MŒURS ET USAGES KABYLES
politesse, qui n’a rien d’obséquieux, lui sera rendue, quel que soit le rang de celui à qui elle est faite. M. Daumas cite un singulier exemple de cette susceptibilité du Kabyle.
Si-Saïd-Abbas, marabout des Beni-Haffif, se trouvait un jour au marché du vendredi des Beni-Ourtilan; un Kabyle du nom de Ben-Zeddam s'approche et lui baise la main. Le marabout, occupé du soin d’une affaire qu'il traite avec quelque autre individu, ne lui rend pas son salut. |
« Par le péché de ma femme, s’écrie Ben-Zeddam en se campant fièrement, le fusil à la main, devant le marabout, tu vas me rendre à l'instant ce que je t'ai prêté, ou tu es mort! »
Le marabout se leva sans mot dire, et lui rendit le salut.
Un autre fait que j'emprunte à la même source donne une idée complète du caractère altier, violent, susceptible de ce peuple prinitif qui ne souffre aucune injure sans la rendre, et pour qui, comme pour le Corse, la vendetta (rokba) est un devoir sacré.
Un Kabyle de la tribu des Beni-Yala rencontre au marché Guenzate un homme qui lui doit un barra (sept centimes) et le lui réclame.
« Je ne te donnerai pas ton barra, répond le Kabyle.
-—- Pourquoi ?
— Je ne sais.
— Si tu n’as pas d'argent, j'attendrai encore.