CHAPITRE
Page 201, 1. 12 : Promenade à Anvers, Dans sa correspondance, Baudelaire a marqué un véritable enthousiasme pour cette ville-Ià qu'il dut visiter à peu près dans le même temps que Malines (voyez p. 369). II écrivait à Ancelle, le 2 septembre 1864 :
Bruxelles se fait passer, bien à tort, pour une capitale. La vraie capitale serait Anvers , si une capitale pouvait être un simple centre de commerce. (Correspondance GENERALE, t. IV, p. 307. )
Et à Sainte-Beuve, le 4 mai suivant :
... Anvers, où il y a des choses magnifiques, surtout des échantillons de ce monstrueux style jésuitique qui me plaît si fort, et que je ne connaissais
guère que par la chapelle du collège de Lyon, qui est faite avec des marbres de diverses couleurs. Anvers a un musée d'une nature très spéciale, plein de choses inattendues, même pour ceux qui savent remettre l'école flamande à sa vraie place. Enfin, cette ville a un grand air solennel de vieille capitale, augmenté par un grand fleuve. (Ibid., t. V. p. 89.)
Dans l'intervalle de ces deux lettres on l'avait vu d'ailleurs marquer par deux fois l'intention de retourner à Anvers, comme à Bruges et a Namur (à Ancelle, 13 et 23 octobre i86-|.).
— 1. 13 : Rencontre de l'archevêque de Malines. Dans sa lettre du 14 juillet 1864. à Ancelle, Baudelaire, après avoir déclaré qu'il vivait dans une solitude totale et laissait voir son mépris pour tout le monde, ajoutait :
Cependant, je tâcherai de voir l'archevêque de Malines. J'ai entendu la cloche des libres-penseurs ; je veux entendre l'autre cloche. (CoRRtSfON-
DANCE GÉNÉRALE, t. IV, p. 280. )
Ce désir se conçoit d'autant mieux que Malines est le siège de l'archevêque-primat de Belgique et que c'est à Malines (on Ta vu p. 128) que s'était tenu le Congrès catholique. Et il paraît certain que notre auteur vit effectivement le prélat puisque, au feuillet 295 (p. 202), il mentionne son aspect. Mais eut-il quelque entretien avec lui ? 11 ne l'a dit nulle part.
— 1. 14.-15 : Fortifcations nouvelles (!) et anciennes... Le gouvernement avait mainte fois promis aux Anversois de les débarrasser des lignes de défense qui faisaient obstacle au développement de leur ville. Baudelaire s'égayait ici du peu d'effet de ces promesses.
— 1. 2^ : ... Ce que je pense des fameux Rubens. Sans doute de la Descente de Croix et de l'Erection de la Croix qui sont à la cathédrale.
— 1. 30-32 : Le Rydeck , . . Est-ce là l'orthographe exacte du mot que Baudelaire écrit d'ailleurs Riedyck au feuillet 301 (p. 203, 1. 25)? Rops intitule une de ses planches (E. Ramiro, 87) : Le Rydeach. D'autre part M. Albert Kies, qui s'est livré à des recherches , sur ce point, veut bien nous écrire qu'il n'a rencontré ce mot qu'une seule fois, dans un texte de Nerval (Lorelv, éd. Clouard, Le Divan, 1928, p. 27^). Gérard désigne sous ce nom, qu'il orthographie Riddecks, les salles de danse d'Anvers. Ces salles devaient pourtant avoir quelque célébrité puisqu'on voit Félix Mornand écrire :
Je demandais les musicos ou les riddeks à tous les échos d'alentour. (^Guides- Cicerone, Belgiq.ue, Hachette, 1853, p. 173.)
Si Baudelaire n'a pas eu connaissance de ce mot par Rops ou Nerval, il l'a donc appris sur place.
Page 202, I. 6 : Départ de Bruxelles quelle joie ! M. Neyt. Impossible de deviner si cette joie procédait du départ de Bruxelles ou de la
rencontre de M. Neyt. — Celui-ci, dans la Petite Revue du 28 janvier 1865, est défini : «photographe qui tient à Bruxelles le même rang qu'à Paris M. Cariât». Voyez à son sujet le Baudelaire en Belgique de M. Maurice Kunel (Schleicher frères, 191 2), p. 93-97, et l'Index de la Correspondance générale.
— P 295 : Ce feuillet rédigé au crayon est chargé d'additions à l'encre intercalées au mieux sans doute, mais nécessairement suivant les blancs du ms. primitif 11 est donc possible que l'ordre où nous les avons placées ne soit pas conforme aux intentions de l'auteur. Ce sont aussi ces additions qui ont entraîné la répétition du trait contre les églises fermées et la rapacité des sacristains à quelques lignes d'intervalle.
Page 203, 1. 6 : Stvle de la ville du Cap. Baudelaire connaissait le Cap pour y avoir passé et peut-être séjourné au cours de son grand voyage de 184.1-1042. Quant à la ressemblance qu'il relevait entre cette ville et Anvers, elle s'explique et se justifie du fait que ce sont les Hollandais qui avaient construit l'une et l'autre. «Ville du Cap» traduit sans doute «Capetown».
— 1. 12-15 : Eglise Saint-Paul [.■•] Chapelles latérales en marbres de couleurs. Chapelle du Collège de Lyon. L'association de ces deux monuments dans l'esprit de notre auteur est expliquée par l'extrait de la lettre à Sainte-Beuve que nous avons donné p. 370.
— 1. 19-20 : La pompe de Quentin Metzys. James Tissât. Baudelaire a dû confondre la pompe avec le puits de Quentin Metsys (à moins qu'il n'ait pris le mot dans son sens abstrait). Quant à la raison pour laquelle il a pu, du nom de ce dernier, rapprocher celui de J. Tissot, elle nous échappe, d'autant qu'il ne semble pas y avoir eu d'œuvres de Tissot à Anvers à l'époque où Baudelaire visita cette ville.