Kants sflînmtl. Werke, t. XI, p. 81 et l(i
PUILOSOPHIK RELIGIEUSE.
bliésà Londres en 1779, et traduits en allemand dès 1781 par Platner. Il y attachait même tant de prix qu'il insistait auprès du fils de Hamann pour qu'il publiât la traduction de ces dialogues faite par son père et restée inédite; il avait lui-même revisé cette traduction, qu'il trouvait imparfaite. Or Hume, avec moins d'ironie mais plus de vigueur que Voltaire, s'attachait à montrer dans le monde réel le produit incohérent et mauvais d'une volonté imparfaite, ou peut-être de plusieurs puissances hostiles. Est-il téméraire de supposer que l'influence qui l'avait éveillé déjà du sommeil dogmatique, détacha Kant de l'optimisme dont nous avions trouvé, dans un ouvrage de jeunesse, la naïve expression^?
Il est plus malaisé de définir les influences auxquelles se rattache la pensée de Kant en ce qui concerne les rapports de la raison et de la foi. Tandis qu'en France le conflit se réduisait à l'antagonisme de l'orthodoxie catholique et d'un rationalisme plus ou moins doublé de sentimentalisme, la question, en Allemagne, se complique de la diversité infinie et de cette souplesse du protestantisme, qui fait qu'un penseur peut rejeter presque tous les points de doctrine sans cesser de se dire chrétien et de se réclamer d'une Église. Nulle part, dans l'Allemagne du dix-huitième siècle, sauf peut-être chez Frédéric II, nous ne trouvons l'équivalent d'un Lamettrie ou d'un d'Holbach.
L'orthodoxie, après avoir péniblement conquis une