‹ Kabyles et KroumirsChapitre 125 sur 159 · Habaya, chemise arabe · texte numérisé non relu

Habaya, chemise arabe

haut de ce nid d’aigle, Ksentina semblait braver ses ennemis, et une chanson arabe disait =

« C’est une pierre au milieu d’un fleuve, et il faudrait autant de roumis pourenlever cette pierre que de fourmis pour enlever un œuf du fond d'un pot au lait.»

Au milieu de la ville, où cinquante mosquées dressent au-dessus des maisons blanches leurs madenehs : incrustés de mosaïques de faïence, au centre de ce laby= rinthe de rues étroites où deux cavaliers n'ont jamais passé de front, Hassan-Bey, gardé par ses fidèles koulouglis et par soixante seffaris turques, vivait heureux, tranquille, dans son immense palais. Les nomades du désert étaient réfugiés dans leurs oasis et ne faisaient pas d’incursions sur ses terres.

Chaque jour, dès cinq heures du matin jusqu’à dix heures, la porte de son divan était ouverte, et tous, riches ou pauvres, pouvaient arriver jusqu'à lui et lui adresser leurs plaintes ou leurs réclamations. Il les écoutait avec bienveillance et faisait droit à leurs demandes.

Au-dessus de la porte du divan était inscrite en lettres d’or cette belle maxime : |

« Un quart d’heure de clémence vaut mieux que soixante-dix heures de prières. »

Mettait-il en pratique cette sentence écrite au fronton de son palais ? Je ne sais; mais, se gardant avec autant de soin d’une indulgence qui eût excité le mépris de sa

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