Ibid
CONCLUSION DE LA METAPHYSIQUE DES MOEURS I PHILOSOPHIE DE l'hISTOIRE.
La Doctrine du droit et la Doctrine de la vertu s'achèvent donc l'une et l'autre par un acte de foi optimiste. Un double progrès est possible : progrès juridique par l'entente pacifique des peuples civilisés, progrès moral par l'éducation des individus. Et, qu'on l'entende bien, ce progrès ne s'explique pas, comme le voudront nos modernes évolutionnistes, par la disparition graduelle et mécanique du militarisme et de la barbarie devant la civilisation industrielle. Il est, comme l'acte moral luimême, affaire d'effort et de volonté. Pas plus que le problème du devoir, la question du progrès ne peut être résolue empiriquement; aucun fait, aucune période de l'histoire ne suffit à prouver la réalité d'un développement moral de l'humanité i. Mais, au nom de l'impératif catégorique, la raison affirme la possibilité de ce développement : l'idée de progrès est le postulat de l'action.
Est-ce à dire que le philosophe doive dédaigner l'observation des faits et s'abstenir de chercher dans l'histoire le contrôle de ses vues théoriques? Nous avons vu plus haut que la métaphysique de la nature, après avoir établi à priori les principes généraux de la physique, est obligée, en définitive, d'aboutir à l'expérimentation. A plus forte raison convient-il, dans l'ordre moral, de