BouTROUX, loc, cit., p. 35i
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jours déterminée, équiaugle, scalène, etc. ; le schéma du triangle, au contraire, contient indifïeremment toutes ces figures et ne peut exister que dans l'imagination pure.
Il y aura évidemment autant de schèmes que de catégories.
1** Les catégories de la quantité ont pour schème le nombre qui n'est que l'unité de la synthèse opérée dans le temps entre les éléments divers d'une intuition.
2" Les catégories de la qualité ont pour schème la réalité danii le temps.
3'' Aux catégories de la relation appartiennent les schèmes suivants :
a) Substance : la. permaîience du réel dans le temps.
b) Causalité : la succession régulière des phénomènes dans le iemps.
c) Réciprocité : la simultanéité des déterminations d'une substance avec celles des autres.
4° Les catégories de la modalité (possibilité, existence, nécessité) ont pour schème la représentation de ï existence d'un objet en un temps indéterminé, — en un temps déterminé, — en tout temps.
Le temps est donc bien la forme générale des schèmes offerts par l'imagination à l'entendement pour encadrer les phénomènes et les subsumer sous les concepts'.
1. P. 157-16'i (198-208). Nous avons, pour plus de clarlé, condensé en un seul développement cette théorie du schématisme exposée par Kant à la (in de la Déduction transcendantale ei àu début de V Analytique des principes.
Avec la Déduction transcendantale des concepts s'achève la partie la plus importante, sinon la plus claire, de la Critique de la raison pure. Kant a démontré, en effet, la proposition fondamentale sur laquelle repose toute la physique newtonienne : la nature a des lois; ou encore : il existe entre les phénomènes des relations universelles et nécessaires. Ces liaisons ne sont ni dans les choses en soi, qui nous demeurent inconnues, ni dans les phénomènes qui sont uniquement la manière dont les choses en soi nous apparaissent^; elles sont dans l'esprit dont c'est la loi propre d'unir le divers en synthèses nécessaires et universelles, partant objectives. Le sujet pensant ne saisit la multiplicité de l'objet qu'à la condition de le rendre pensable en lui appliquant ses catégories. En dehors des catégories, point de sujet connu, et sans objet connu, point de sujet conscient.
11 est donc très vrai, en un sens, que « nous prescrivons en quelque sorte à la nature sa loi et même la rendons possible » 2. Mais ce n'est point à dire que l'esprit crée les choses, et, s'il a montré à Hegel la voie de Tidéalisme absolu, Kant ne s'y est jamais engagé. Il ne prétend pas même que toutes les lois de la nature lui soient prescrites par l'esprit. « Les lois particulières sont sans doute soumises sans exception aux catégories, mais elles ne peuvent en être tirées tout entières. Il faut y ajouter l'expérience pour arriver à les connaî-
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tre. » Tout ce que nous apprend la Critique, et tout ce qu'exige à priori la physique pour se constituer, c'est Texistence d'une nature en général, c'est-à-dire " la conformité à certaines lois des phénomènes produits dans l'espace et le temps ^ »
B. Analytique des principes.
Du moment où la pensée est capable de dicter à priori à la nature ses lois les plus générales, il est évident qu'à la base de tout savoir doivent se poser un certain nombre de propositions fondamentales absolument à priori que supposeront toutes les autres. Ces propositions sont les principes de T entendement pur.
Faut-il ranger au nombre de ces propositions le principe analytique de contradiction? Ce principe, sans doute, est un critérium universel de toute vérité, mais un critérium purement négatif; il peut bien anéantir toute affirmation contradictoire, mais il ne lui substitue aucune vérité, il ne fonde rien que les stériles tautologies de la logique formelle. Nous savons déjà que toute connaissance du réel est synthétique : les principes suprêmes du savoir seront des synthèses à priori.
11 y a plus : le plus élevé de ces principes sera précisément l'affirmation de ce caractère synthétique de la connaissance expérimentale : « Tout objet est soumis aux conditions nécessaires de Funité synthétique du
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divers de l'intuition dans une expérience possible » ^ Telle est la règle suprême du savoir à laquelle se rattacheront en un système cohérent tous les principes secondaires de l'entendement pur.
C'est encore la table des catégories qui nous fournira le plan de celle des principes, « puisque les principes ne sont autre chose que les règles de l'usage objectif des catégories. » Voici cette table :
CATÉGORIES PRINCIPES DE l'eNTENDEMENT PUR.