‹ Kabyles et KroumirsChapitre 99 sur 159 · L’'INSURRECTION DE · texte numérisé non relu

L’'INSURRECTION DE

par son exemple. Une compagnie de zouaves tient en échec l’ennemi sur un plateau; El-Mokrani court à l'assaut, il approche; la masse des Kabyles qui le suit va écraser cette poignée de braves, lorsque le bach-agha, reconnu par un sergent de zouaves, est mis en joue et tombe frappé d’une balle entre les deux yeux. A cette

vue les Kabyles tuient éperdus, le drapeau disparait et quelques Ouled-Mokran reviennent, au péril de leur vie, pour arracher aux zouaves le cadavre de leur chef; ils parviennent à le retrouver parmi les morts et à le traîner par les pieds hors de la mêlée. Le combat cesse à l'instant, les contingents kabyles se dispersent; l Mokrani n'est plus, la guerre est finie, et ce n’est qu’en

niant cette mort, en faisant appel aux khouans par la voix de Mokkadem-Si-Hadded et de son fils Si-Aziz queles frères d'El-Hadj-Ahmed, Bou-Mezrag, Si-Bouzid, parviennent à ranimer pour quelques jours l’insurrection. |

Le même jour, 5 mai, roulé dans un tapis detente, chargé sur un mulet, le cadavre du Mokrani fut porté à Kalaa des Beni-Abbès, où il fut inhumé clandestinement.

Telle fut la fin de cet homme de poudre, selon l’expression arabe, qui, voyant la France vaincue, rêva de reconstituer sur ses ruines la royauté arabe; il sema la révolte et ne récolta que la ruine de sa famille dispersée, la misère pour ses fils, et pour lui le renom d'un traître mordant la main de la patrie qui l'avait élevé aux plus hautes dignités.

Page 1