L'OASIS D'EL-HADJ-KADDOUR — LES BENI-MANSOUR LE BORDJ
Les Portes de Fer sont déjà loin de nous ; nous suivons pendant quelque temps le ruisseau d’eau salée dont j'ai parlé plus haut. Puis nous faisons un crochet sur la droite et commençons à gravir une montagne du sommet de laquelle nous aurons en face de nous toute la haute Kabylie. L’ascension est rude, à travers les rochers, et par des chemins souvent impraticables; mais que ne ferait-on pas avec ces bonnes bêtes au pied si sûr! Nous traversons un petit bois de chênes-lièges, nous descendons brusquement dans un ravin où coule un ruisseau rapide, pour remonter un autre pic, au sommet duquel se dresse une koubba entourée d'arbres. Je rencontre, pour la première fois depuis notre entrée
en Kabylie, deux palmiers énormes, mêlés aux oliviers et aux micoucouliers, et formant un bouquet charmant de fraîcheur et d'ombre. Une source sortie des rochers voisins entretient et vivifie cette splendide végétation ; c’est un petit coin de l'Éden, et l’on serait heureux d'y
passer sa vie, dans la tranquille contemplation de la nature. Le tableau, en effet, est admirable : en face de nous, une plaine immense d'étendue, qui, éclairée des derniers rayons du soleil, semble enveloppée dans une poussière dorée. Au milieu coule l'oued Sahel, formé de tous les ruisseaux qui descendent dans la vallée;