‹ Kant et la science moderneChapitre 29 sur 29 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

autre chose que construire et ajuster, élève le moi au dessus de toute vérité solide donnée; il lui met en main la vérité comme un jouet, pour l'amuser afin qu'avec la cire il pétrisse la science à son gré : plus les systèmes sont vaii^s et contradictoires, plus brillante apparaît la majesté du moi. Celui qui enseigne que notre connaissance ne doit pas se régler sur les choses, mais bien les choses sur nous, enseigne en conséquence que la moralité n'a pas de règle objective et que l'homme est à lui-même sa loi ; en conséquence

Pareillement, quant ù riinporlancc i!c la Religion pour l'État, Kant a devancé les idées modernes. La Religion joue seulement le rôle d'un moyen utile. Lange, parlant de Voltaire comme publiciste, dit :« U va évidemment chez lui le germe « vague et confus de l'opinion de Kant, quand il revient à la « thèse qu'expriment si vivement les paroles bien connues : « Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer. Voltaire est « d'avis que si Bayle, qui croit possible un État athée, avait à «> gouverner cinquante ou soixante paysans, il ferait aussitôt « prêcher la doctrine de la rémunération divine » (Hist. du matérial., i, 304). Telle est, aux yeux de Kant, l'unique importance de la religion pour TÉtat ; tout, tant en privé qu'en public, doit se grouper autour de la nature raisonnable, de la dignité de l'homme, de la valeur de la personne.

cil. IX. — CULTE néo-paiiln DE l'humanité 277

encore, que la foi et la religion ne doivent pas se régler sur la vérilé religieuse, mais que c'est la vérité religieuse qui doit se régler sur les sentiments de foi et de religion. L'homme est ainsi puissance souveraine dans le monde delà science, de la morale, de la politique, de la religion. Le veau d'or du paganisme moderne est tout prêt.

Le résultat de nos études se réduit à quelques mots. Pour bien comprendre une époque, il faut saisir les idées qui la dominent, étudier sa science, sa philosophie. Nous avons vu que toute la science, qui mène le temps présent, si elle n'a pas toujours cherché expressément sa base profonde dans Emmanuel Kant, l'y a néanmoins trouvée, et que tout l'édifice du Kantisme repose sur la Critique de la Raison pure. Si cette Critique tombe, tout le système philosophique de Kant s'écroule, et, si ce système s'écroule, tombe aussi la base la plus essentielle de la science moderne.

FLN.

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