‹ Juvenilia, uvres posthumes, reliquiæChapitre 86 sur 123 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Page 166, 1. 13 : Léopold /'^ Né à Cobourg en 1790, roi des Belges en 1831, mort à Laeken le 10 novembre 1865. Il avait épouse d'abord la princesse Charlotte d'Angleterre, fille du prince de Galles, puis Louise-Marie d'Orléans, fille aînée de Louis-Philippe. Cela rappelé pour l'intelligence du texte. Pour plus de détails, voir notre résumé de sa biographie par Victor Considérant (p. 1 69-1 71). — Le 21 décembre 1865, Baudelaire mandait à Ancelle : «Me voila oblige d'ajouter un chapitre sur le vieux Roi».

I. 13-18 : ... misérable petit principicule allemand [...] on l'a

déclaré immortel. — Ces traits se retrouvent dans les AmŒNITATES

BelgiCvE, Les Panégvriques du Rai (p. 226), comme l'allusion à Louis- Philippe : «II n'est pas parti en fiacre», ibid. , dans La Mort de Le'opoid I" (p. 228-229).

— 1. 18 : Ridicule panégyrique. Voyez, p. 167, le feuillet 247 et, p. 169-171, le feuillet 34.8.

— I. 18-19 : Le'jpold et Vapereau. L'article consacré à Léopold dans le Dictionnaire universel des Contemporains [\" éd., 1858) était fort élogieux, et Baudelaire, pour sa part, n'avait guère eu à se louer de Vapereau, car celui-ci, malgré le bruit fait par le procès des Fleurs du Mal, ne lui avait pas même accordé une mention, ce dont la petite presse s'était égayée. C'est ainsi qu'au Figaro (9 décembre 1858), AlFrea Demi avait montré le romancier Ignotus, l'historien Ignarus et le poëte Nullus se consolant d'avoir été, eux aussi, passés sous silence, en murmurant : «On a bien oublié notre plus grand pocte!» On trouvera d'autres attaques de Baudelaire contre Vapereau aux feuillets 252 (p. 172) et 258 (p. 177).

— 1. 21-23 : ... ce cadet [...] a volé [■■■] les louanges qu'on ne donne qu'aux héros, — Dans une lettre adressée à Ancelle, le 26 décembre 1865, Baudelaire ne se montrait pas moins sévère :

Maintenant que la grande comédie du deuil belge est finie, les articles amers sur Léopold I" commencent. C'était véritablement une triste canaille. Croyez-moi. J'ai lu les journaux trançais. En général, ils sont ineptes ; excepté un article de La Patrie, signé Casimir Delamarre , les journaux français n'entendent rien à la question belge.

Voir, dans le Figaro, un article sur Léopold — bon article signé Yvan Wœstyne — ce qui signifie van de \Vœstyy\e , officier d'artillerie belge que j'ai connu à Paris. Les officiers belges le traitent de gredin, cela va sans dire.

(CORKESPONDAXCE OEXERALE , t. V, p. 194.)

Ces articles de La Patrie et du Figaro avaient paru respectivement les II et 17 décembre 1865, mais le premier était signé de E. Boucliery.

Page 167, 1. I : Opinion de Napoléon I sur lui. Voyez p. 168,

— I. 2-3 : Ses idées [...1 sur l'étiquette. Voyez p. 171- 172, f 344. (non classé).

— I. 3-4 : Ses rapports avec sa famille. L'éducation des princes fut sévère et rigide. Le Roi recommandait de ne pas les consulter sur leurs études. «Leur en exphquer l'utilité peut être désirable, disait-il; leur donner la latitude d'exprimer une opinion serait fâcheux » ( Carlo Bronne, Léopold F' et son temps, Bruxelles, 191-7). Après la mort de Louise-Mane, il ne resta plus que trois orphelins d'une part et un souverain quasi invisible. Léopold et le prince héritier, en effet,

n'avaient pour ainsi dire point de rapports. Le père tenait son fils pour madré et rusé. A sa majorité le duc de Brabant dut se contenter d'une dotation de 200.000 francs.

— 1. 6 : Anecdote sur le jardinier. M. Bronne, dans l'ouvrage précité, mentionne que l'empereur Maximilien, qui avait épousé la prmcesse Charlotte, fille de Léopold, délaissait sa fismme en faveur de celle d'un de ses Jardiniers. Le Roi aurait-il été mêlé à cette intrigue ?

— I. 7-9 : Ses idées sur les parcs . . . Voyez la note sur la page 176,!. 18.

Page 168, I. 4.-6 : Le nouveau Roi fait son entrée sur l'air. . . La Petite Revue du 23 décembre 1865 avait enregistré, elle aussi, cette «cocasserie» déjà mentionnée dans une lettre à Ancelle en date du 21, et qu'on retrouvera au feuillet 3.^3 (p. 177)-

— l- J '■ Soyons soldats. — Exclamation par laquelle se terminait le refrain du Chant des Carabiniers Belges, paroles de L. Batardy, musique d'Alexis Ermel (1860); vovez dans le Carnet de la Fourragère, juillet 1931, un article de M. Hugène Colin à ce sujet. (Renseignement obligeamment fourni par M. Raymond Massant.)

— \. 16 : Le grand Juge de Paix Européen a dévissé son billard. — Trait repris dans les A.MCENITATES Belgic^E, La Mort de Léopold I"

Page 171, 1. lo-ii : Ses économies. Son avarice. Ivan de Wocstyne, au cours de l'article mentionné ci-dessus (p. 350), prêtait à Léopold, au jour de sa mort, une fortune de quarante a cinquante millions, et, au sujet de sa ladrerie, contait que le Roi, avant eu l'imprudence de dire : «Il est lourd», en remettant un étendard à un porte-drapeau, s'était attiré cette réponse : «Ah! sire, tout ce qui vient de vous n'est pas lourd ! »

— I. 13 : Pourquoi il passe pour un élhe de Courbet. Un passage de l'Argument (p. 167, 1. 7-9) semble apporter la réponse à cette question.

Page 172, 1. 13-16 : Le Roi Léopold et ses enfants reçoivent une indemnité de l'Empereur . . . Nous avons rappelé plus haut que Léopold I" avait épousé une fille de Louis-Philippe. — Cf. la lettre à Ancelle du 12 février 1865 :

Savez-vous que les fils du roi Léopold reçoivent, avec l'assentiment de leur papa, une rente de l'Empereur Napoléon III, comme ind,emnité de leur

Èart perdue dans rhéritage (saisi) de la maison des d'Orléans? Ames ignobles ! )ynasties condamnées ! — Notre Empereur est peut-être un grand coquin , mais il aime mieux la gloire que l'argent; à cause de cela, il est intéressant. — Du reste, je vérifierai le fait avant de le publier. — Cela n"est pas facile.

{CORRESFOtXDAKCE GÈSÈRALE , t. V, p. 4I.)

La vérité sur ce point, d'après les historiens belges dont nous avons consulté les ouvrages, serait que, le lo juillet 1856, un compromis était intervenu, accordant aux enfants de Louise-Marie une rente annuelle de 200.000 francs constituée par une inscription sur le grandlivre de la dette publique française.

— - 1. 21-22 : Cédant aux nécessités de la politique.,. Voyez p. 169, 1. 11-13.

— 1. 2y2j : ... le sieur Vapereau , faisant la biographie du sieur Vapereau , note tous ses déménagements comme des actions d'éclat. Le trait est peut-être plus malicieux qu'exact, mais il est certain que «le sieur Vapereau» ne s'est pas marchandé les louanges dans son Dictionnaire. Quant aux raisons que Baudelaire avait de le brocarder, voir plus haut (p. 350).

— 1. 30-31 : Comment [...] on expurgeait les journaux ,, . Ceci sera repris au feuillet 2^5 (p. 173).

Page 173, 1. 1-9 : Combien est sot un homme [...] qui est offensé de mourir [...] Grand signe d'imbécillité dans cette récalcitrance . . . Cf dans les AmcENITATES BelGIC/*;, La Mort de Léopold 1", I et II (p. 228-229).

— I. 22-25 • •^^ Deuil [•■•] Tout le peuple boit [...] Deuil à jet continu. Cf. la lettre à Ancelle du 21 décembre 1865 :

Tout ce deuil national s'est exprimé par une boissonnerie épouvantable. Jamais les rues n'ont été tant inondées d'urine et de vomissements. Un soir j'ai voulu sortir, et tout de suite je suis tombé par terre. (^CORRESPONDANCE

GÉNÉRALE, t. V, p. 1 84. )

— I. 28-29 : ... le Ministre de l'Intérieur. C'était alors Alphonse Vandenpeereboom.

Page 17.^, I. 9 : Toujours le cadavre de Patrocle, toujours M. Wiertz. C'est-à-dire : toujours le cadavre disputé. — ■ Voyez p. ii^, 1. 31 et la note.

— 1. 10-11 : Sera-t-il enterré à Laehen ou en Angleterre ? 11 le sera à Laeken.

Page 176, 1. 10- II : Et quelle jouissance à tirer des coups de canon pendant huit jours ! Pendant tout le deuil, c'est-à-dire du 10 au 17 décembre, jour où Léopold II fit son entrée, il fut tiré, à Bruxelles, un coup de canon toutes les cinq minutes.

— I. 16-17 • '^°" traitement comme époux de la princesse Charlotte, — pavé jusqu'à sa mort. On sait que le roi Léopold avait épousé en premières noces (mai 181 6) la princesse Charlotte, fille du prince de Galles et héritière du tronc de la Grande-Bretagne ; qu'à cette occa-

ECLAIRCISSEMEiNTS ET VARIANTES. 353

sion, il s'était fait naturaliser Anglais et avait reçu, avec le titre de duc de Keadal, une dotation annuelle de 50.000 livres sterling. Mais Baudelaire était-il bien informé quand il écrivait que Léopold conserva cette dotation-là jusqu'à sa mort ? 11 n'est d'accord en tout cas ni avec Considérant ni avec Bouchery (voir les notes sur la page 166, I. 21-23), selon lesquels, à dater de son ascension au trône belge, Léopold aurait renoncé à la pension que lui faisait l'Angleterre.

., l'entretien des châteaux (Courbet), Cette note mnémo-

passent pareillement pc nature » , mais le premier à cause de son avarice.

— 1. 19 : Sa conduite vis-à-vis de Madame Meyer et de M. Meyer. — M. Carlo Bronne, op. cit., écrit en substance :

La fin de la vie du roi fut égayée par une jeune femme belle et musicienne, M"' Arcadie Claret, fille d'un major de l'armée belge; elle avait épousé à Paris un écujer du roi , Frédéric Meyer, cobourgeois d'origine qui aussitôt avait disparu. M""" Meyer s'était installée dans un confortable hôtel, ±y, rue Royale extérieure, oii elle mena assez grand train. Elle eut du Roi deux enfants (184,9 et 1852) qui furent créés barons d'Eppinghoven , le 19 septembre 1862, et devaient devenir respectivement écuyer et maréchal de la Cour du duc de Saxe-Weimar-Gotha. Cette liaison ayant causé quelaues murmures, la jeune femme mena alors une vie moins voyante. Cependant on la retrouve bientôt installée à Laeken même, dans le château de Stelenbosch. En 1862, quand Léopold fut atteint de la gravelle, elle le soigna avec un grand dévouement. Cette même année, le souverain ayant dû subir une nouvelle opération, elle se retirait, sur sa demande, à Wiesbaden. Mais un mieux s'étant produit, elle revenait, et durant près de six mois où il garda la chambre, il n'allait plus guère admettre qu'elle à son chevet.

— l. 27-28 : Le nouveau Roi est intronisé... Vovez la note sur la page 168, 1. ^-6.

— l. 29-30 : ... Neyt . . . Voyez la note sur la page 202, 1. 6.

Page 177, 1. 3 : Vapereau et Considérant, Dans la première édition du Dictionnaire des Contemporains , l'article consacré à Victor Considérant tenait une colonne et demie ! — Quant à celui de Considérant sur Léopold l", dans l'Indépendance belge, il en comptait neul !

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