CHAPITRE
Page 203, 1. 28 : Promenade à Namur. Les visites de Baudelaire à Namur peuvent être établies, approximativement du moins, à l'aide de la Correspondance générale. La première avait pris place en mai 1864, : «Pendant que j'étais allé voir M. Rops à Namur...» [A Michel Le'vv, i" juin). Une seconde, sept mois plus tard : «En revenant de Namur, où j'étais allé demeurer quelque temps chez M. Rops...» [A Ancelle, 18 décembre). Une troisième enfin en mars 1866, et c'est au cours de celle-là que Baudelaire aurait donné des symptômes décisifs du mal qui le menaçait. Cette troisième visite avait d'ailleurs été plusieurs fois remise : «Il faut que j'aille dimanche à Namur. ..M [A Ancelle, 18 avril 1865). «Je retourne dimanche à Namur voir Rops et admirer de nouveau cette église des Jésuites dont
je ne me lasserai jamais» (Au même, 30 janvier 1866). — Voyez aussi Sonnet pour s'excuser.,,, t. I du présent recueil, p. 23.
— I. 30-31 : ... les Guides-ana [sic] n'en parlent pas. Dans V Itinéraire de la Belgique par A. J. du Pays (Hachette, s. d. [186^]) que nous avons sous les yeux, la description de Namur tient huit pages; mais il faut ajouter que le siège de la ville (1692), tel que l'a relaté Racine, en tient trois à lui seul.
— 1. 31-32 : Ville de Vauhan, de Boileau, de Vandermeulen , , , Ces allusions-là sont des plus claires : elles évoquent les travaux de Vauban lors de la campagne de Flandre en 1692 , l'Ode sur la prise de Namur et le Siège de cette même ville, toile qui est au Louvre.
— I. 32 — page 204, 1. I : , . , de Bossuet, de Fénelon, de Jouvenet , de Rigaud, de Restout, Ces noms sont moins évocateurs que les précédents ; peut-être Baudelaire ne leur demandait-il que de traduire une atmosphère de pompe et de majesté.
Page 204., 1. i-}.-i6 : , . , son beau-père... II s'agit de M. Polet de Faveaux qui était vice-président du tribunal de Namur. Son livre : Suarsuksiorpoh , ou Le Chasseur à la Bécasse , par Sylvain , in-i 2 , vignettes de Félicien Rops dont six gravées hors texte (Paris, Coin, 1862).
Page 205, 1. 7 : . . . l'impression Lutrin. — Grosse faute de lecture ou coquille dans les Œuvres posthumes de 1887 : l'impression latine.
— I. 13-14 : ••• En chercher les origines (De Brosse [sic]^. — La Correspondance générale témoigne que Baudelaire tenait le président de Brosses pour un des écrivains importants du XVIII' siècle, mais n'éprouvait pour la nature de son esprit qu'une sympathie très modérée. Nous ignorons s'il chercha réellement dans les Lettres sur l'Italie les origines du style jésuitique. S'il le fit, il dut y trouver moins des explications que les marques d'un goût immodéré des colonnes.
— I. 19-22 : Est-ce à Saint-Aubin [...] Continue à travailler. D'après les renseignements qu'ont bien voulu nous fournir des Conservateurs des Musées Royaux de Belgique, ce n'est qu'à Saint-Aubin, c'està-dire à la Cathédrale de Namur, — ils y avaient été transportés dès 1773, après la suppression de la Compagnie de Jésus, — que Baudelaire put voir les tableaux du Jésuite Nicolaï. A en croire Montigny, deux de ces tableaux notamment : Le Massacre des Innocents et l'Adoration des Mages, auraient été inspirés par Rubens, toutefois ce seraient là des copies faites «non pas en présence des originaux, mais sur des dessins interprétés avec beaucoup de liberté».
Baudelaire s'était laissé dire sans doute que les tableaux de Nicolaï avaient été peints d'après des gravures reproduisant des œuvres de Rubens et portant de ce fait la signature de celui-ci.
Quant à la fin de la note , elle s'expliquerait comme suit : « Nicolaï s'est fait jésuite (frère coadjuteur); il peignait déjà avant son entrée dans l'ordre et a contmué à peindre après (presque toute sa vie)», ce qui est exact.
^ I. 23-24 : Saint-Loup. Merveille... M. Jean Pommier (Dans les Chemins de Baudelaire, p. 244) a fait remarquer que le même jugement avait été prêté par l'auteur des Misérables au grand-père de Marius : «Le chef-d'œuvre de l'architecture jésuite est a Namur. Ça s'appelle Samt-Loup».
On lit dans l'ouvrage ci-dessus mentionné de A. J. du Pays, à propos de cette église :
La façade est lourde et déplaisante, mais l'intérieur a un caractère original et sévère qui impose. Douze colonnes doriques, de marbre rou:;e, ibrment la division de ses trois nefs; et au-dessus de l'entablement, qui surmonte des arcs en plein cintre, s'étendent des voûtes fort élevées et couvertes d'un dessin élégant et varié [.-.] Des tables en porphyre et des pilastres doriques en marbre noir revêtent les murs du chœur.
Et l'auteur, après cette description empruntée à un tiers, fait connaître son sentiment personnel :
La couleur sombre de la pierre ajoute encore à l'aspect sévère, et l'emploi général des bossages contribue à exagérer le caractère de force de l'architecture. Mais l'abus de ces bossages, de ces rentleinents multipliés dans les colonnes, les pilastres, les archivoltes, nous semble accuser hautement la recherche, le goût tourmenté et la décadence de l'art au xvii" siècle.
11 n'est assurément pas question de mettre en balance A.-J. du Pays avec Baudelaire, mais peut-être une indication intéressante se dégage-t-elle des réserves qu'il fait, car on doit présumer que c'en est précisément l'objet qui constituait un des principaux mérites de Saint-Loup auprès de notre auteur, plus sensible à l'impression de la force qu'a celle de la grâce, plus épris de l'esthétique romaine que de la grecque.
— \. 2y : . . . catafalque brode' de noir, de rose . . . La combinaison de ces deux couleurs était sans doute, pour Baudelaire, d'un grand attrait, car dans son quatrain sur Lola de Valence {Les Fleurs DU AI AL, p. 278), on l'avait vu célébrer en cette danseuse
Le charme inattendu d'un bijou rose et noir.
— 1. 32-34 : ... Victor Joly qui prétend .. . Cf p. 192, f 282.
Page 206, 1. 3 : Les pinsons aveugles [...] Barbarie. Dans notre édition des PETITS POFAIES EN PROSE, p. 274-275, nous avons donné une anecdote témoignant de la commisération de Baudelaire à l'égard d'un oiseau blessé.
— I. 5 : Z.e nom en vedette de la file à succès. Sans doute faut-il trouver ici la première idée d'une des A.viŒNITATES BelgiCtE, Un nom de bon augure (p. 224).
— 1. 8 : Un beau chapitre sur Rops. Baudelaire portait à Rops, — «le seul véritable artiste [...] que j'aie trouvé en Belgique», écrivait-il à Manet le 11 mai 1865, ■ — une véritable admiration, parce qu'il voyait en lui l'homme marqué pour «l'art badin et profond», pour le «sérieux masqué de frivolité». [CORRESPU.'^DANCE GÉNÉRALE, t. V, p. 96 et 289.)