‹ Karl, ou le Châtiment, drame en quatre actesChapitre 23 sur 41 · NUNEZ, ALMEIDA · texte numérisé non relu

NUNEZ, ALMEIDA

alméida. M. le comte est-il sorti ?

NUNEZ. Non , monsieur, il est resté toute la journée enfermé dans sa chambre à coucher. Il parait qu’il s’est trouvé bien mal hier soir.

AUituiA . Oui... bien mal.

NUNEz. Monsieur le marquis ne me reconnaît pas?

ALMÉIDA, api h l’avoir regardé. Non, ■non ami.

nunez. Oh ! c’est unique. Moi , je l’ai reconnu toutdesuite. Monsieur le marquis se rappelle sans doute Gil Nunez ?

alméida. Nunez?... non.

nunez. Oh! c’est particulier. Nunez...

le fils d’inesilla.

ALMÉIDA. Ah ! de la vieille Inesilla.'....

qui demeure dans la forêt... près du château... au rendez-vous de citasse .. Oui...

oui... je tn’en souviens.

NUNEZ. Je me disais aussi , il n’est pas

possible Elle vit toujours la bonne

vieille?

ALMÉIDA. Toujours, quoiqu’elle soit mon aînée.

NUNEZ. I/aince de monsieur le marquis, ça commence à bien faire. Ce n’est pas l’embarras; une Bohémienne lui a prédit qu’elle vivrait cent ans , elle , et ce qui

naîtrait d'elle. Or, comme tous mes hères sont morts , la prédiction ne peut regarder que moi. Et est-elle toujours tracassière et hargneuse ? C’est que , voyez-vous , nous nous chamaillons souvent.. . moi, j’étais tut espiègle. Et ma petite nièce Pépita a-t-elle trouvé un mari l Et mon cousin Perez.. .

alméida. Je ne sais, mon ami... je ne pourrais vous donner aucune nouvelle.

Abus comment se fait-il que je vous trouve ici? autant que je peux m’en souvenir , vous n’étiez pas au service du comte eu Espagne?

NUNEZ. C’estrà-dirc j’y suis entré peu de tems avant sou dépar t. Eli ! mon Dieu le jour meme de la mort de notre pauvre seigneur don Alphonse. Vous connaissez le proverbe : le bien vient en dormant 1 je dormais , assez près de notre maison , dans le bois, quand un coup de fusil m’éveilla en sursaut. J’aperçus auprès de moi AI. le comte de Richter, que je ne connaissais pas alors. Il était debout , regardant devant lui avec tantd’attentiou, que son fusil lui était tombé des mains. Je le ramassai. Il parut extrêmement surpris de ma politesse. Il m'adressa quelques questions : qui j’étais?

d’où je venais? et m’enimena en me promettant de l’emploi.

alméida. Sans autre mfoi-mation?

nunez. Pas d’autre. Après ça ma physionomie lui avait plu , et depuis il m’a toujours traité avec beaucoup d’égards.

alméida. Vous loi avez peut-être rendu des services ?

nunez. Ah ! oui... je lui ai ramassé son fusil.

ALMÉIDA , à hii-méme. C’est étrange. Cet homme emmené ainsi , uniquement parce qu’il se trouvait li !

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