‹ KantChapitre 28 sur 139 · P. 21-27 et · texte numérisé non relu

P. 21-27 et

PÉRIODE ANTÉCRITIQUE. 41

sistons pas sur cette démonstration que nous retrouverons à sa place définitive dans la critique de la raison pure^. Qu'il suffise ici de résumer l'argument qui, dans ce naufrage métaphysique, semblait offrir à Kant une planche de salut. L'argument ontologique avait pour point de départ le concept de l'être parfait, ens realissimiim^ pour aboutir à l'existence nécessaire. Il faut, dit Kant, renverser l'argument et aller de l'idée de « quelque chose d'existant au concept de Dieu ». Or le possible, qui est donné avec la pensée même, suppose un être; car « si rien n'existe, rien n'est donné qui soit objet de pensée » ; il est donc impossible que rien n'existe ; le néant de l'être entraînerait le néant de tout possible ; il y adonc un être nécessaire, qui est Dieu^. Et de cette nécessité il est facile de conclure à tous les attributs divins : unité, simplicité, immutabilité, éternité, etc. ~.

Kant se vante d'avoir ainsi donné de l'existence de Dieu une démonstration « purement a ^non» 3. Comment ne s'aperçut-il qu'il rouvrait toute grande la fenêtre à l'argument ontologique auquel il venait à grand bruit de fermer la porte? Gomment lui échappa-t-il que le possible, comme il devait le reconnaître plus tard^ n'enferme pas plus la réahté de l'être nécessaire que le concept de perfection n'implique l'existence réelle?

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