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PÉRIODE ANTÉCRITIQUE 23

l'expérience que Kant, en disciple de Newton, découvre à la source de la force vive une tendance [Bestrebung) qu'il appelle intension et aboutit à cette formule nouvelle : la force est égale au produit de la vitesse par V intension'^ . Ainsi se manifeste dès l'origine l'influence exercée sur notre philosophe par la théorie de l'attraction de Newton.

A cette influence se rattache plus directement encore la dissertation de Igné de 1755. Les Cartésiens expliquaient par le mouvement et le repos la fluidité ou la solidité des corps, et la chaleur, comme la lumière, par une émanation de particules matérielles. Avec Newton, Kant admet entre les atomes des corps l'existence d'une « matière élastique » qui sert d' « intermédiaire » à l'attraction 2. La chaleur n'est autre qu'un mouvement ondulatoire de ce milieu élastique 3.

Ces deux dissertations sont encore d'un géomètre et d'un physicien. La seconde thèse latine de Kant, Monadologia physica (1756) est déjà d'un métaphysicien. Kant vient d'écrire sa thèse d' « habilitation^ ». La « philosophie transcendantale unie à la géométrie «lui péirait plus que jamais « seule capable d'allumer la lumière dans les questions physiques ^ ». Il procède donc, à la manière des géomètres, par théorèmes et scolies, et dé-

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