C'était en janvier
2. Karamzin repensait sans doute à ce passage des confessions où Jean-Jacques
déclare : « Et là, m'étendant tout de mon long dans le bateau, les yeux
tournés vers le ciel, je me laissais aller et dériver lentement au gré de l'eau, quelquefois pendant plusieurs heures, plongé dans mille rêveries confuses, mais délicieuses »
KARA.MZIN EN SlISSE
Dans une lettre du 6 juillet 1789, il avait exprimé sa préférence pour les Confessions de J.-J. Rousseau, les œuvres de Stillini,' et le roman de Moritz intitulé Antoine Reiser, à toutes les psychologies systématiques du monde.
KARAMZIN EN FRANCE
Karamzin venu en France, il lui restait un pèlerinaj^e à accomplir, celui d'Krmenonville: il n'y manqua point. Dans une de ses lettres, il décrit ce domaine en évoquant constamment le souvenir de Rousseau'. Son récit est si intéressant que nous n'y retrancherons rien.
« De Paris à Ermenon\ille il y a ^o verstcs -. Là, Rousseau, cette victime de la haine des hommes, a terminé ses jours oraf^eux en une soirée calme et sereine', l-à. la dernière de ses œuvres fut la bienfaisance; la dernière de ses paroles fut la louanijc de la nature; là, à lombre paisible des grands arbres plantés par l'amitié reposent ses restes; là, accourent de braves étrangers 4 pour contempler les endroits consacrés par la présence invisible du génie; pour