‹ Juvenilia, uvres posthumes, reliquiæChapitre 87 sur 123 · CHAPITRE 2'i · texte numérisé non relu

CHAPITRE 2'i

Page 178, f 259 : ,,. Leys. L'éloge de Henri Leys auquel Baudelaire cependant semblait préférer son élève, Joseph Liés, se rencontre dans les CuHWSITES ESTHÉTIQUES , p. 319-320. — Voyez aussi le Catalogue de la collection de M, Crabbe, t. II, p. ^j.

Iir. 23

— I. 6-7 : Ne peindre que ce qu'on voit (Donc vous ne peindrez pas ce que je ne vois pas). Il semble que Baudelaire relevait ici, pour la combattre, une assertion assez téméraire à laquelle s'était laissé aller Charles Asselineau dans un article sur leur ami commun, Charles Barbara [Atbenœum français , 1856, p. 449) :

Ne peindre que ce que l'on voit, s'en tenir pour l'ensemble et pour le détail à la vérité et à l'observation, ce n'est pas seulement un principe général d'esthétlaue. c'est un des besoins les plus impérieux de l'art moderne.

Cependant Baudelaire n'a pas été sans se contredire ailleurs, cf. la variante du feuillet 262 (p. 180, 1. 11-12) et le début du chapitre III du Salon de i8^ç {CURIOS/TÉS ESTHÉTIQUES , p. 273-274). Pour Courbet, voyez \ Index de ce même ouvrage.

— 1. 20 : M. Prosper Crabbe. Voyez la description de sa galerie de tableaux, t. Il, p. 47-49- M. van Praet . .., on le retrouve dans A\l(E- NITATES BelGIC/E, L' Amateur des Beaux-Arts en Belgique (p. 220-221 ).

Page 179, 1. 2-3 : ... cet infâme puOfiste qu'on nomme Wiertz, Voyez le feuillet 270 (p. 183-184).

— 1. 20 : Rubens est un goujat habille de satin. Pour les jugements successifs que Baudelaire porta sur Rubens, voyez les Index de nos éditions des CURIOSITES ESTHÉTIQUES et de L'ART ROMAN- TIQUE, et dans Les Fleurs du AI al, Les Phares, première strophe. Le dernier en date, celui qui nous occupe, témoigne d'une tendance toujours croissante au spiritualisme.

— 1. 23 : Amour de la spécialité. Voyez à ce dernier mot les Index mentionnés dans la note précédente.

Page 180, 1. 4 : Car ici, il faut être pesant pour passer pour grave. C'est à peu près ce que notre auteur écrivait à Ancelle en constatant l'échec de ses propos ironiques (13 octobre 1864) : «Mais ici, il faut être grossier, pour être compris».

— I. 5 : Peinture belge moderne. Tous les artistes qui seront nommés ci-dessous figurent au catalogue de la collection Crabbe donné au tome II, p. 47, ou à l'Exposition de la place du Trône dont il sera question au feuillet 266 (p. 182), exception faite de Gallait, de Rops sur lequel Baudelaire se réservait de revenir, et de Wiertz qui sera l'objet des feuillets 267-270 (p. 183-184). Il semble donc que notre auteur comptait reprendre ici les impressions que lui avaient values cette collection et cette exposition, ainsi sans doute que le Musée bruxellois d'art moderne.

— I. lo-ii : ... notre ami Courbet, l'empoisonneur intéressé. Voyez la note sur la page 178, l. 6-7, et au tome I, p. 296, Puisque réalisme il y a.

— I, 13-14 : Verboechhoven (,,, un mot remarauable . . .) (Carie et Horace Vernet). Le Palais Ducal, aujourd'hui Palais des Académies, où avaient été transférées en 1862 les collections de tableaux modernes, en attendant l'agrandissement de l'» Ancienne Cour», possédait alors de E. J. Verboeckhoven deux tableaux : « Un troupeau de moutons battu par une averse» et «Animaux dans la campagne de Rome». — Son mot, peut-être celui qui est cité au début du feuillet 204 (p. 130, 1. lo-ii), entre parenthèses. Verboeckhoven avait tait des portraits des Vernet. — Voyez le Catalogue de la collection de M. Crabbe, t. 11, p. 4.8.'

— 1. 15-16 : PortaeU. Alors représenté au palais par «La Sécheresse en Judée», et à l'Exposition de la place du Trône par «Giacinta ( Etude )».|

— 1. 17 : Vanderecht. Lire : Hecht (Guillaume van der). Paysagiste, graveur et lithographe. Dans la collection Goethals, d'Anvers, mentionnée au feuillet 32.^ (p. 213), Baudelaire avait pu voir de ses œuvres et, à la place du Trône, un «Paysage, intérieur de forêt».

— 1. 18 : Dubois [Louis]. Voyez la note sur la page 27, 1. 10. A la place du Trône, il était représenté par trois toiles : «Solitude», «Nature morte» (appartenant à Poulet-Malassis), et par «le Soir, promenade dans la forêt», cette dernière en collaboration avec Léon Becker.

— I. 19 : Rops [Félicien]. (A propos de Namiir. A étudier beaucoup). — On sait que Baudelaire fut plusieurs fois , à Namur, l'invité de Rops et de son beau-père, M. Polet de Faveaux, dont on trouvera le portrait au chapitre 29 (p. 204). Pour ses rapports avec cet artiste, voyez Correspondance générale, Index.

— I. 20 : Marie Collart (très curieux). Elle débutait alors et exposait à la salle de la place du Trône : « Etude de vache » , « Etude de cheval » , «Paysage (étude)», «Tête d'étude». Par son appréciation flatteuse, Baudelaire devançait le jugement des contemporains qui, en France du moins, n'accorderont quelque importance à cette belle artiste que vers 1875. Pour ses rapports avec elle, qu'il avait connue par les Stevens, voyez l'ouvrage de M. Maurice Kunel : Baudelaire en Belgique (Ed. Soledi, 1944.), p. 68-73.

— I. 2 1 : Joseph Stevens. Alors représenté au Musée de Bruxelles par «Un épisode du marché aux chiens à Paris». Voyez notre édition des Petits Po'éaies en prose, p. 348 et, au tome II, le Catalogue de la collection de M. Crabbe. p. 48.

— I. 22 : Alfred Stevens. Il n'entrera au Musée d'art moderne qu'en 1866, avec «La Dame en rose», mais avait exposé à la place du Trône «Une scène de jalousie». Baudelaire le connaissait d'aifleurs

^"fô NOTES ET ÉCLAIRCISSExMENTS.

de longue date, lui ayant, au dire de Camille Lemonnier, son biographe, souvent rencfu visite à Paris, pour lui lire ses traductions d'Edgar Poe. — Malgré les éloges qu'il lui accorde ici comme dans le Catalogue de la collection de M. Crabbe (t. Il, p. 48), il faisait de sérieuses réserves quant à son talent ; une note originairement destinée à Pauvre Belgique sans doute, et que son possesseur actuel, M°" Ronald Davis , a bien voulu nous communiquer, en témoigne. Baudelaire y reconnaît bien en Alfred Stevens «le plus fort des peintres belges» contemporains, mais il lui reproche de ne jamais peindre qu'une petite femme, toujours la même, et de la peindre de telle sorte que l'accessoire, la bahverne — la lettre qu'elle reçoit ou cache par exemple, — devient infailliblement l'objet important. «En somme, conclut-il, c'est un peintre parfaitement flamand, en tant qu'il y ait de la perfection dans le néant, ou dans l'imitation de la nature, ce qui est la même chose.» — Sans doute ce feuillet fut-il écarté du manuscrit par Poulet-Malassis, désireux de ne pas contrister A. Stevens qui n'avait eu que de bons procédés pour Baudelaire.

Sur les rapports de notre auteur avec les frères Stevens, voyez, du reste, l'ouvrage précité de M. Maurice Kunel, Baudelaire en Belgique, p. 62-67.

— \. 2± : \il\\ems. Lire Wiiïems [Florent]. Représenté au Musée d'art moderne par «La Toilette de la mariée», tableau acquis en juillet 1864, et place du Trône par : «Intérieur rustique. Une mère instruisant sa fille». — Voyez aussi le Catalogue de la collection de M. Crabbe (t. (I, p. 49).

— L 25 : Wiertz. Voir le feuillet 270 (p. 183-184).

— Leys. Voyez la note sur la page 178, f 259. De ce peintre le Musée d'art moderne possédait depuis 184^ le «Rétablissement du culte dans l'église Notre-Dame à Anvers». If n'avait rien envoyé à la place du Trône.

— I. 27-28 : Keyser. Gallait. Ni Louis Gallait ni Aug. de Keyser n'étaient alors représentés au Musée Royal. Mais ce dernier avait envoyé à l'Exposition de la place du Trône : «Les Elections, grande nouvelle ! ».

Pages 181-182, f" 264, 329 et 17 : La manière dont les Belges\^...'^ Le chiffre [...] iL croient qu'ils ont disserte' peinture ^...'j Un rninistre , dont je visite la galerie [...] « // me semble que David [...]» Tout cela a été repris dans les AviCENITATES BelgiCtE, L'Amateur des Beaux- Arts en Belgique, p. 220-221 , et l'on a vu par le texte de l'Argument (p. 178) que l'amateur en question n'était rien de moins que M. Van Praet, ministre de la Maison du Roi et possesseur d'une des plus belles galeries dont s'enorgueillit alors la Belgique. — Pour l'autre fragment du feuillet 17, voyez notre Table de concordance, p. 288.

Page 182, I. 19 : L'exposition, place du Trône. II y en eut deux, à Bruxelles, en septembre-octobre 1864., toutes deux organisées par le Cercle artistinue et littéraire, dans le local de ladite place, l'une de tableaux, sculptures et dessins, l'autre de cartons. Les catalogues, très rares en France, s'en trouvent à l'Institut d'art et d'archéologie sous les cotes 8° H 834. et 8° H 830. Il avait été déjà question de la première aux feuillets 163 (p. loi) et 262 (p. 180).

— I. 20 : Cbenavard. Il n'était pas représenté aux « Cartons » par moins de quatorze numéros tirés de l'ensemble de ses compositions destinées au Panthéon. Voyez à son sujet dans L'Art RUMANTIQ UE, L'An philosophique , et ici, plus bas. Le Roi.

— I. 21 : Courbet. Voyez (p. 328) les notes sur la page loi , I. 22,

— 1. 22 : Steinlé. Edouard — , directeur de l'Académie des Beaux- Arts à Francfort, avait envoyé des cartons de ses «Fresques de la cage d'escalier du Musée de Cologne» (quatre numéros).

— I. 23 : Janmot. Voyez p. 339. Baudelaire semble s'être intéressé particulièrement (voyez les Index de L'Akt ROMANTIQUE, 6t% Curiosités esthétiques et de la Correspondance générale) à ce peintre, envisageant même d'aller à Lyon pour voir les nombreux tableaux constituant son Poème de l'Ame. On sait que cette suite est faite de trois séries. La seconde (période de l'Adolescence) figurait à Bruxelles pour moitié (Solitude et rêverie. — Sentiment de l'infini. — Le rêve de feu-Amour. — Feu de l'Amour. — Le doute. — La tentation. — L'orgie). Neuf autres cartons accompagnaient cet important envoi.

— I. 24 : Koulhack. Grande frise. Lire : Kaulbaci (Wilhelm de). Baudelaire a parlé de lui dans L'Art philosophique [L'ART ROMAN- TIQUE, p. 121). A la place du Trône, Kaulbach avait exposé «L'épopée de la Réforme, sixième et dernière page de l'histoire universelle», œuvre qui, par ses dimensions tout au moins, méritait bien d'être appelée «Grande frise».

— I. 26 : Blùcber. II s'agissait vraisemblablement d'un carton de Dietz (Théodore) représentant le passage du Rhin par le général Blùcher en 18 14.

— L 27 : Le Roi. Cette désignation avait trait sans doute à un carton de Clienavard (voir plus haut), et, en raison de l'intérêt que Baudelaire a marqué pour cet artiste, il ne nous paraît pas inutile de reproduire ici la note explicative qui accompagnait ce carton-là dans le catalogue de l'exposition :

Nous voyons le grand potte, ami de Louis XIV, assis dans le parc de Versailles, et lisant sa comédie de L'Imposteur à ses amis Corneille, Racine, Lafontaine, qui l'écoutent avec une attention admirative et sérieuse, comme

des génies recevant une communication d'un des leurs. Pendant la lecture, le Roi passe, accompagné de sa suite l'tincelante , de Colbert, de Louvois, de Sévio-né, de La Vallitre. Le Roi sourit au poète, qui se retourne avec respect. Ces deux majestés se saluent et caractérisent le grand siècle par leur rencontre dans ce lieu splendide et magnifique.

Page 183, L I : Michel Bérend. Auteur de La Quarantaine (Lacroix- Verboeckhoven , 1865).

— I. \<) : S, R. Entendez : Sans Réponse, sigle qui dispensait le destinataire de répondre s'il comptait se rendre à la convocation.

— I. 22 : Wiertz partage la sottise avec Doré et Victor Hugo. Dans sa lettre du 16 mai 1859 à Nadar lui conseillant de s'adresser à Doré pour l'illustration de ses ouvrages , Baudelaire avait répondu :

Certainement oui, j'avais pensé à Doré; et je ne me rappelle pas si c'est moi qui, toutes réflexions faites, l'ai rejeté à cause de l'en fanti liage qui se fait jour si souvent à travers son «génie, ou à cause de l'antipathie qu'il inspire à Malassis. Encore, je ne suis pas siîr de cette dernière affirmation.

(CORfiESl'OADAACE CÉAÉRALE, t. II, p. 315.)

Cependant il semble que des pourparlers avaient été engagés avec Doré un peu plus tard :

Quand je pense que j'aurai à supporter Doré pendant trois volumes ! ! ! soupirait Baudelaire. (CoRKESPONDAKCt géaèrale, t. III, p. 172.)

Quant à Hugo, voyez V Index du présent recueil.

— I. 23 : Les fous sont trop bétes (Bignon). On trouve dans les encyclopédies bien des Bignon, ce pourquoi nous jugeons inutile de les énumérer ici ; mais elles s'abstiennent généralement de mentionner l'acteur de ce nom dont Baudelaire, dans son Richard Wagner et Tannhàuser [L'Ant ROAl ANTIQUE , p. 246), avait vanté le dévouement à ses auteurs , grand ami de Nadar comme de Banville qui lui a consacré le chapitre Xll de Mes Souvenirs. Or, pour notre part, c'est à ce Bignon-là que nous serions portés à attribuer le mot cité, d'autant qu'on lui a prêté bien des «mots». Voyez à ce sujet l'article de Claude Picliois dans le Français moderne, juillet 1952.

— 1. 27 : Wiertz . , . Voici un articulet de la Petite Revue , 24 juin 1 865, auquel il se peut bien que Baudelaire n'ait pas été étranger, et qui nous paraît de nature à éclairer notre texte :

Cette semaine est mort... M. Antoine Wiertz, peintre célèbre dont l'atelier, bâti à l'instar des ruines de Pœctum [Poestum?], mais en briques, était visité, à raison de cinquante centimes, par beaucoup d'étrangers, notamment d'Anglais.

M. Wiertz était à la fois un grand peintre et un grand penseur. Il faisait de la grande peinture en pensée et de la grande pensée en peinture, dans un pays où ces grandes cKoses-là troublent les esprits. Il avait fait croire qu'il était un homme de génie, et le gouvernement belge l'entretenait comme tel.

aux appointements, d'ailleurs modiques, de dix mille francs par an, sans compter le revenant -bon de l'atelier- Pœctum , constri.it aux frais de la nation, encombré des œuvres de M. Wiertz, dont M. Wicrtz encaissait le prix d'entrée.

On ne se sentait pas à son aise dans cet atelier, entouré ciu'on s'y voyait de toutes parts d'épigraphes en langues anciennes, de projets Darocjues et de peintures insensées.

Les épigraphes, pour la plupart en latin et en grec, prouvaient, il est vrai, par leur incorrection , que l'auteur les avait prises dans des livres de cabinet de lecture de l'école romantic[ue, mais les projets et les peintures témoignaient, en revanche, d'une hallucination persistante de leur auteur, compliquée de nationalisme, de gallophobie et d'humanitarisme.

Parmi les projets, on distinguait un plan de Bnixelîes-Chancre s'étendant au point de faire de Paris un de ses faubourgs; parmi les tableaux, nous avons surtout souvenance d'un Napotéon en enfer, auquel les victimes de ses guerres venaient reprocher les membres qu'elles avaient perdus, en les tenant a la main. Cette conception dantesque rappelait invinciblement, dans des proportions épiques, l'orientale de Monselet sur les créanciers :

Le bottier dit : Rends-moi mes bottes ! Le tailleur dit : Rends-moi mon frac ! Tous répètent : Voici mes notes !

Tous demandent : As-tu le sac ?

Le reste était à l'avenant, et sa description nous mènerait trop loin. Voir la notice flatteuse que M. Wiertz s'est consacrée dans Vapereau.

— Le lecteur pourrait voir aussi l'articulet consacré à Wiertz dans l'Artiste le 15 août 1863, et le gros essai de Lavelaye dans la Revue des Deux Mondes le i 5 décembre 1866.

— ... voleur. Cette épithète violente est sans doute à rapprocher de l'accusation de plagiat qu'on trouve plus bas.

Page 184, I. 2-3 : Peinture philosophique. Cf. dans L'Art ROMAN- TIQ UE , L'Art philosophique.

— I. 4-5 : Sottise analogue à celle de Victor Hugo à la fin des Contemplations. — II semble que Baudelaire visait surtout Ce que dit la bouche d'ombre.

— I. 6 : Abolition de la peine de mort. Voyez l'Index à ce mot,

— !• 7 : Puissance infinie de l'homme. Une toile de Wiertz est accompagnée de cette légende : «La puissance humaine n'a pas de limite»

— I. 8 : Les foules de cuivre. Pas de tableau, que nous sachions, sous ce titre. Il semble que Baudelaire résumait là son impression quant à la couleur des toiles de Wiertz, dont la peinture revêtait une matité particulière, les reflets étant supprimés.

— 1. 9-10 : Les inscriptions sur les murs. Grandes injures contre [...] la France, Voyez l'articulet de la Petite Revue reproduit p. 338. Nous

jôo NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

avons précisément sous les yeux une lettre de Wiertz à un ami, où on le voit exhaler sa hame contre la France.

Si j'avais votre plume, le voit-on écrire, je serais bientôt parvenu à détruire ies préventions en faveur de la Grande nation orgueilleuse.

— Lu: M. Gagne. Paulm Gagne (1808-1876), «candidat surnaturel à la députation ») , auteur de VUnitéide, du Journalopbage , de la Monopanglotte ou langue universelle, etc., — un des êtres les plus falots, les plus sentencieux et les plus suffisants qui aient jamais été. A l'époque du séjour de Baudelaire à Bruxelles, Gagne accablait de lettres les correspondants parisiens de l'Indépendance , Louis Ulbach et Henri de Pêne notamment, qui ne manquaient pas de les insérer dans leurs feuilletons sans se priver d'en brocarder l'auteur. Baudelaire se proposait sans doute de le mettre en parallèle avec Wiertz qui, lui aussi, avait visé constamment à étonner ses contemporains sans marquer une grande délicatesse dans le choix des moyens, et lui aussi inventé des mots singuliers , tel la patientiotypie. Voyez à son sujet la Petite Revue, 19 mars et i^ mai 1864.

— I. 12-13 : Le mot de Bignon sur la bêtise des fous. Voyez au feuillet précédent.

— i. 14, : Les livres de Wiertz. Notamment un Salon de 18^8, un Eloge de Rubens et un cocasse essai : La critique en matière de peinture est-elle possible ?

— 1. 16-17 : Mais qu'est-ce que Bruxelles... On sait que le Musée Wiertz existe toujours.

— I. iS : Les Trompel'œil. Wiertz en avait fait de si réussis qu'on pouvait se méprendre sur la réalité des objets représentés.

— 1. 19 : Le Soumet, Titre complet : Le soumet d'une dame belge,

— 1. 20 : Napoléon en Enfer. Voyez l'articulet de la Petite Revue, ?■ 359-

— I. 21 : Le Lion de Waterloo. Autre toile où Wiertz témoignait de son horreur de la guerre et des conquérants.

— I. 22 : Wiertz et V, Hugo veulent sauver l'bumanite'. Cf. CoR- RESPONDANCE GÉNÉRALE, t. V, p. 165 :

Je connais les sous-entendus du latin de V. Hugo. Cela \^jungamus dextras'\ veut dire aussi : unissons nos mains, pour sauver LE genre humain. Mais je me fous du genre humain, et il ne s'en est pas aperçu.

— Il n'y a pas de feuillet 271 au recueil ms. en raison d'un 270 verso.

Pages 184.-186, f" 272-275 : Vu l'intérêt qui s'attache aux moindres appréciations de Baudelaire dans le domaine esthétique,

ÉCLAIRCISSEMENTS ET VARIANTES. ^6 l

nous avons cru devoir tenter d'identifier les œuvres auxquelles il se référait ici, nous aidant à cet effet du Catalogue descriptif et historique du Musée Royal de Belgique (Bruxelles, 1864.)... par Ed. Fétis — celui-là même qu'il dut consulter — et négligeant seulement les artistes qu'il se contentait de nommer sans commentaires.

Page 184, 1. 24. : Grossièreté' de Vantbulden. N° 333, «Une noce flamande» autrefois intitulée «Orgies pendant une Kermesse de village ».

— I. 29-30 : Van de Plaas et Pierre Meert. Tableaux tout aussi mal étiquetés qu'en France. Il ne peut s'agir, pour Van de Plaas (plus exactement Pierre van den Plas, de Bruxelles, à ne pas confondre avec Van der Plaas, d'Amsterdam), que du numéro 265, «La Vierge et l'entant Jésus», et, pour Pierre Meert, que du numéro 237, «Portraits des syndics de la corporation des Poissonniers à Bruxelles», tableaux dont l'attribution est restée inchangée. Dans son Catalogue des tableaux anciens du Musée de Bruxelles (2' éd., 1906), A. J. Wauters a même insisté sur la légitimité de l'attribution du premier :

Ce tableau est le seul authentique que l'on connaisse d'un peintre qui semble avoir été un des portraitistes ordinaires des gildes bruxelloises au milieu du xvii* siècle.

Page 185, 1. I : Tintoret (la Madeleine parfumant les pieds de Jésus), Dans le Catalogue de 1 864 , ce tableau ne figure pas avec cette attribution. Peut-être s'agissait-il du numéro 280 du catalogue de 1850, alors attribué à Titien : «Le Christ chez Simon le pharisien».

— I. 2 : Paul Véronèse. Esquisse. Abrégé de la Cène du Louvre. Il doit y avoir ici un lapsus calami et s'agir des «Noces de Cana» rendues par le catalogue de 1866 à Andréa de Michielli. — La Présentation. Peut-être le numéro 131, « Adoration des bergers ». — Une pluie de couronnes. N° 130, «Junon versant ses trésors sur la ville de Venise».

— I. 6 : Guardi, étiqueté Canaletto. N° 201, «Intérieur de l'Eglise S'-Marc à Venise». Dans le Catalogue de 186^, ce tableau, qui n'avait été attribué au Canaletto qu'en raison d'une erreur dans le bordereau d'envoi, a été rendu, en effet, à Guardi.

— !• 7 • ^" ^^<^" portrait de Titien. En 1858, le Catalogue en mentionnait deux : celui d'un jeune homme et celui d'un vieillard. On les retrouve, en 1864,, attribués au Tintoret, sous les numéros 281 et 282.

-V- 1. 8 : Un Albane agréable, le premier que je voie. N° 271 , «Adam et Eve dans le Paradis terrestre, au moment de la désobéissance».

— I. 9 : Préti, viol, bataille, ail crevé, N° 271, «Hécube aveuglant le roi de Thrace Polymnestor».

Page 185, 1. lo-ii : Tintoret. Naufrage au fond d'un palais. (Voir le catalogue), N" ;8o, «Le martyre de Saint Marc» (esquisse).

— I. 12 : Metzu [. . .] Palamcdes. Ces artistes étaient représentés au Musée Royal de Bruxelles comme suit : Metzu ou Metsu (Gabriel) par «La Collation» (n" 239); Cuyp (Albert) par «Intérieur d'étable» (n" 180) ; Maas ou Maes (Nicolas) par «La Lecture» (n° 232) ; Téniers le Vieux par «Le Retour de la Kermesse» et «Paysage», tableaux de Jacques d'Artliois auxquels il avait collaboré pour les figures (n"' 100 et lO-f); David Téniers le Jeune principalement par «Les cinq Sens», «Le Médecin de Village», «Paysage flamand» (n" 324.-326); Palamèdes Stevens (Antoine) par un «Portrait d'homme» (n" 261 ).

— L 13 : Beau Van der Neer. N° 2^^, «Paysage, effet de nuit», jadis : «Vue d'un canal éclairé par la lune qui s'élève à l'horizon ».

— Rvchaert (fait penser à Lenain), N° 298, «Chimiste dans son laboratoire».

— L 14 : Superbe Meert, Voyez les notes sur la page 18-}., I. 29-30.

— Superbe Jordaens. 11 y en avait alors six : n° 216, «S' Martin guérissant un possédé» ; n° 217, «Allégorie de la Fécondité» ; n" 218, « Le Satvre et le paysan » ; n° 219, « Le triomphe du prince Frédéric- Henri ae Nassau»; n° 220, «Allégorie des vanités du monde»; n° 221 , «Tête d'apôtre».

— 1. 15 : Rembrandt (froid). N° 277, «Portrait d'homme».

— Ruvsdael (triste). Il y en avait deux sous le prénom de Jacob : n° 296, «Paysage avec figures et animaux» (les figures par Van den Velde), et n° 297, «Paysage à la tour en ruines».

— i. 16 : Curieuse esquisse de Rubens , très blanche. Probablement le numéro 293, «Le martyre de Sainte Ursule et de ses compagnes», esquisse.

— 1. 17-18 : Superbe Rubens. Les fesses de la Venus... N° 292, «Vénus dans la forge de Vulcain».

— L 19-20 : Peter Neefs. Eglise gothique. Deux numéros, 233 et 253, tous deux étiquetés «Intérieur de la cathédrale d'Anvers».

— 1. 21-22 : David Téniers (très beaux). Voyez supra,

— I. 24. : Bachhuysen (banal). N° 108, «Tempête sur les côtes de Norwège», ou n° 109, «Marine» (attribuée).

— 1. 25-26 : Portrait de femme, honnête femme a la Mamtenon, par Bol. N" 121 , «Portrait de Saskia Uylenbourg, femme de Rembrandt», acquis de W. Burger en 1862.

Page 185, I. 27 : Jean Steen, 2 tableaux dont un très beau. II v en avait trois à l'époque : n° 3 1 8 , « Les Rhétoriciens » ; n° 3 1 9 , « L'opérateur», et n° 320, «La lête des Rois».

— !• 30 : Vcin Dych , Coiffeur pour Dames. Sans doute s'agissait-il d'un tableau de Philippe van Dyck, n° 193, «Jeune femme à sa toilette ».

— I. 31-32 : Silène, superbe tableau, étiqueté Van Dych, à rendre à Jordaens. N° 189, «Silène ivre, soutenu par un berger et une bacchante». On lit au sujet de ce tableau dans l'Itinéraire de la Belgique par A. J. du Pays :

Morceau de peintre naturaliste dans lequel Van Dyck, l'artiste gentilliomme

qui dérobe rarement, semble vouloir lutter avec Jordaens par la vigueur ? I j I' • • brutale de 1 exécution.

— I- 33 : Jordaens. Le Satyre et le Paysan. N° 218, on l'a vu plus haut.

Page 186, I. 2-3 : Les gens fastueusement heureux me sont insupportables. Voyez le mot Bonheur, à l'Index.

— I. 5-7 : Isabel Clara [...] Albertus arcbid. [...] Portraits décoratifs. II s'agit des portraits en buste de l'archiduc Albert et de l'mfante Isabelle par Rubens.

— 1. 9-10 : Emmanuel Biset. Ebermherg-Emelraet (voir le Catalogue), On peut croire que Baudelaire comptait retenir ce tableau-là (n° 118, «Guillaume Tell s'apprêtant à abattre la pomme placée sur la tête de son fils»), comme un exemple des œuvres collectives qu'on l'a vu dénoncer au feuillet 261, p. 179; car on lit dans le Cataloirue :

L'architecture du tableau est de Guillaume von ELrenberg communément appelé Hardenberg ou Herdenberg; le pavsage est peint par Emeiraet.

— I. 1 1 : Hubert Goltzius. A ne pas confondre avec Henri Goltzius dont des planches semblent avoir inspiré à Baudelaire Les plaintes d'un Icare et L'Amour et le Crâne. — Il s'agissait sans doute soit du numéro 24.7, son portrait par Antoine Mor, soit du numéro 35^, «Portrait de femme» à lui jadis attribué, puis placé parmi les œuvres dues à des maîtres inconnus.

— 1. 12 : Smeyers (compositeur. Chose rare ici). Représenté alors au Musée de Bruxelles par les numéros 312, «S' Norbert consacrant deux diacres», et 313, «Mort de S' Norbert».

— I. 14. : Siberechts (fait penser à Lenain). N" 31 1 , «Intérieur d'une cour de ferme».

— 1. 15-16 : Jordaens, un exorcisme [...] un triomphe. N° 216, «S' Martin guérissant un possédé», et n° 219, «Triomphe du prince Frédéric-Henri de Nassau», déjà mentionnés (p. 362).

— I. 17 : A propos des grands Rubens . . . Voyez nos notes antérieures, p. 354. et 362.

— I. 22 : Sturbant (?). Le point d'interrogation qui suit le nom semble indiquer que Baudelaire n'était pas sur d'avoir bien retenu celui-ci. Peut-être s'agissait-il d'un tableau de Stuerbout, autrement dit de Thierry Bouts dont le Musée de Bruxelles possédait «La sentence inique de l'empereur Othon» et «L'empereur Othon réparant l'injustice qu'il a commise» (n" 30 et 31 ).

— I. 23 : R\)ger de Bruges. Charles le Téméraire. Roger de Bruges, alias Roger de la Pasture, dit Van der Weyden. Son tableau figurait au Catalogue de i86| sous le numéro ^i.

— I. 2^ : Holbein (le petit Chien). N° 19, «Portrait de Thomas Morus ».

— 1. 25-26 : Les fameux volets de Vqn Eych (superbes, mais crapuleusement flamands). N° 13, «Adam et Eve», fragments de la grande composition de « l'Agneau mystique » de l'église Saint-Bavon , à Gand. — Fameux non seulement en raison de leur beauté, mais parce qu'on en parlait beaucoup alors; cf. Camille Lemonnier dans La Vie belge (Eug. Fasquelle, 1905), p. 66 :

W. Burger, d'ane Foi enflammée, célébrait la merveille de cet Agneau mystique de Van Eyck, qu'avec Félix Delhasse il avait découvert dans un recoin de l'église Saint-Bavon, à Gand, et dont les tronçons épars à Gand, à Bruxelles et à Berlin, Font, aujourd'hui, l'étonnement du monde.

— 1. 27 : Brueghcl de Velours. Brueghel le vieux? (voir Arthur). Brueghel le drôle. Il semble que Baudelaire, embarrassé de distinguer entre les Brueghel, se proposait de consulter Arthur Stevens.

— 1. 30-31 : (Massacre des innocents), etc. — Cette description correspond au numéro 2 du Catalogue où se retrouve le titre de : «Massacre des innocents» placé sous le nom de Pierre Brueghel le Vieux,

— I. 32 : Mabuse. Les parfums de la Madele'ne. A identifier probablement avec le numéro 15, «Jésus-Christ chez Simon le pharisien» (triptyque).

— I. 33 : Van Orley. Représenté par «Jésus-Christ mort, pleuré par la Vierge et par les saints personnages», une copie de la «Sainte Famille» de Raphaël, et le «Portrait de Georges de Zelle, médecin du XVI' siècle», n°' 25-27.

— Van Eycb. De Jean van Eyck le Musée possédait, sous le numéro i.^, une «Adoration des Mages».

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