‹ Karamzin et Jean-Jacques RousseauChapitre 6 sur 15 · Lettre CIII · texte numérisé non relu

Lettre CIII

2. Rousseau dit à propos de l'île Saint-Pierre dans ses Confessions : » Dans un pèlerinage pédestre que j'avais fait l'été précédent avec Du Peyrou, nous avions visité cette île, et j'en avais été tellement enchanté que je n'avais cessé depuis ce temps-là de songer aux moyens d'y faire ma demeure. ». — Le Philosophe vint y habiter en quittant le Vai-de-Travers. Il dit encore : « Ce

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XMii' siôclc liivait la haine cl la médisance du monde qui comme des furies le poursuivaient de plus en plus... Partoul je cherchais les traces du philosophe citoyen de Genève... à l'ombre des branches des hêtres et des marronniers, à travers la prairie et le loni; des ri\at^es hérissés de pierres, du philosophe fuyant la tempête du monde et jouissant de la solitude et du calme au soir de sa vie. Et jai senti soupirer la nature ; peut-être était-ce Técho démon ûme? I/îIe m'apparut en un deuil d'hiver '.

o I^ans mon ima^'ination je vis apparaître, telle une vision, un bateau guidé par un zéphir fendant le miroirde lanappe d'eau et cet esquif portait un vieillard étendu et revêtu de vêtements asiatiques ; ses regards tournés vers les cieux, rellétaient une grande àme. trahissaient une pensée profonde et une douce méditation. C'est lui, c'est lui expulsé de l'Vance, de (îenèvc, de Ncuchàtel. lui un esprit exceptionnel, bon, tendre et humanitaire ^ »

Tous ces passages nous montrent le voyageur russe débordant d'admiration pour Rousseau.

choix était si conforme à mon poût pacifique, à mon humeur solitaire et paresseuse, que je le compte parmi les douces rêveries dont je me suis le plus vivement passionné. »

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