‹ Kant [microform]Chapitre 116 sur 148 · T. V, supra, p. x · texte numérisé non relu

T. V, supra, p. x

2. Crit. de la fac. déjuger, t. VII, p. 13-1 i. (trad. Barm, t. I, p. 20-21).

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CRITIQUE DE LA FACULTÉ DE JUGER

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Les lois naturelles sont des lois causales, celles de l'ordre moral des lois de finalité. La question revient donc à se demander comment la causalité peut être subordonnée par la pensée à la finalité. Or un pareil acte de pensée est un jugement; car juger, c'est toujours concevoir la subordination d'une idée par rapport à une autre, et Ton comprend dès lors pourquoi la reclierche d'un moyen terme entre la nature et la liberté implique une critique approfondie de la faculté de juger. Mais il ne saurait s'agir ici du jugement tel que fa étudié la critique de la raison pure et que Kant appelle déterminant. Un pareil jugement, celui de causalité par exemple, consistait à subsumer un cas particulier sous un concept général donné. Il n'en est pas de même du jugement de finalité, ou jugement réfléchissant; dans ce cas, c'est le particulier qui est donné et le jugement consiste à y trouver le général. La première sorte de jugements peut bien établir à priori les lois les plus générales du monde de l'expérience et fonder une métaphysique de la nature; la seconde seule peut déterminer les lois particulières, telles que celles, inlîniment complexes, de la nature vivante, en s'élevant du fait concret à la règle générale. Cette nouvelle classe de jugements avait été laissée de côté par la critique de la raison pure; et cependant quelle valeur objective et nécessaire aurait-elle, si elle n'était, comme celle des jugements déterminants, fondée sur un principe transcendantal et à priorî. A quelles conditions les jugements réfléchissants, ou de finalité, sont-ils possibles?

Tel est le problème propre de la troisième Critique^.

Or le jugement de finalité est double. Tantôt fentendement découvre un accord entre le détail de la nature et ses propres facultés; cette découverte est accompagnée d'un sentiment de plaisir très spécial, tandis que nous éprouverions un grand déplaisir à nous heurter à des lois hétérogènes et, par suite, impénétrables à notre entendement. Cet accord, envisagé à un point de vue purement formel et subjectif, provoque de notre part un jugement sur la beauté de la nature, un jugement esthétique, au sens usuel de ce terme.

D'autres fois, au contraire, c'est l'accord môme des parties de la nature entre elles que nous cherchons à découvrir ; nous arrivons alors à énoncer des jugements sur les lins réelles, objectives de la nature, des jugements

téléologiques.

D'où la division de la Critique de la faculté de juger en critique du jugement esthétique, — et critique du jugement téléologique-.

A. Critique du jugement esthétique.

La distinction du beau et du sublime remonte, dans lesprit de Kant, à la période antécritique. Mais tandis que, dans les Observations de 176V-', il s'est contenté de dé-

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