est proposée dans le but le plus louable et qui sera d 'une utilité évidente. »

Cette prose fashionable a détruit le monument si laborieusement édifié par M. Orts ; il est vrai que M. Jouret ajoutait :

((L'électeur ne manqua a pas de se présenter à l'élection, après avoir caché son billet en un endroit 011 personne n'ira le chercher (!!!) — et où il saura bien le trouver, lorsqu'il sera derrière ce couloir protecteur, si bien inventé selon moi. »

Soit ! mais au nom de la pudeur, que l 'on écarte les jeunes filles et les adolescents de ce vestiaire étrange, car je me représente d'avance les scènes les moins édifiantes auxquelles il servira de théâtre.

[P 223] \La] Rive Gauche, dimanche 5 nov[embre] 1865.

[Coupure.]

^ Le rédacteur rend compte d'un «Meeting républicain» qui a réuni, pour quelques heures, aux «démocrates socialistes bruxellois» (convoqués précipitamment par une lettre circulaire de D. Brismée) les étudiants français revenant du Congrès de Liège et allant «se replacer sous le joug odieux qui pèse sur la malheureuse France». ^

A l'heure dite, se pressait dans la salle de l'Association Le Peuple, une fouie sympathiquement émue, pleine de courage dans le présent, de foi dans l'avenir. On sentait régner dans cette réunion improvisée , l'amour de la justice et de la fraternité.

^ Le citoyen Brismée donne la présidence au citoyen Fontaine ; celui-ci fait le procès de la presse belge qui a altéré les discours prononcés au Congrès. Deux seuls journaux ont montré de la bonne foi : la Gazette de Liège, parce que, audacieusement catholique, elle «a montré les conséquences odieuses, anti-socialcs du catholicisme», et l'Echo de Liège, *|[

Mais ce journal qui n'est sans doute pas aussi richement subventionné que son confrère, qui ne s'alimente pas comme lui des aumônes du catholicisme expirant, qui n'a pu payer un sténographe , a été nécessairement incomplet.

*l Un parti nouveau s'affirme cependant avec autorité : le parti radical.

Suivent de nombreux discours, plusieurs d'une violence agressive. Voici les passages que Baudelaire a soulignés : ^

Le citoyen Tridon, étudiant français :

Citoyens, la Gazette de Liège a été logique, la lutte est en ce moment entre l'Homme et Dieu, entre l'avenir et le passé [•••]

Où est la réaction? Elle est à Rome, dans le palais des Papes , là est son centre d'action, là nous devons l'attaquer et la détruire. Le catholicisme est le grand adversaire de la Révolution [. ..]

l48 ŒUVRES POSTHUMES.

Je le répète, le catholicisme a été le dogme du monde, c'est à la Révolution qu'il appartient de l'anéantir. Mais la Révolution ne peut s'accomplir que par la force, et cette force, elle est en nous. Nous vaincrons.

Citoyens, j'ai parlé à bâtons rompus, mais vous le savez, dans mon malheureux pays, on ne parle pas. ..

Le citoyen Pellering :

Je suis ouvrier, c'est au nom des ouvriers cjue je demande la parole. C'est par l'alliance, par la fraternité des étudiants et des ouvriers, que la Révolution sera sauvée. Je m'adresse

particulièrement aux étudiants . , .

Le citoyen Casse, étudiant français :

Citoyens, on vous l'a dit, en France, on parle bas ; ici, je suis tout étonné de parler haut, et je parle sans crainte, le cœur est éloquent. . .

Soyons nettement, carrément, hardiment révolutionnaires, ou bien retournons à Rome et baisons la mule du Pape.

Le citoyen Sibrac, étudiant français :

Je n'ai pas pris la parole à Liège, l'intolérance de la minorité réactionnaire de l'Assemblée m'en a empêché. Ici, dans cette assemblée cordiale et fraternelle , qui a du cœur peut s'exprimer librement.

Je n'ai que deux mots à dire.

Je vois ici des femmes, je les remercie d'être venues. Il faut qu'avec nous elles sachent pourquoi nous luttons, il faut qu'elles comprennent nos aspirations. Elles ne doivent pas rester en dehors du mouvement Révolutionnaire, il faut qu'elles nous suivent de leurs efforts dans la rénovation sociale.

Elles ne nous feront pas défaut, j'en suis sûr. C'est Eve qui a jeté le premier cri de révolte contre Dieu.

Le citoyen Brismée :

Citoyens, vous le savez, aujourd'hui les bourgeois sont des assassins et des voleurs. Assassins ! oui, je le dis, le riche qui proûte du pauvre, qui perçoit la plus grande masse de son travail, est un assassin. . ,

Le citoyen Lafargue, étudiant français :

Je serai bref : si nous sommes vraiment, nous autres étudiants, Vavant-garde du progrès, c'est que nous avons la science. Aussi j'ai demandé à Liège de l'enseignement pour le peuple, . ,

Les hommes sont solidaires , ils doivent s'unir dans le grand principe de la mutualité et repousser toute idée extra-humaine qui n'a de fondement nulle part. Guerre à Dieu ! le progrès est là.

Le citoyen César de Paepe :

Vous avez vu qu 'il y a en Belgique des positivistes , des athées , des Révolutionnaires : tous veulent la réforme sociale.

Les économistes comme Bastiat en France, comme Molinari en Belgique, proclament la gloire des travailleurs, ils proûtent en attendant des fruits de leur travail. Ils ne laissent guère au travailleur que de quoi l'entretenir misérablement dans sa vie laborieuse. Nous voulons maintenant la part du lion.

Le citoyen Rey, étudiant français :

La liberté régnera bientôt , les esclaves deviendront les maîtres , il y a place pour tout le monde au grand soleil de la Révolution,

Le citoyen Lo«son, étudiant français :

Qu'avons-nous à attendre plus longtemps la Révolution? Nous avons la force, nous sommes le peuple. C'est sur le champ de bataille qu'il faut nous donner rendez-vous. Je n'ai qu'un mot à dire : Aux armes !

Le citoyen Jacquelard, étudiant français ;

La Gazette de Liège m'a appelé cynique ; je vais vous donner, le moins cyniquement possible, un conseil pratique. La misère du peuple est un obstacle à l'instruction gratuite, on vous l'a dit; voici le moyen d'en sortir, car il ne suffit pas de montrer le peuple opprimé par la bourgeoisie, il faut la vaincre. Or, il est un congrès que nous bâtons de tous nos efforts, et qui sera d'une autre nature que celui de Liège. Il se tiendra dans la rue celui-là , et nos fusils concluront.

Citoyens, pour instruire le peuple, il est inutile de lui parler de Taines [sic], Comte ou Littré. Il sent sa misère et veut y échapper. C'est assez !

IJO ŒUVRES POSTHUMES.

Le citoyen Pellerin [5!c] :

// est vrai, citoyens , que le travail doit appartenir exclusivement au producteur, mais n'oublions pas qu'une partie doit être à la collectivité.

Les hommes sont frères, le travail doit soutenir les invalides comme les valides. On a parlé de guillotine , nous ne voulons que renverser les obstacles. Si cent mille têtes font obstacle, qu'elles tombent, oui; mais nous n'avons que de l'amour pour la collectivité humaine . . .

Le citoyen Moyson :

Quelquefois les Flamands passent pour rétrogrades, à l'étranger. On vous l'a dit, notre petite collectivité est faible. Pourtant, nous ne l'oublions pas , nous sommes les fis de ces communes qui ont fondé la souveraineté populaire.

Avec notre franchise flamande, je vous dis que la Révolution est une et s'afûrme comme elle peut. Serronsnous la main.

Le citoyen Brismce :

// faut finir, l'heure s'avance et demain nous devons travailler. Quand j'ai parlé de guillotine, j'ai vu quelques yeux se ûxer sur moi. Je sais qu'il y a ici des mouchards , pour parler net. Que nous importe ? Ces gens-là ne peuvent soutenir le regard d'un homme de cœur sans baisser les yeux.

Il ne doit pas y avoir ici d'équivoque : je dis qu'il faut se défier des républicains du lendemain; non -seulement s'en défier, mais les força à rentrer dans leurs maisons, l'oreille basse; s'ils en sortent réactionnaires , il faut les fusiller, comme ût au 2 décembre l'illustre empereur des Français; rien de plus.

Aucun orateur ne demandant plus la parole, le citoyen président Fontaine se lève :

Nous avons assisté à une fête fraternelle. Je ne veux remercier personne, chacun a pour soi la conscience du devoir rempli. . .

^ Le rédacteur de l'article conclut : ^

Après ce qu'on vient de lire, on comprendra que notre rôle se réduise à peu de chose. Que pourrions-nous dire maintenant qui ne parût froid? Cette soirée a vraiment été magni-

ûque ; c'est la plus énergique, la plus fraternelle, la plus large, la plus belle afSrmation que nous ayons Jamais entendue de la Révolution sociale. Les orateurs , acclamés et soutenus par d'unanimes et frénétiques bravos, se succédaient à la tribune comme emportés par le torrent irrésistible de l'Idée. A chaque instant il nous semblait sentir le génie de la Révolution passer sur l'assemblée et la purifier de son feu.

Angelo.

Style parlementaire. [F' 3^1 «non classé»

et non mentionné au feuillet 323]

Gazette Belge, 30 nov[embre] [i8]6^.

M. Delaet.

[Suivent trois coupures dont la première est ci-dessous résumée.]

^ M. Delaet s'en prend au patriotisme passionné qui (d'Hit sonner les canons et tonner les tamboursn. II préfère, lui, un patriotisme rationnel qui «ne va pas chercher des conseils à l'étranger». ^

La lutte, selon moi, serait aussi vive , si le parti catholique n'existait plus. Car c'est alors que vous trouveriez en face de vous un autre véritable adversaire, le parti véritablement libéral. Car vous ne faites plus un pas en avant; vous rétrogradez, au contraire. Vous variez ainsi qu'il y a un grand parti dans le pays et que ce parti n'est pas le vôtre, que ce parti a déjà des organes , qu'il a pour lui la jeunesse et l'avenir.

Placé devant ce parti, vous n'auriez pas la ressource que vous avez aujourd'hui de faire la culbute. Vous reniez ceux qui prêchent la guillotine 1 ce n'en sont pas moins vos principes.

Vous dites aux uns : « Je résisterai aux cléricaux » ; aux autres : « Ce sont vos excès qui ont fait naître ces exaltés qui demandent la guillotine». Voilà votre tour de bascule.

Mais un jour viendra où l'on vous prendra pour ce que vous êtes et où votre règne cessera.

M. Bara, ministre de la justice. — La un du discours de M. Thonissen a été véritablement ridicule. M. Thonissen a parlé de répandre la dernière goutte de son sang. C'est un moyen oratoire.

Style parlementaire. [F' 3^2 «non classé»

et non mentionné au feuillet 323]

Gazette Belge, 29 nov[embre] [i8]6^.

[Coupure entourée d'un trait rouge.]

*\\ M. Delaet attaque la nomination de M. Bara aux fonctions de ministre de la Justice. ^

L'honorable M. Bara est venu au pouvoir pour ressusciter les luttes clérico-libérales.

Il n'y avait jusqu'ici que deux partis; aujourd'hui nous en connaissons un troisième, c'est le parti constitutionnel.

Puisque vous avez fait des comparaisons , permettez-moi d'en faire une! M, Bara, c'est le frère Davenport que vous avez chargé d'évoquer le spectre noir.

Je signale de l'agitation et je risque, en ce faisant, d'être impliqué dans le crime flétri de M. Dechamps. Et malgré cela, nous venons vous dire : Prenez garde ! L'Europe se sent mal assise . . . ( Hilarité. )

Riez et criez , pourvu que vous n'empêchiez pas les sténographes de m'enlendre, c'est tout ce que je demande.

Style parlementaire. [F' 3-^3 «non classé»

et non mentionné au feuillet 323]

Gazette Belge, 29 nov[embre] [iSJô^.

[Coupure entourée d'un trait rouge.]

M. Bara.

Il faut aimer le paradoxe pour venir prétendre que la loi sur les bourses n'est pas une loi. Cette loi a été régulièrement votée et promulguée.

M. Coomans. — Je n'ai pas dit que ce n'était pas une loi; mais j'ai dit : Ce n'est pas une véritable loi.

M. Bara, ministre de la justice. — M. Coomans distingue donc , il y a des lois qui ne sont pas de véritables lois et d'autres qui le sont. M. Coomans, du reste, n'est pas jurisconsulte.

M. Coomans. — Je le suis depuis plus longtemps que vous ; je suis avocat depuis ^i ans,

M. Bara, ministre de la justice. — J'aurais cru, à vous entendre, que vous n'aviez aucune notion de droit.

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