‹ Kant et Fichte et le problème de l'éducation (volume 2)Chapitre 1 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On connaît celle belle pensée de Claudien sein vil un noble esclave à qui tu dois la liber l'âme de ses entraves, tel est en effet l'un de objets de l'Ediicalion. L'homme diffère essenl l'animal, en ce que, capable d'un développeme: d'un progrès indëliui, il peut appliquer ses conquête successive de tins auxquelles la nalur mais qu'elle n'a pas immédiatement réalisées e ment il convient d'ajouter que, cliétiE et misera l'est d'abord, l'homme n'arrive pas directemer même à la réalisation de ces fins. Longtemps un étal voisin de l'animalité, ou plus exacteme candidat à l'humanité.

C'est par l'Education que se franchit dans l'I; le long intervalle qui sépare l'animalité de l'hi table.

ucalion est toul d'abord collective et réceptive, ant tout, les circonstances extérieures dont nous nconsciemment l'influence. C'est la civilisation lous entoure, la civilisation qu'on pourrait appel'expression de Lessing, l'éducation du genre !st, en an mol, l'ensemble de toul ce qui, quoique lUS, agit sur nous. Ce sont aussi les influences i, particulières ou collectives. Toate génération ïlève naturellement sous Tinlluence de celle qui

et reçoit de celle-ci des directions, des habitudes,

es.

*lé de celle éducation que l'individu subit plus

consciemment, il y a une éducation consciente et

(1), qui continue aussi longtemps que nous rfectibles et qui doit être comme une réponse

ucs.tion,dit John Sluarl Mill, comprend tout ce que i ncius-mSmes et tout ce que les autres font pour e but de nous rapprocher de la perfection de notre i aOD acception la plus large, elle comprend mè«ie irects produits sur le caractère et sur les facultés par des choses dont le but direct est tout différent; , les formes de gouvernement, les arts industriels, :s formes de la vie sociale, et même encore par des les indépendiints de la volonté de l'homme, tels que sol et la position locale >. — «Le grand but de dit Guizot,(médilations et études morales I. IV) est à l'homme à s'élever lui-même, lorsque d'autres de rélever. .

nsidËre pas l'homme comme une machine, mais !tre doué de liberté et d'intelligeoce, et je n'estime cation que celle qui fait ressortir ces deux facultés le une impulsion et une expansion perpétuelles ». le i'Educatinn personnelle. Œuvres sociales tome I.

à l'acUon extérieure, comme noire réaction pei noire contribution au vasle domaine de la vie; el elTei non seulement de mellre l'individu au niveai inanité elle-même el de lui donner pour point de qui a été pour la génération précédente le point i mais encore de le rendre capable d'ajouler à cet lu de l'améliorer.

Ainsi l'Education n'a pas seulement pour objet ( le développement de l'individu, elle doit encore a progrès régulier de la société, le perfectionnemen pèce tout entière. Individu el collectivité, tels sont facteurs du problème de l'Education.

Pendant longtemps, nous le verrons, les droits vidu ont été méconnus au prolil de la collectivité, n'en est plus ainsi,si désormais l'individu veut et c est légitime, s'appartenir el s'altlrmer; si, en dép les obstacles et de tous les despotisra6s,il tente loi se ressaisir et de se reprendre aux puissances es qui l'ont mis en tutelle, on ne saurait oublier qu même temps un être sociable; il ne peut vivre isole des générations précédentes, il est solidaire des gé actuelles et le progrès de la civiljsalion, héritage générations de demain, ne peut se faire que par li commun des efforts et des ressources de chacun.

De là, ces deux principes, longtemps Iiostiles, i l'équilibre est chose essentielle, parce qu'ils sont é fondés sur la ijature humaine : le principe d'auUi principe de liberté. Si la lutte de ces deux pi'inci tout le cours de l'histoire générale, nous retrou rallèlement, celte même lutte dans les dilTérents d'éducation dont l'histoire est aussi variée et aus: mentée que celle des mœurs et des institutions.

B dans les deslinées des peuples qui liement du régime éducatif. Dans les 'atiques de l'enseignement, on est T l'empreinte des idées du temps et

des théocraties païennes des peuples nationale est ramenée violemment à irdoce; c'est l'esclavage physique et ez les Grecs,elle apparaît essentielleirétres y demeurent à peu près lut de la religion, l'Etat ou la Cité t la direction des intelligences. Il en e chez les Romains (i). Si le Christiaifin afTi'anchir les âmes et rendre à le, s'il sépare le temporel du spirituel lu du joug de l'Etat, l'Eglise remplace 3 l'Etat et, au moyen-âge, ce pouvoir

son tour, cherclie à étouffer toute )e plus exclusif encore que celui de

outre l'abdication de la volonté, il mce elle-même. Les études sont alors ;le étroit et rigide de la scobslique, rdonnée à la théologie. La faculté lire ; la vertu par excellence, la souibsolue.

naissance et surtout à la ttéformation ister de nouveau à l'émancipation de

onsacrait le droit de l'individu, la e droit des croyances diverses dans

%e de Fu^tel de Coulanges.

un même Etal, droil nouveau, inconnu du moyen-i l'honneur des sociétés modernes. C'est l'époqui me des écoles et des collèges principalement tj protestants. C'est aussi l'époque par excellence et surtout de Vénergie morale.

Mais une réaction a lieu. Après la fondation d Jésuites, après une longue période de guerres c gieuses, voici la monarchie absolue et le règne c C'est l'époque de ta Révocation de i'Edit de Na s'occuped'éducation,ilne s'agit guère que de cell et des nobles. Quant au peuple, rien n'égale le lequel on parle de lui. Inutile de parler de son n'y en a point. Si quelques voIk (Irent entendre ( au pouvoir* qu'il est bon de no pas faire tout ce la royauté sut punir les auteurs de ces témérité grâce et par l'exil.

Bientét elle allait entendre des voix plus plus hardies; aux représentations et aux prié ront bientôt les sarcasmes, les invectives, les bientôt ta voix du peuple se mêlera à celle des veulent établir pour tous le régne de la Rais Liberté.

La philosophie qui jusque là n'était guère sor ou de la science pure commen<;ait à se mêler di monde. Elle commençait à gouverner l'opinion < mer la société. On a reproché au XVllI' siècle d'a^ hommes de leurs droits plus que de leurs devoirs peut être juste, mais il faut reconnaître que, siècles, on ne leur avait parlé que de leurs devoir leurs droits.

Jusqu'au XVIII* siècle un avait trop souvent l'homme est un être moral et qu'il ne peut être

;e d'une autorité humaiDe. De là beaucoup d'inlarbaries et d'abus. La législation, formée de t romain et du droit féodal, ne s'était pas accomingemenl des mœurs et des temps. L'homme, pour riiomme, selon l'expression de Sénëque, lité avec le respect qui convient à un être moral, que paraiL Rousseau : ■ Renoncer à la liberté, inoncer à sa qualité d'homme, aux droits de la e à ses devoirs. Il n'y a nul dédommagement quiconque renonce à tout; une telle renonciampalible avec la nature de l'homme et c'est iralilé aux actions que d'éler toute liberté à la lettre hors de doute le litre sacré et inviolable ne humaine: telle fut la principale gloire de Mats il ne s'en tint pas là. J.-J. Rousseau ne se de proclamer les droits de l'individu, il veut une éducation nouvelle qui le mette à même ite sa valeur d'homme (2).

ommeot Kaat

et Ficlite ;

s'efforcÈrent de

cher k la même

racine ces

deux principe!

a s'opposer l'i

m à lauti

■e, la loi et la

ongtemps, dit M. le professeur Andrë 01 trama re, te étude intitulée : les Idées de J.-J. Rousseau suf usEî longtemps qu'on s'est proposé d'élever des lèDeï ou de Rome, et qu'on a. poursuivi l'idée du ateur, du clerc ou de l'artisan, on n'a aong^ qu'à lommes de tel ou tel pays, de telle condition ou essioD déterminée, et l'on a oublié de former lâroe, sans distinction de lieu ni de temps, sans te ui de parti. Ce n'est que de nos jours, depuis in des droits de la nature humaine et de l'individu, i ou moios par tous les râgin.es antérieurs, que la

Nous verrons l'immense influence de J.-J. Rousseau spécialement sur Kaiit et Fichte, au point de vue pliilosoptiiijue et pédagogique. Quoiqu'il en soit, grâce à Rousseau, nous entrons dans une nouvelle période.

■ Rousseau, dit Hegel, dans son histoire de la pliilosopliie, Rousseau a proclamé la liberté l'essence de l'homme; ce principe est la transition à la pliilosopliie de Kant et de Fichte dont il fera le fondement. •

Le livre de Rousseau sur l'Education a contribué pour la plus grande part à la véritable Révolution qui a renouvelé et renouvelle encore l'enseignement dans l'Europe entière et même dans le nouveau monde. Sous l'influence de l'i^miïe, l'éducation physique et inlellectuelle, les méthodes d'enseignement ont été complètement modiflées. Au lieu de traiter l'enfant comme une machine, désormais on tient compte de sa nature, de ses besoins, de l'hygiène de l'esprit aussi bien que de l'hygiène du corps. On prépare l'homme dans l'enfant.

Cependant, à l'heure présente, malgré les immenses progrès accomplis, n'y a-t-il plus raatièro à progrès et tout esl-il pour le mieux dans le meilleur des mondes?

théorie de l'Ediication est arrivée à se constituer en une science indépendante, ayant ses principes à elle, sa méthode, ses procédés, BU statistique, et que, sous le nom aasez malheureux de pédagogie, elle a pria enfin la place qui lui appartient dans le groupe des sciences morales, avec une littérature déjà fort riche et qui s'aceroit ioceasamment de publications nouvelles. L'honneur de ce résultat revient, pour une bonne part ... i l'immortel auteur de l'Emile, le plus digne assurément entre tous les écrits de Rousseau, d'être mis au rang des chefs-d'œuvre de notre littérature. > (J.-J. Rousseau jugé par les Genevois d'aujourd'hui, conférences faites par J. Braillard, H.-F. Amiel, A. Oltramare, J. Homung, A. Bouvier et Marc Monnier. — Genève, 1879),

l^ons pas.

aie de notre Educaliori acliielle, dit un perles pièces d'Ibsen, esl d'avoir mis luut le n sait au lieu de le mettre sur ce qu'on est, s à quoi cela ai}oiitit. Nous le voyons par iliiines d'hommes capables qui manquent montrent tout autres dans leurs sentiments ms que dans leurs actes •.

rgie et la volonté sont reléguées au second pe l'intelligence, mais ou néglige l'éducation '.e lacune se Tait remarquer jusque dans les liiques où tout ce qui se rapporte à l'inteleaucoup plus approfondi que ce qui se ïnté.

là en présence d'une grave lacune dont les à manifestés d'une Taçon tragiquement éloencenienl du siècle présent, spécialement

quable article sur l'Enseignement supérieur (fîevMe pédagoyiquf, 15 octobre 1888), M.

emande ce qui a manqué à la pliilosopliie « mère et nourricière de la Révolution >, e d'enfanter dans l'école comme dans le ordre fécond et régulier, digne delà raison, a liberté dont elle invotiuait sans cesse le

'oi à la raison, à la nature humaine, au proil lui a manqué, dit-il, pour être tout à fait

i tout mélange de rhétorique théâtrale et à

'ers, il lui a manqué d'être chose de comseulement d'intelligence, d'être entrelacée

Bs de la vie morale, de manière à ne pouvoir

pas être extirpée des faits et des institutions sans léser et faire souflrir, non plus seulement le citoyen, mais l'homme même en ce qu'il a de plus propre et de plus sensible. Ou, pour dire la chose autrement, cette conception trop exclusivement intellectuelle, qui fait de la raison la maîtresse souveraine, et de la liberté, associée à la justice, le fondement de l'Etat, se montre à quelques égards précaire, inconsistant, incapable de supporter le poids de l'ordre nouveau, parce qu'elle n'implique pas obéissance à la loi intérieure, gouvernement de soi, discipline personnelle... Merveilleusement doués des dons de l'intelligence et de quelques-uns des dons dti caractère, pourvus même de bon sens à un rare degré, on dirait qu'il manque aux hommes de la Révolution et à leurs héritiers, d'être préservés des accès de déraisi)n, de l'anarchie des idées et de honteuses défaillances par un principe moral, maître reconnu des esprits (l) ». De nos jours n'en esl-il pas à peu près de même f

Il est incontestable que des progrès immenses ont été accomplis depuis une vingtaine d'années, dans le

(1) € Le malheur est, dit encore M. Fëlix Pécaut, que cette foi à la liberté, à la justice, à la cite rationnelle^ à Tëducation séculière n'est que le fruit d'une idée, d'une philosophie; elle ne se rattache à aucune autre tradition nationale et populaire ; pas plus à des croyances morales où la liberté et la science aient quelque part, — telles qu'aurait été, par exemple, le protestantisme, — qu'à des mœurs civiles et politiques où serait entrée de longue date la pratique régulière de la liberté, telles, par exemple^ que les libertés communales, cantonales, provinciales, de la Suisse ou des Pavs-Bas... Point de mœurs anciennes où la liberté et Tesprit moderne, trouvant un sol favorable, pussent implanter leurs racines ; ni dans les hautes classes, ni dans la bourgeoisie, encore moins dans la masse du

iistruclion, el l'on fonde encore généralement pérances sar l'influence effective de l'instruciparer les nouvelles générations à la pratique Lie el même pour résoudre ce que l'on appelle social ; mais l'instruction suflll-elle î Voici ce i propos M. Pillon {Critique plUlosophique, ) novembre 1882J: • Cette confiance extrême ion, dil-il, partagée de nos jours par lant d'esnble bien optimiste. Nous craignons fort qu'on ur ce point quelques illusions... Nous voyons rucliun généralisée peut accroilre la capacité ais à quoi sert la capacité, si elle n'est pas une volonté résolue et persévérante? Ce n'est >n proprement dite, qui peut donner le cou- I et à la privation, la volonté résolue et perséïvailler et d'épargner, l'habitude de sacrifier inl à l'intérêt fulur, en un mot ces trois vertus Élèvent lesindividus,)e.s classes et les peuples: la tempérance et la force. Ce n'est pas l'insement dite qui régie les sentiments el la l'on veuille bien y réfléchir, el l'on se coni problème social est au fond el surloul un il ; d'où vient que la science est impuissante Des écoles ! des écoles 1 soit. Mais vos écoles

jes. de sentiments h^rédïtairea ea rapport avec ;lle8. Nous savions d^jfl, et M. Sorel nous le fait gt, que la royauté absolue et l'EgliHC absolue l'àme de la France à un tout autre régime que tiv-e régulière et de l'activitë libre ; si bien qu'à ise, loin de servir de guides et de régulateurs, lODtrëes incapables même de la comprendre >.

ne conlribueront ni à l'aiigmentalion de la production et de Iscapilallsalion générales, ni à l'amélioration de lacondiiioii des salariés, ni au changomenl de cette condition en celle d'associés, si elles ne doivent amener, en mémo temps que la difTusion des connaissances, un accroissement de moralité et de vertu... L'instruction proprement dite ne sirtïlt pas pour guérir le mal social, parce (jii'elle ne saurait avoir par elle-même aucune action sur le cœur et la conscience ; il faut avant tout se préoccuper de l'éducation morale. •

Rien de plus juste. Le rôle de l'enseignement est double, ou l'a dit depuis bien longtemps. L'enseignement est d'abord une œuvre d'instruction : durant les années que l'enfant ou l'adolescent passe à l'école ou au collège, il faut développer son intelligence, lui faire acrjuérir un certain nombre de connaissances utiles, le mettre, par de bonnes méthodes, en état de compléter plus tard lui-même ce qui n'a pu lui être enseigné. C'est la la part de l'intelligence. Mais si, dans l'école ou au collège, on s'est borné à l'intelligence, on n'a fait que la moitié de la tâclie, on n'a pas même fait la moitié principale. L'homme, en effet, est destiné à agir ; il doit jouer un rôle dans la vie, et la façon dont il s'y comporte, bien ou mal, dépend bien plus souvent de son caractère que des connaissances dont on a pu le munir. Il ne s'agit plus ici d'instruction, il s'agit d'éducation. Si l'éducation est œuvre de toute la vie, si elle se fait sous l'influence de plusieurs facteurs dont le principal doit être la famille, cependant tous les vrais pédagogues croient que l'école, elle aussi, a une mission éducative.

Cette seconde lâclie est singulièrement plus difficile que la première. Tandis que dans l'inslruction on n'a à lutter que contre l'ignorance et la paresse, ou à rectifier les erreurs du jugement, en matière d'éducation le problème

e. Le caractère est une résultante [ihysiques et morales, et chaque

tout à la fois de défauts et de Si on laisse agir la nature sans

laisse se développer l'énergie I qui va aussi aisément au mal ir, pour l'individu et la société,

Si, au contraire, on veut trop anque pas moins le but : des êtres es, que le joug ne peut dompter, elles et des révoltés ; des autres, le aura triomphé, on a bien des des êtres médiocres, en qui l'on les ressorts de la volonté. De là, de l'Education.

, l'intelligence, quand ce régutaïolonté est absent î Est-il sage

tes iulelligences et si peu pour ir éveiller les consciences, pour ceux gui demain, n'auront pas tus-mêmes, mais qui, par la parole ence sociale, feront à leur tour ont l'opinion. • L'esprit ne suffit rion, professeur de pédagogie à la

rôle utile dans une démocratie,

les plus modestes, les plus négane la liberté: la patience, lesangm tout entière, et non pas seule- : nos jeunes gens à la vie libre ()),

^e sujet dans un is une républiq

Il reste donc à opérer une rétorme, la plus importante sans nul doute pour les nations et les individus, je veux parler de l'éducation morale. Ce problème semble, à l'heure qu'il est, la principale préoccupation de tous ceux qui ont le souci do voir se consolider et se développer les libertés et les institutions conquises après tant de luttes par les générations précédentes.

't homme d'Etat américain qui, s'iaspiraDt en grande partie des idées pesialonziecnes, peut Mre cousidéré comme le promoteur de l'éducatioD populaire aux Etats-Unis : «On nous a souvent prévenus que, ai nous ne preoiona pas l'intelligence et la vertu pour guides, pour boussolea, dans notre voyage de découvertes politiques, noua aérions emportés par la première rafale. J'ose (jouter que, sans ces conditions, nous ne tiendinona paa jusqu'à la tempête ; le calme même oous serait fatal. La mer fùt-elle unie comme une glace, nous sombrerions, car nous sommes embarqués sur un vaisseau de pierre. Si ces conditiooa. dis-ie, ne ae rencontrent pas dans tous lea cerveaux et dans tous les cœurs, non seulement il nous faudra renoncer aux iostitutions républicaines, mais la prospérité et le bonheur ne seront pour nous qne de vains mots.» Et il développe cette thèse, en montrant, par des raisons et des images saisissantes, que les instincts inférieurs de notre nature, nourris et surexcités par tous les moyens que leur olTre la civilisation moderne, menacent la société des plus affreuses catastrophes, si le savoir et surtout l'éducation ne réussissent à les « i^armer et à les dompter >. Il termine ainsi : « Dans notre pays et de nos jours, nul n'est digne du titre honoré d'homme d'Etat, si l'éducation pratique du peuple n'a pas la première place dans son programme d'administration. Vn homme peut Sire éloquent, connaître à fond l'histoire, la diplomatie, la jurisprudence, et c'en serait assez dans beaucoup d'autres pajs pour qu'il pût prétendre au rang élevé d'homme d'Etat ; mais si ses paroles, ses projets, ses efforts ne sont pas partout et toujours consacrés à l'Education, il n'est pas, il ne saurait âtre un homme d'Etat américain. »

xemple le mouvemenl néo-kanlien Pillon, Benouvier et Secrétan sont uslres reppéaenlanls. En mâme phie qui accorde plus de place à la ilidarité, s'est développée paralliire gui,s'inspiranL de leurs idées, e prédllecliou du problème moral.

livre récent, de M. Payot, sur les ouvrages de MM. Paul Desjar- , Gréard, Marion, de Yogiié, etc.

er que, en dépit des apparences, le destinée humaine est aussi vivant i, beaucoup d'hommes affichent le ais ce mépris n'est que dans les , non dans la conscience même et, poque, c'est le désaccord entre la l'est pas l'extinction des idées

ccupations éthiques actuelles, nous rlun de remonter jusqu'aux philoe mouvement, philosophes qui ilème moral, non seulement à un s aussi au point de vue spécial de er des deux grands théoriciens de qui, ne se contentant pas de nous devons nous proposer, indiquent giques peu connus jusqu'à présent, essayer de réaliser, en partie du

s celte étude ces deuK philosophes, sans oublier le côté utilitaire et l'Education, se sont arrêtés à cette

conception, la plus hauLe et la plus large qu'on p gner pour (in à l'éducation : la perfection humaii grès moral. Mai^, remarquons-le, tandis que Kan spécialement au point de vue de l'individu, Ficli surtout à celui de la collectivité, de telle sorte qi. complétant celui-là, nous avons, en conciliant It systèmes, comme une synthèse des deux facteurs du problème de l'Education.

Nous commencerons par Kanl et l'Education de

Avant d'étudier la pédagogie de Kant et la pli occupe dans l'ensemble de ses œuvres, arrètons-i ques instants sur sa personne et sur son système.

Commençons par nous rendre compte du desse proposa, par étudier les dispositions de son esprit sibie la genèse el l'enchaînement de ses idées.

Nous verrons ainsi les rapports élroits qui exis sa morale et sa pédagogie et comment celle-ci e plément naturel et logique de celle-là.

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