‹ Kant [microform]Chapitre 46 sur 148 · kialité Anticipations de la perception · texte numérisé non relu

kialité Anticipations de la perception

■{. Relation Analogies de l'expérience.

t. Modalité Postulats de la pensée empirique en gé

néral.

Les deux premiers groupes de principes, dont la certitude est intuitive, reçoivent le nom de principes mathématiques ; les autres, de certitude simplement discursive, sont les principes dynamiques'-.

a. Axiomes de r intuition. — Le principe de ces axiomes est le suivant : Toutes les intuitions sont des grandeurs extensives.

En eûct, tout phénomène a nécessairement pour forme l'espace et le temps. Or je ne puis me représenter une durée déterminée que par l'addition successive de tous les moments qui la composent, de môme que je ne puis me représenter une ligne sans la tirer mentalement, c'est-à-dire sans en produire successivement toutes les

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parties. Cette représentation préalable des parties qui rend possible celle du tout est, par définition, le propre caractère des grandeurs extensives. Tous les phénomènes sont donc perçus comme des agrégats de parties.

C'est sur cette synthèse de Timagination créatrice que repose la géométrie avec ses axiomes, et aussi « toute connaissance des objets d'expérience », puisque la perception n'est possible que par l'intuition pure de l'espace et du temps. Et l'on en peut conclure à priori que les calculs du géomètre s'appliquent nécessairement aux objets de l'expérience, aux phénomènes.

b. Anticipations de la perception, — En voici le principe : Dans tous les phénomènes, le réel, objet de la sensation, a une grandeur intensive, c'est-à-dire un degré.

En effet, tout phénomène contient, par opposition i\ la forme, une matière qui est donnée par la sensation (couleur, son) et qui en constitue le réel. Ce réel a une grandeur intensive; il peut bien varier depuis le zéro de sensation jusqu'à un degré indéterminé, mais il est toujours donné comme une unité, senti immédiatement tout entier et ne résulte pas, comme les grandeurs extensives, de la synthèse successive de plusieurs sensations. Sans doute l'entendement ne peut connaître à priori le degré de la sensation; seule l'expérience peut révéler l'intensité d'une saveur ou d'un son. Mais si Ton fait abstraction des divers degrés par lesquels peut passer

une sensation, il reste le concept général et synthétique de la gradation, forme générale à priori dont les degrés particuliers connus à priori ne seront que les déterminations.

Ce principe est, en physique, de la plus haute importance, car il permet d'introduire à priori dans la théorie de la matière un autre élément que celui de la quantité extensive admis par les cartésiens. Il ruine, notamment, l'hypothèse du vide à laquelle recouraient quelques physiciens pour expliquer l'inégalité de poids d'une boule de plomb et d'une boule d'ivoire de même volume. On conçoit, en effet, d'après le principe kantien, que la grandeur intensive d'un phénomène varie en degré sans que sa grandeur extensive augmente ou diminue. Il faut donc admettre la double continuité, intensive et extensive, de tous les phénomènes ^.

c. Analogies de V expier ience . — En voici la formule générale : V expérience vl est possible que par la représentation d'une liaison nécessaire des perceptions . Ce principe résulte directement de la théorie des catégories. Nous savons, en effet, que les perceptions, dispersées et diverses, ne peuvent devenir une connaissance objective qu'à la condition d'être appréhendées en une synthèse conforme aux lois de l'entendement. Or c'est dans le temps que se lient nos perceptions, suivant trois modes .^ différents : permanence, succession, simultanéité. De là trois règles ou analogies de l'expérience, qui corres-

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