Beaux-Arts. [F' 359 r° et v
En Belgique, pas d'Art; l'Art s'est "^ retiré du pays.
Pas d'artistes, excepté Rops\
La composition, chose inconnue. Philosophie de ces brutes, philosophie à la Courbet.
Ne peindre que ce qu'on voit (Donc vous ne peindrez pas ce que je ne vois pas). Spécialistes. — Un peintre pour le soleil, un pour la lune, un pour les meubles, un pour les étoffes, un pour les fleurs,
— et subdivisions de spécialités, à l'infini, comme dans l'industrie. — La collaboration devient chose nécessaire \
Goût national de l'ignoble. Les anciens peintres sont donc des historiens véridiques de l'esprit flamand.
— Ici, l'emphase n'exclue [sic'\ pas la bêtise, — ce qui explique le fameux Rubens, goujat" habillé de satin.
De quelques peintres modernes, tous pasticheurs, tous, des doublures de talents français. — Les goûts des amateurs. — M. Prosper Crabbe. — La bassesse du célèbre M. Van Praet, ministre de la maison du Roi. — Mon unique entrevue avec lui. — Comment on fait une collection. — Les Belges mesurent la
Variantes du sommaire : [F' 259]
... pas d'art. H s'est...
..., — excepté Rops — et Leys.
... chose inconnue. Ne peindre que ce qu'on voit, philosophie à la Courbet. — Spécialistes. — Un peintre pour le soleil , un pour la neige, un pour les clairs de lune, un pour les meubles, un... à l'infini. La collaboration nécessaire comme dans l'industrie.
< Sujets ign...> Goût... n'exclue [iic] pas la bêtise. Voyez Rubens, un goujat . . .
valeur des artistes aux prix de leurs tableaux ''. — Quelques pages sur cet infâme puffiste qu'on nomme Wiertz, passion des touristes anglais \ — Analyse du Musée de Bruxelles. — Contrairement à l'opmion reçue, les Rubens bien inférieurs à ceux de Paris''. Sculpture, néant.
Pauvre Belgique [F' 260]
De la peinture flamande.
La peinture flamande ne brille que par des qualités distinctes des qualités intellectuelles.
Pas d'esprit, mais quelquefois une riche couleur, et presque toujours une étonnante habileté de main. Pas de composition, ou composition ridicule. Sujets ignobles, pisseurs, chieurs et vomisseurs. Plaisanteries dégoûtantes et monotones qui sont tout l'esprit de la race. Types de laideur aff^reuse. Ces pauvres gens <se sont peints euxmêmes avec beaucoup de talent> ont mis beaucoup de talent à <copi...> copier leur <monstruosité> difformité.
Dans cette race, Rubens représente l'emphase, laquelle n'exclue [sic] pas la bêtise. Rubens est un goujat habiflé de satin.
Bruxelles. [f 261]
Peinture moderne.
Amour de la spécialité.
II y a un artiste pour peindre les pivoines.
Variantes du sommaire : [F* 259]
— Quelques peintres modernes. Doublures. — Les goûts des amateurs. Crabbe et Van Praet. Comment on fait une collection. — Les Belges mesurent... de leurs tableaux.
Quelques... Wiertz , passion des cohneys [iz'c] anglais.
Analyse... à ceux de Pans.
[Le texte du sommaire finit avec ces mots.]
l8o ŒUVRES POSTHUMES.
Un <homme> artiste est blâmé de vouloir tout peindre. Comment, dit-on, peut-il savoir quelque chose puisqu'il ne s'appesantit sur rien ?
Car ici, il faut être pesant pour passer pour grave.
Peinture BELGE iMODERNE. [F' 262]
L'art s'est retiré du pays.
Grossièreté dans l'art.
Peinture minutieuse de tout ce qui n'a pas vie.
Peinture des bestiaux.
Philosophie des peintres belges, philosophie de notre ami Courbet, l'empoisonneur intéressé (Ne peindre que ce qu'on voit! Donc vous ne peindrez que ce que je vois).
Verboekoven [51c] (Calligraphie. Un mot remarquable sur les Nombres) (Carie et Horace Vernet),
Portaels (de l'instruction; pas d'art naturel). Je crois qu'il le sait.
Vanderecht [51c].
Dubois. (Sentiment inné. Ne sait rien du dessin.) Rops. (À propos de Namur. A étudier beaucoup.) Marie CoIIart (très curieux).
Joseph Stevens.
Alfred <Arthur> Stevens (prodigieux parfum de peinture. Timide, — peint pour les amateurs). Vilhems [sic'].
Wiertz. La composition est donc chose inconnue.
Leys. Le plaisir que j'ai eu à revoir des gravures Keyser (!) de Carrache.
Gallait(!)
Peinture. [F' 263]
II y a des peintres littérateurs, trop littérateurs. Mais il y a des peintres cochons (voir toutes les impuretés flamandes, qui, si bien peintes qu'elles soient, choquent le goût).
En France, on me trouve trop peintre.
Ici, on me trouve trop littérateur.
Tout ce qui dépasse la portée d'esprit de ces peintres, ils le traitent d'art littéraire.
Beaux- Arts. [F' 264]
La manière dont les Belges discutent la valeur des tableaux. Le chiffre, toujours le chiffre. Cela dure trois heures. Quand pendant trois heures, ils ont cité des prix de vente, ils croient qu'ils ont disserté peinture.
Et puis, il faut cacher les tableaux, pour leur donner de la valeur. L'œil use les tableaux.
Tout le monde ici est marchand de tableaux.
A Anvers, quiconque n'est bon à rien fait de la peinture.
Toujours de la petite peinture.
Mépris de la grande.
Beaux-Arts. [F' 329 ""o" classé»]
Bruxelles.
Amateurs de tableaux.
Valent et sont des marchands de tableaux.
Un ministre, dont je visite la galerie, me dit, comme je vantais David : «Il me semble que Davidi [sic] est en hausse ? »
Je lui réponds : «Jamais David n'a été en baisse chez les gens d'esprit, »
l82 ŒUVRES POSTHUMES.
[F' 17, fragment]
L'Amateur des Beaux-Arts en Belgique.
II m'écoute fort bien, muet, automatique,
Solennel ('); puis soudain, d'un air diplomatique,
Sortant d'un de ces longs sommeils si surprenants.
Que tout Belge partage avec les ruminants.
Avec le clignement d'un marchand de la Beauce,
Me dit : «Je crois, d'ailleurs, que David est en hausse! »
Bruxelles. [F' 265]
Beaux-Arts.
MM. les Belges ignorent le grand art, la peinture décorative.
En fait de<pei...> grand art (lequel a pu exister autrefois dans les églises Jésuitiques) il n'y a guères ici que de la peinture Municipale (toujours le Municipe, la Commune), c'est-à-dire, en somme, de la peinture anecdotique dans de grandes proportions.
Bruxelles, [F' 266]
Beaux-Arts.
L'exposition, place du Trône.
Chenavard.
Courbet.
Steinle [51c].
Janmot.
Koulback [5îc].
Grande frise.
Blucher [itV].
Le Roi.
f V. 2, raturé: Recueilli; puis soudain...
^ Michel Bérend, «sous le coup d'une émotion profonde)), annonce à la rédaction du journal, dans lequel Baudelaire a découpé la note que nous résumons, la mort de «l'illustre Wiertz», «cet homme extraordinaire qui, pour ne penser qu'en couleurs, n'en était pas moins l'un des penseurs les plus profonds et les plus généreux de tous les temps)). Wiertz est mort comme il avait vécu, c'est-à-dire «en libre penseur et sans le concours du clergé)). ^
[Cette coupure, dans le manuscrit, est collée au dos du faire-part qui suit.]
Les Parents et Amis ont la douleur de vous informer de la perte cruelle que la Belgique entière et l'Art moderne viennent d'éprouver en la personne de
Antoine WIERTZ Peintre d'Histoire, né à Dinant, décédé à Ixelles, le dimanche 18 juin 1865.
L'Inhumation aura lieu le mercredi, 21 juin, à 3 heures de relevée.
On se réunira au MUSÉE wiertz, Ixelles, quartier Léopold.
Bruxelles. [F' 269]
Peinture.
Wiertz partage la sottise avec Doré et Victor Hugo. Les fous sont trop bêtes (Bignon).
Bruxelles. [F' 270 r° ci v"]
Peinture moderne.
Peinture indépendante, Wiertz. Charlatan. Idiot, voleur.
Croit qu'il a une destinée à accomplir.
l84 ŒUVRES POSTHUMES.
Wiertz le peintre philosophe littérateur. Billevesées modernes. Le Christ des humanitaires. Peinture philosophique.
Sottise analogue à celle de Victor Hugo à la fin des Contemplations.
Abohtion de la peine de mort.
Puissance infinie de l'homme
<comn...> les foules de cuivre.
Les inscriptions sur les murs. Grandes injures contre les critiques français et la France. Des sentences de Wiertz partout. M. Gagne. Des utopies. Bruxelles capitale du monde. Paris province. Le mot de Bignon sur la bêtise des fous.
Les hvres de Wiertz. Plagiats. II ne sait pas dessiner, et sa bêtise est aussi grande que ses colosses.
En somme, ce charlatan a su faire ses affaires. Mais qu'est-ce que Bruxelles fera de tout cela après sa mort [?]
Les Trompe-I'œil.
Le Soufflet.
Napoléon en Enfer.
Le Lion de Waterloo.
Wiertz et V. Hugo veulent sauver l'humanité.
Musées. Musée de Bruxelles, [F" 272 et 273]
Grossièreté de Vanthulden. Retroussement des septuagénaires. Saletés flamandes (toujours lepisseur et le vomisseur). Ainsi ce que je prenais autrefois pour des caprices d'imagination de quelques artistes est une vraie traduction de mœurs. (Amoureux qui s'embrassent en vomissant.)
Van de Plaas et Pierre Meert.
Tableaux tout aussi mal étiquetés qu'en France.
Moineries de Philippe de Champagne.
Un canal de Canaletto.
Tintoret (la Madeleine parfumant les pieds de Jésus).
Paul Véronèse. Esquisse. Abrégé de la Cène du Louvre.
Véronhe. La présentation.
Véronèse. Une pluie de couronnes (rappelant le plafond de Véronèse du Grand Salon).
Guardi, étiqueté Canaletto.
Un beau portrait de Titien.
Un Albane agréable, le premier que je voie.
Préti, viol, bataille, œil crevé.
Tintoret. Naufrage au fond d'un palais (voir le Catalogue).
Metzu. Cuyp. Maas. Téniers. Palamèdes.
Beau Van der Neer. Ryckaert (fait penser à Lenain). Superbe Meert. Janssens. Superbe Jordaens.
Rembrandt, (froid). Ruysdael (triste).
Curieuse esquisse de Rubens, très blanche.
Superbe Rubens. Les fesses de la Vénus, étonnée mais flattée de l'audace du satyre qui les baise.
Peter Neefs. Eglise gothique, déjà ornée de statues et
d'autels Jésuitiques.
David Téniers /^ , i \
T^ . , -T-' • (très beaux).
David 1 emers ^ '
<Backys>...
Backuysen \sic^ (banal).
Portrait de femme, honnête femme à la Maintenon,
par Bol.
Jean Steen, 2 tableaux, dont un très beau.
Sottise et crapule flamande.
Musée de Bruxelles. [f^* 274]
Van Dycb, CoilTeur pour Dames.
Silène, superbe tableau, étiqueté Van Dycb, à rendre à Jordaens.
Jordaens. Le Satyre et le Paysan.
l86 (EUVRES POSTHUMES.
(Jordaens est plus personnel et plus candide que Rubens. De la fatuité de Rubens. Les gens <fas...> fastueusement heureux me sont insupportables) (fadeur du bonheur et du rose continus).
Isahel Clara Eug. bisp. inf. belg. et burg. prin.
A Ibertus arcbid. austriœ. helg. et burg. prin.
Portraits décoratifs, un peu plus grands que nature. Superbes Rubens , curieux Rubens.
Emmanuel Biset.
Ebermberg-Emelraet [52c] (voir le Catalogue).
Hubat Goltzius.
Smeyers (compositeur. Chose rare ici).
<Sebereck> [F' 275]
Siberechts (fait penser à Lenain).
Jordaens un exorcisme.
Jordaens un triomphe.
À propos des grands Rubens du fond :
Je connaissais parfaitement Rubens avant de venir ici.
Rubens, décadence. Rubens, antireligieux.
Rubens, fade. Rubens, fontaine de banahté. Merveilleuse richesse du Musée en fait de primitifs. Sturbant (?)
Roger de Bruges. Charles le Téméraire.
Holbein (Le petit Chien).
Les fameux volets de Van Eycb. (Superbes, mais <crapus. . .> crapuleusement flamands. ) Brueghel de Velours
Brueghel le vieux ? (voir Arthur)
Brueghel le drôle
(Massacre des innocents. Une ville en hiver. Entrée des soldats. Sol blanc. Silhouettes persanes.) Mabuse. Les parfums de la Madeleine.
Van Orley. — Van Eycb.
Heureusement pour moi, on ne voyait pas les modernes.