II. ANALYTIQUE TRANSCENDANTALE
A la fin de VEsthétique et au commencement de la Loqique transcendantale, Kant insiste à nouveau sur la
KANT
distinction radicale de la sensibilité et de Fentenderaent. Leibniz et Wolff n'avaient aperçu entre ces facultés qu'une différence de degré; la première, à les en croire, nous fournirait des objets une représentation confuse, mais complète, que la seconde se contenterait d'éclaircir et de développer; le contenu en serait identique. Cette théorie expliquait assez bien qu'il pût y avoir une connaissance à priori des clioses en soi. On conçoit de quelle importance il était pour Kant de dissiper cette confusion. La sensibilité, telle qu'il l'a définie, est sans doute Tune des sources de la connaissance, mais elle n'est pas, en elle-même, un pouvoir de connaître; elle est pure réceptivité^ capacité toute passive d'être affectée par le dehors. Or un objet n'est vraiment connu qu'autant qu'il est pensé. La faculté de penser l'objet de l'intuition sensible est V entendement. Entendement et sensibilité sont ainsi deux conditions, à la fois distinctes et inséparables, de toute connaissance. La sensibilité fournit la matière de la connaissance, rentcudcment fournit la forme. Sans la première, la connaissance serait sans objet, sans la seconde elle serait inintelligible. « Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles. Ces facultés ne peuvent non plus échanger leurs fonctions. L'entendement ne peut avoir aucune intuition et les sens ne peuvent rien penser. De leur union seule résulte la connaissance K » Analyser l'apport de l'entendement pur dans la connaissance, tel sera