CHAPITRE
Page 56, 1. 21-22 : Le Cerveau belge. La Conversation belge. Nous avons vu notre auteur écrire p. 32, I. 1-2 : «Tous les Belges, sans exception, ont le crâne vide». Dans sa correspondance il pestait pareillement contre leur manque de conversation, par exemple auprès d'Ancelle, le 13 octobre 186^ :
Quant à la conversation, ce grand, cet unique plaisir d'un être spirituel, vous pourriez parcourir la Belgique en tous sens sans trouver une ame qui parle. {Correspondance générale, t. IV, p. 312.)
— I. 2« : // est singe, mais il est mollusque. Cf. dans les AmCENI- TATES BELGICy€, Le mot de Cuvier , p. 226.
Page 57, I. 6 : Z.e gandin belge. M"" Ronald Davis a bien voulu nous communiquer un feuillet détaché relatif au gandin et qui, bien que non paginé, appartint certainement à Pauvre Belgique. On y lit notamment :
II dit orgueilleusement : «Je me la casse», — ou bien : «Messieurs, vous me la faites à l'oseille. » — Si près de lui se trouve une femme qui sente bon, ne reconnaissant pas l'odeur de la famille, il s'écriera : « ça schlingue rudement ici ! )i Alors il étouffe de joie ; il se prend pour un Parisien et regarde avec dédain le duc de Brabant qui fume bourgeoisement des cigarres à deux sols.
— \. -j : Le -patriote belge. Voyez V Index.
— \. \o : Le libre-penseur belge. . . Voyez surtout les chapitres 17 et 18.
ECLAlRCISSExMENTS ET VARIANTES. 307
— I. 17-18 : Mésaventures de M. de Valbezène . . . Eug. de Valbezm, consul général à Anvers du ^ février 18^7 au 22 juin 1862, donnait des articles à la Revue des Deux- M ondes sous le pseudonyme de Major Fridolin. Mais les arcliives du Quai d'Orsay, comme celles du Consulat général d'Anvers, sont muettes quant à ses mésaventures anversoises.
Page 58, I. 13 sqq. : Le Belge sait manger sa soupe tout seul, etc. — ■ Cf., p. 227-228, La Civilisation belge, v. ^-8.
— f * 1 7 : Spleen de Paris . . , Dans le ms. ce fragment figure dans un cadre au trait l'isolant du paragraphe qui le suit. Or les deux dernières lignes s'en retrouvent dans la liste de titres des Petits Poèmes en prose que nous avons donnée à la fin du tome II (p. 307). Il y a donc lieu de croire que Baudelaire se proposait pareillement de comprendre dans cet ouvrage Singulière conversation dont notre feuillet 13 (p. 60) semble bien apporter la substance.
— I. 22-23 • ^^ Belge est fort civilise'. Il porte pantalon, etc. — Tous ces traits se retrouvent soit dans L'Esprit conforme, soit dans La Civilisation belge (^ici, p. 226 et 227-228).
Pour la suite du feuillet 17, voir notre Table de concordance, p. 288.
Page 59, 1. 12-13 : ... des dames qui laissent . . . Cf. p. .^5, I. 8-9.
— 1. 16 : Des libres penseurs qui ont peur des revenants. Cf. l'Argument chapitre 18, p. 118.
— I. 2J^-2^ : ... des officiers qui se mettent à cinq... Cf f 63,
Page 60, I. 2 : Impuissance de conversation, etc. — Voir la note ci-dessus relative à la page 58, f 17.
— I. 14 : (Les bottes de l'Empereur pleines de mercure.) Ce trait (que les parenthèses, entre lesquelles il est placé, étaient peut-être destinées à isoler du contexte plutôt qu'à l'expliquer) pourrait bien avoir été tiré de quelque journal satirique belge et constituer une allusion malicieuse soit aux difficultés qu'avait l'Empereur à se tenir à cheval, soit au mal dont on le disait atteint, — le même auquel le duc de Morny venait de succomber.
— 1. 15-18 : Ils se croient libres [•••] et les mœurs (la vie). Cette idée de Baudelaire quant à l'opposition de la constitution et des mœurs, se retrouve développée aux pages 153 et 156, f* 224 et 231, ainsi que dans une lettre à Ancelle ( CORRESPONDANCE GÉNÉRALE, t. IV, p. 320).
3o8 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.
— 1. 25-26 : Un Belge ne cède jamais le pas à une femme. . . Cf. p. 4,3, 1. 1-5.
Page 61,1. 2 : , . , avec des bagues sur des gants améthyste. Il est assez curieux de voir ici Baudelaire évoquer à propos des Belges son propre cas : dans une lettre datée du 24. août 1860, on voit, en effet, Poulet-Malassis écrire à Champfleury :
Que vous êtes dur. Qui n'a pas pa^'é son tribut à l'excentricité des costumes ? Vous avez porté un habit auvergnat. Et n'est-ce pas vous qui avez tenu sur les fonts baptismaux Christophe de velours ? Baudelaire a porté des cravates rouges, des olouses bleues et des bagues en fer par-dessus des gants améthyste, etc., etc., etc. [•••] Mémento! mémento!
— I. 13 : Leur familiarité avec l'homme célèbre. Cf. CORRESPON- DANCE GÉNÉRALE, t. IV, p. 300 :
Chacun dit ici : a Je monterai avec Nadar» (ces gens-là suppriment le «Monsieur», la familiarité étant le fait des brutes et des provinciaux).
— I. 16 : ... des Marolles, Faubourg misérable de Bruxelles, où fourmille une population autochtone qui parle un idiome hybride : le maroUien. C'était bien pis du temps de Baudelaire :
... un pullulement de guenilles en de merveilleux taudis patines de crasse, écrit Camille Lemonnier dans La Vie belge, une Cour des Miracles où fourmillaient les mendigots, les musiciens nomades, les truands riches en plaies et tous les aveugles de la Parabole.
Page 63, I. 7 : . . . horreur du rire motivé. L'auteur avait déjà relevé, chez les femmes belges, «le tic du rire sans motif» (p. 29, 1. 27). — Cf. Les Belges et la Lune, p. 222.
— 1. 26-27 • ' ' •,^"'^ore un Français qui est venu découvrir la Belgique , . . Une Causerie de l'Etoile belge en date du 13 avril 1865, où Baudelaire était précisément mis en cause — nous en reparlerons p. 324. — commençait par ces mots : «Le Figaro de Paris a depuis quelques semaines découvert derechef la Belgique ...»
Page 6^, l. 16 : ... des yeux de mouton qui révent. Voyez notre note sur la page 27, 1. ^.
— I. iS : Les Belges sont des Ruminants... — Cette définition sera reprise dans une variante de L'Amateur des Beaux-Arts en Belgique,
— 1. 21 : Pour Bruxelles, Poperingbe . . . Cf. Une Béotie belge,